Bouclier de l'OTAN: Moscou active son système d'alerte antimissile

«Si ce signal n'est pas entendu, nous utiliserons... (Photo: Mikhail Klimentyev, Reuters)

Agrandir

«Si ce signal n'est pas entendu, nous utiliserons d'autres moyens de défense, nous prendrons des mesures sévères, comme je l'ai promis le 23 novembre», a mis en garde le président russe, Dmitri Medvedev.

Photo: Mikhail Klimentyev, Reuters

Agence France-Presse
Moscou

La Russie a activé son système d'alerte antimissile à Kaliningrad, enclave russe aux portes de l'Union européenne, afin de répondre aux «menaces» représentées par le projet de bouclier antimissile de l'OTAN en Europe, a indiqué mardi le président Dmitri Medvedev.

La station radar «Voronej-TM» a été activée, a précisé le chef de l'État après avoir menacé le 23 novembre de déployer des missiles balistiques à Kaliningrad si les États-Unis et l'OTAN continuaient de mettre Moscou devant le «fait accompli».

«J'espère bien que cette démarche sera considérée par nos partenaires comme un premier signal montrant que notre pays est prêt à répondre de manière adéquate aux menaces du système de défense antimissile (de l'OTAN) pour nos forces stratégiques nucléaires», a déclaré M. Medvedev au cours d'une réunion avec des hauts responsables de l'armée dans la région de Kaliningrad.

«Si ce signal n'est pas entendu, nous utiliserons d'autres moyens de défense, nous prendrons des mesures sévères, comme je l'ai promis le 23 novembre», a mis en garde le président russe, cité par les agences.

M. Medvedev avait alors expliqué que l'une de ces mesures consisterait à déployer dans la région de Kaliningrad une batterie de missiles Iskander.

Il s'agit de missiles de courte portée, dont le champ d'action est de 280 kilomètres mais peut atteindre, selon des responsables russes, 500 kilomètres dans certaines versions.

Le président russe a rappelé que Moscou exigeait depuis des mois des garanties que le projet de bouclier antimissile américain en Europe ne menaçait pas la Russie.

«Nous ne pouvons plus nous contenter de promesses verbales selon lesquelles le système (de bouclier antimissile américain) n'est pas dirigé contre la Russie. Des déclarations verbales ne sont pas une garantie pour nos intérêts», a-t-il ajouté.

La Russie, qui dit craindre que ce système ne réduise à néant sa force de dissuasion, a exigé d'y être associée, en vain jusqu'à présent.

De leur côté, les États-Unis ont indiqué à maintes reprises que le système antimissile auquel la Roumanie, la Turquie, la Pologne et plus récemment l'Espagne ont officialisé leur participation ne menaçait pas la Russie.

M. Medveved a toutefois observé que l'activation du système d'alerte antimissile «ne fermait pas la porte au dialogue pour continuer à discuter de ces questions avec nos partenaires».

Ces équipements sont un «instrument de contrôle de l'espace aérien» et ne constituent «pas, en soi, une menace pour nos voisins», a-t-il dit.

Mercredi, les États-Unis avaient répondu à Moscou en soulignant à nouveau que leur système ne menaçait pas la Russie, et qu'ils ne comptaient pas renoncer à sa mise en place. L'OTAN avait jugé que la menace russe était une réponse «décevante».

La nouvelle station radar «Voronej-TM» permet d'observer simultanément jusqu'à 500 objets volants -missiles, avions, etc.- sur une distance allant jusqu'à 6000 km, a précisé pour sa part le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer