Sécurité accrue à Washington en vue du rassemblement d'extrême droite

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Le chef de police du comté de Fairfax, Ed Roessler, et la mairesse de Washington, Muriel Bowser, ont répondu aux questions des journalistes au sujet des préparatifs en vue de la manifestation d'extrême droite prévue dimanche, le 9 août.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Néonazis et contre-manifestants sont attendus dimanche devant la Maison-Blanche pour des retrouvailles tendues, un an après le rassemblement meurtrier de Charlottesville qui avait projeté sous une lumière crue une extrême droite américaine enhardie sous Donald Trump.

Les autorités ont renforcé la sécurité dans la capitale américaine avant le rassemblement d'extrême droite, convoqué au nom de la défense des « droits civiques des Blancs » par le réseau « Unite the Right », déjà derrière la manifestation qui s'était finie dans le sang.

Le 12 août 2017, un sympathisant néonazi avait foncé en voiture dans une foule de manifestants antiracistes à Charlottesville, en Virginie, tuant une jeune femme de 32 ans, Heather Heyer, et faisant 19 blessés. Un sombre anniversaire qui pèse lourd sur les préparatifs de sécurité.

« L'objectif de la police est de maintenir les deux groupes à distance », a déclaré jeudi le chef de la police de Washington.

Un permis de manifester a été accordé à « Unite the Right » pour quelque 400 sympathisants, a-t-il précisé. Les contre-manifestants ont également été autorisés à se rassembler dans le même parc de Lafayette, devant la Maison-Blanche. Toutes les armes seront interdites dans le périmètre, même pour les détenteurs d'un permis.

À Charlottesville, les autorités ont mobilisé des moyens supplémentaires pour parer aux plus petits rassemblements planifiés.

Inquiétude

À Washington, ville cosmopolite dont près de la moitié des habitants sont Afro-Américains, on avait un temps évoqué la possibilité qu'un métro spécial soit affrété pour les sympathisants néonazis. Pas question, ont affirmé les responsables du réseau.

Les manifestants d'extrême droite sont appelés à se rassembler à 13 h dimanche près d'une station de métro dans le centre de la capitale avant de défiler jusqu'à la Maison-Blanche. Les organisateurs leur recommandent de ne pas venir armés et de ne pas « se battre ».

Même si les consignes sont pacifiques, « nous sommes vraiment inquiets », explique à l'AFP Lecia Brooks, experte du Southern Poverty Law Center (SPLC), un observatoire des groupes extrémistes. « La suprématie blanche est une idéologie fondée sur la violence et ils la mettent donc en pratique ».

La convocation d'un tel rassemblement au coeur de la capitale « témoigne vraiment d'à quel point les nationalistes blancs sont enhardis dans notre pays [...] et de leurs espoirs de normaliser » ce mouvement, poursuit-elle.

Richard Spencer, l'une des figures de l'extrême droite américaine, a lui annoncé sur Twitter qu'il n'y participerait pas cette fois : « Je ne sais pas exactement ce qui va se passer mais ça ne sera probablement pas bon ».

Il était à Charlottesville, l'an dernier, lorsque des centaines de néonazis portant des torches rappelant le Ku Klux Klan avaient défilé dans cette ville étudiante le 11 août pour protester contre le retrait de statues confédérées - des symboles du passé raciste et esclavagiste du pays aux yeux de beaucoup aujourd'hui.

Le lendemain, la tension était encore montée, des heurts éclatant entre manifestants et militants antifascistes, culminant avec l'attaque à la voiture.

« Un appel à agir »

À l'époque, les mots équivoques de Donald Trump, lorsqu'il avait affirmé que « les deux côtés » portaient une part de responsabilité, avaient provoqué une vague d'indignation et un profond malaise jusqu'au coeur de son équipe à la Maison-Blanche.

Ces mots « servent à encourager les nationalistes blancs », analyse Lecia Brooks.

Depuis, plusieurs candidats extrémistes se sont lancés dans la course au Congrès américain, comme le nazi assumé Arthur Jones, qui se présente dans l'Illinois sous la bannière républicaine, ou Paul Nehlen, figure de l'extrême droite qui fait la course en tête chez les républicains du Wisconsin.

Alors que le premier anniversaire du décès de sa fille approche, Susan Bro a confié à la radio publique NPR avoir repris le flambeau de ses luttes contre l'inégalité et le racisme.

« Le patrimoine laissé par Heather, c'est un appel à agir », a-t-elle déclaré. « Une partie de moi souhaite que tout ça ne soit qu'un mauvais rêve. Que le pays ne soit pas divisé. Que les Noirs soient traités comme si leur vie comptait réellement. Que Heather soit toujours là ».




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