Les élus du Mississippi votent une loi restrictive sur l'avortement

Une militante anti-avortement observe la devanture de la... (ARCHIVES AP)

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Une militante anti-avortement observe la devanture de la clinique Jackson Women's Health Organization, dans le centre-ville de Jackson. Il s'agit de la seule clinique offrant des services d'IVG dans l'État du Mississippi.

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Agence France-Presse
Miami

Les élus du Mississippi ont approuvé jeudi un projet de loi interdisant l'avortement au-delà de 15 semaines de grossesse, contre 20 actuellement, faisant de cet État conservateur du Sud le plus restrictif pour les interruptions volontaires de grossesse (IVG) aux États-Unis.

Le projet de loi, qui se réfère aux «êtres humains non-nés», a été voté le jour même de la Journée internationale des droits des femmes.

Le texte comprend des exemptions en cas d'urgence médicale pour la mère et d'anomalies cérébrales sévères chez le bébé, mais ne fait pas d'exception pour les cas d'inceste ou de viol. Il instaure des amendes et des interdictions d'exercer aux médecins qui pratiqueraient un avortement au-delà de la 15e semaine de grossesse.

Il doit encore être ratifié par le gouverneur de l'État, le républicain Phil Bryant, qui a déjà annoncé son soutien au texte.

Le Mississippi est situé dans la Bible Belt, qui couvre plus du quart du sud-est des États-Unis, et où le protestantisme rigoriste et la religion chrétienne sont omniprésents.

La question de l'IVG divise profondément l'Amérique depuis l'arrêt emblématique de la Cour suprême «Roe v. Wade», qui a légalisé l'avortement le 22 janvier 1973 dans tous les États-Unis. La Cour a toutefois fixé comme limite le point de «viabilité» du foetus, et non un nombre spécifique de semaines, se référant plutôt au consensus médical de 24 à 28 semaines.

Face aux échecs pour faire abroger «Roe v. Wade», les militants anti-avortement tentent de faire adopter au niveau des États des lois de plus en plus restrictives, et retoquées régulièrement par la justice fédérale.

L'Association de défense des droits civiques ACLU a appelé le gouverneur Bryant à opposer son veto au texte, avertissant qu'il «se retrouvera au centre d'une bataille juridique qui coûtera des dizaines de milliers de dollars d'argent public en frais de justice».

La loi va «profondément nuire aux femmes pauvres, aux femmes de couleur et aux jeunes femmes. Elle ne fera rien pour renforcer la sécurité des avortements ou pour soutenir le choix des femmes», a dénoncé Jennifer Riley Collins, la responsable de l'ACLU au Mississippi.

Fin janvier, le Sénat avait échoué à faire interdire les avortements au-delà de la 20e semaine au niveau fédéral.

Selon l'institut Gallup en mai 2017, 29% des Américains sont favorables au droit à l'avortement en toute circonstance et 50% sous certaines circonstances, tandis que 18% souhaitaient l'interdire absolument.




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