Diplomatie: Trump alimente les rumeurs sur un départ de Tillerson

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson.... (Photo archives Agence France-Presse)

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Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson.

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Jerome CARTILLIER, Francesco FONTEMAGGI
Agence France-Presse
Washington

Le président des États-Unis Donald Trump a laissé passer jeudi l'occasion d'afficher sa confiance envers son secrétaire d'État Rex Tillerson, alimentant les rumeurs sur son remplacement prochain à la tête de la diplomatie américaine.

>>> Richard Hétu: bye-bye, Rex Tillerson ? 

Selon le New York Times, la Maison-Blanche travaille sur un remaniement en ce sens qui pourrait intervenir «dans les semaines à venir» et qui verrait l'actuel directeur de la CIA Mike Pompeo prendre les rênes de ce prestigieux ministère.

Interrogé dans le Bureau ovale, Donald Trump n'a ni confirmé ni démenti cette information publiée au moment où les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord font l'objet d'un pic de tension, après un nouveau tir de missile balistique intercontinental par Pyongyang.

«Il est ici. Rex est ici», a simplement répondu le président américain, laissant planer le doute sur ses intentions.

Les relations entre Donald Trump et Rex Tillerson, qui peine clairement à trouver sa place à Washington, sont notoirement difficiles, et le départ de ce dernier fait l'objet de spéculations récurrentes.

«Il n'y a pas d'annonces à ce stade», s'est bornée à souligner la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Sanders, assurant que l'ancien homme fort d'ExxonMobil était, comme l'ensemble du gouvernement, «concentré sur la fin de cette première année incroyablement réussie».

Le chef du département d'État a la responsabilité de quelque 70 000 diplomates, fonctionnaires et contractuels disséminés dans plus de 250 ambassades et consulats à travers le monde.

«M. Tillerson aime son travail. Il a beaucoup de pain sur la planche», a assuré sa porte-parole Heather Nauert, soulignant que le secrétaire d'État avait plusieurs réunions prévues la semaine prochaine avec des ministres européens à Bruxelles, Vienne et Paris.

Début octobre, l'impétueux président septuagénaire avait, fait rare, publiquement rabroué son secrétaire d'État pour avoir évoqué l'existence de canaux de communication visant à sonder les intentions de la Corée du Nord.

«Il perd son temps à négocier», avait-il écrit sur Twitter. «Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire.»

«Piège»

Quelques jours plus tard, la chaîne NBC News affirmait que M. Tillerson avait qualifié le président américain de «débile» à la fin d'une réunion au Pentagone.

Ces révélations avaient contraint le chef du département d'État à prendre la parole pour affirmer son soutien public et son «engagement en faveur du succès» du locataire de la Maison-Blanche.

Ce dernier avait affirmé avoir «pleinement confiance en Rex» tout en le mettant peu après, dans un tweet prétendument humoristique, au défi d'un «test de QI».

Dans ce schéma, le sénateur de l'Arkansas Tom Cotton, proche de M. Trump, serait propulsé à la tête de la CIA.

Sollicité sur cette éventuelle nomination, son équipe a répondu qu'il était concentré sur sa volonté d'être au service «des habitants de l'Arkansas et du Sénat».

Pour Aaron David Miller, ancien négociateur américain pour le Proche-Orient, le prochain chef du département d'État «sera confronté au même piège» que M. Tillerson, contraint de travailler avec un président «qui ne respecte ni la diplomatie, ni le département d'État, ni l'élaboration de politiques».

Dans une tribune publiée dans le Washington Post, l'ex-secrétaire d'État Madeleine Albright a dénoncé «les dégâts» causés à la diplomatie américaine par l'administration Trump et dénoncé avec virulence l'attitude de M. Tillerson.

«L'administration ne s'en prend pas au département d'État par hasard», écrit-elle. «Tillerson a maintenu un gel sur les embauches longtemps après la plupart des autres ministères (...). Il est de fait en train de bloquer l'émergence de nouveaux talents au sein du département d'État».




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