En Californie, terre de «résistance», Trump défend son mur

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C'est la première visite en Californie de l'hôte de la Maison-Blanche, le président qui a mis le plus de temps depuis Franklin D. Roosevelt à rendre visite au Golden State.

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Véronique Dupont, Jérôme Cartillier
Agence France-Presse
San Diego et Washington

Le président américain Donald Trump a examiné mardi à San Diego les huit prototypes du mur qu'il veut construire tout le long de la frontière avec le Mexique afin de freiner l'immigration clandestine, l'une de ses principales promesses de campagne, et parmi les plus controversées, particulièrement en Californie.

Dans ce bastion démocrate, sa venue a provoqué plusieurs rassemblements restés pacifiques, avec d'un côté une petite centaine de ses partisans et de l'autre, environ 200 opposants dont beaucoup d'origine hispanique.

Vers midi, le président républicain est arrivé sur le vaste terrain désaffecté et lourdement protégé à Otay Mesa où sont alignés les huit modèles d'un peu plus de neuf mètres de haut sur autant de large, en béton ou en acier, au pied des collines mexicaines verdoyantes.

«Ils ont rétabli la loi et l'ordre à San Diego quand ils ont construit un mur», a déclaré le magnat de l'immobilier, tandis qu'au loin s'entendaient par instants les chants en espagnol de manifestants depuis le versant mexicain de la frontière.

Les clôtures existantes «arrêtent 90%, 95%» des immigrants qui veulent passer aux États-Unis depuis le Mexique et «quand nous installerons le vrai mur nous en arrêterons 99%, peut-être plus. Ce qu'on a maintenant n'est pas un très bon mur (...) les gens passent à travers», a-t-il ajouté.

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Des partisans de Donald Trump sont venus apporter leur appui à son projet de mur, mardi à San Diego.

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Plus de familles séparées

Au pied de la bordure qui sépare les deux pays, du côté mexicain, Yolanda Barona était venue manifester son opposition à la politique du président américain: «Ce mur veut dire plus de familles séparées, de familles qui souffrent».

C'est la première visite en Californie de l'hôte de la Maison-Blanche, le président qui a mis le plus de temps depuis Franklin D. Roosevelt à rendre visite au «Golden State», l'État le plus peuplé de la fédération et opposition frontale à sa politique sur de nombreux sujets, particulièrement l'immigration.

Le gouverneur Jerry Brown a proclamé la Californie, où la plus grande partie des habitants sont d'origine hispanique, État sanctuaire pour ses très nombreux sans-papiers et le procureur de Californie Xavier Becerra a porté plainte plusieurs fois contre l'administration Trump, qui a contre-attaqué en justice la semaine dernière.

Donald Trump a profité de questions de journalistes pour lancer une pique à Jerry Brown, qualifié de «type sympa qui fait du très mauvais travail».

La veille, le gouverneur lui avait adressé une lettre ouverte rappelant que le «Golden State» est, à lui seul, la sixième économie du monde, une prospérité batie grâce à l'accueil «d'immigrants et d'innovateurs venus des quatre coins du monde».

Malgré cette visite hautement symbolique pour le président républicain, rien n'indique que le «magnifique» mur annoncé soit sur le point de sortir de terre.

Plus d'un an après son arrivée au pouvoir, le Congrès n'a pas débloqué le moindre dollar pour une construction qui pourrait coûter jusqu'à 20 milliards de dollars et contre laquelle nombre d'élus démocrates sont vent debout.

Des curieux installés de l'autre côté de la... (AP) - image 3.0

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Des curieux installés de l'autre côté de la frontière observent la prestation de Donald Trump .

AP

Surpasser les obstacles

Une centaine de partisans du président, certains en longues barbes ou vestes militaires, s'étaient toutefois rassemblés à Otay Mesa, à l'instar de Geneviève Peters, enseignante de 54 ans, en robe aux couleurs de la bannière étoilée.

«J'adore notre président. Nous avons finalement quelqu'un pour le peuple américain, qui met son peuple d'abord et qui comprend que nous sommes souverains pour décider qui vient chez nous».

Les autres pro-Trump, en majorité des personnes âgées, portaient des pancartes telles que «Restez calme et construisez le mur».

Soucieux d'éviter des affrontements, la plupart des opposants au président s'étaient rassemblés à une dizaine de kilomètres de là dans une église de San Ysidro.

Environ 200 personnes portaient des panneaux comme «Le président le plus stupide» ou «Pas de haine dans le Golden State».

Une jeune femme aux cheveux bleu-gris portait un panneau où on lisait: «Pourquoi construire des murs plus hauts, les immigrés sont très forts pour grimper et surpasser les obstacles».

«Nous sommes vraiment opposés au mur, aux interdictions d'entrée des immigrés, aux préjugés, aux comportements non éthiques», explique Lou Adamo, océanographe retraité de 76 ans, accompagné de sa femme.

«Nous sommes venus pour protester contre un président très ignorant» et «lâche», poursuit Susan Hicks, scientifique de 41 ans, parmi une foule de tous âges et multi-ethnique, depuis une place où s'aperçoit la ville mexicaine de Tijuana.

Son ami Ron McCullough, généticien de 40 ans, estime que Trump s'est finalement rendu en Californie parce que «le mur c'est son grand truc et parce qu'il a besoin d'argent» pour sa campagne de réélection.

Après la visite des prototypes, Donald Trump s'est envolé pour une soirée de levée de fonds à Beverly Hills, municipalité cossue qui jouxte Los Angeles.




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