Le tueur du Texas a été interné dans un centre psychiatrique militaire

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Le FBI et la police locale sur les lieux de la fusillade à Sutherland Springs, une bourgade de 400 habitants.

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Agence France-Presse
SUTHERLAND SPRINGS

Devin Kelley, qui a tué dimanche 25 personnes dans une église du Texas, avait été interné dans une clinique psychiatrique alors qu'il était militaire après avoir menacé de tuer ses supérieurs, ont indiqué mardi des médias américains.

Kelley, à l'époque caporal accusé de violences contre sa femme et son beau-fils, avait été arrêté dans la gare routière d'El Paso (Texas) en juin 2012, selon un rapport de police publié sur le site internet de la télévision locale KPRC de Houston.

Il venait de s'échapper d'une clinique de Santa Teresa (Nouveau-Mexique), à une vingtaine de kilomètres de là, où il avait été interné pour avoir proféré des menaces de mort à l'encontre de ses supérieurs.

Le Pentagone a refusé de confirmer, indiquant à l'AFP que le ministère ne faisait aucun commentaire sur un éventuel problème psychologique d'un militaire.

Selon le rapport de police, un témoin ayant signalé la disparition de  Kelley a déclaré aux officiers que celui-ci, alors âgé de 21 ans, «souffrait de problèmes psychologiques et voulait s'enfuir» de la clinique en prenant un bus longue distance.

Selon ce témoin, le militaire représentait «un danger pour lui-même et pour les autres car il avait été pris en train d'introduire des armes sur la base de Holloman» où il était stationné, à 150 km au nord d'El Paso. Le rapport souligne aussi que Kelley «voulait mettre à exécution (ses) menaces de mort».

Décrit par ceux qui l'ont croisé comme un homme inquiétant à la vie personnelle ratée, Devin Kelley avait été recruté en 2010 par l'armée comme logisticien.

Deux ans plus tard, il a été traduit en cour martiale pour des violences à l'encontre de son épouse et pour avoir fracturé le crâne du jeune enfant de celle-ci. La femme a demandé le divorce cette même année 2012.

Le caporal a pour ces agressions été condamné à un an de détention. Il a aussi été dégradé et renvoyé des rangs de l'US Air Force. En 2014, il a tenté sans succès d'obtenir en appel une révision de cette condamnation.

Les policiers, qui soulignent que la scène de crime est «vaste et complexe», ont également confirmé que le tueur ne figurait pas dans les bases de données des individus interdits d'acheter une arme.

L'armée de l'Air a admis lundi que Kelley n'avait pas été inscrit au registre du Centre national d'information criminelle (NCIC) après avoir été condamné par une cour martiale pour violences conjugales. Cette inscription aurait dû lui interdire d'acheter ou de posséder une arme à feu.

Dimanche, Devin Kelley a fait irruption dans une église de Sutherland Springs où il a abattu 25 personnes, dont une femme enceinte et des enfants en bas-âge, et fait 20 blessés. Il était armé d'un fusil d'assaut que ses condamnations auraient théoriquement dû lui interdire de se procurer.

Il est mort, touché par plusieurs balles, à l'issue d'une course poursuite avec deux civils qui l'avaient pris en chasse à la sortie de l'église.

Le FBI n'a pas accès aux données du téléphone du tueur

Le FBI n'a pas encore pu accéder aux données du téléphone portable de l'auteur de la tuerie du Texas, ont annoncé mardi les enquêteurs, un obstacle qui pourrait relancer le débat sur le cryptage des communications et la protection de la vie privée.

Le tueur, Devin Patrick Kelley, a notamment contacté son père pendant sa fuite après avoir ouvert le feu, selon les autorités.

Un différend familial, notamment une dispute avec sa belle-mère à qui il avait envoyé des messages de menaces, pourrait être à l'origine du carnage, selon les enquêteurs.

«À cette heure, nous ne sommes pas capables d'entrer dans ce téléphone. Cela souligne un problème auquel nous avons déjà été confrontés avec les avancées de la technologie pour ces téléphones et l'encryptage», a expliqué Christopher Combs, responsable de l'enquête pour le FBI. Il a refusé de confirmer que le téléphone du tueur était un iPhone.

Apple, s'était retrouvé au centre d'un bras de fer avec la justice américaine en refusant d'aider la police à accéder au contenu crypté du téléphone d'un des auteurs de l'attentat de San Bernardino en Californie (14 morts le 2 décembre 2015).

Le FBI voulait déterminer ses liens éventuels avec le groupe État islamique mais, pour le constructeur, cela mettrait en péril la protection des données de centaines de millions d'utilisateurs d'iPhone.

Le FBI avait finalement réussi à déverrouiller l'appareil grâce à des prestataires extérieurs.

M. Combs a assuré mardi que le FBI réussirait à terme à débloquer le téléphone car le Bureau avait «des partenaires avec lesquels nous travaillons».

En octobre, le directeur du FBI Christopher Wray avait admis l'ampleur du problème de décryptage sur le travail des enquêteurs, indiquant que les données de près de 7000 téléphones portables n'avaient pas pu être débloqués dans les 11 précédents mois même si la police fédérale «a l'autorité légale pour le faire».

«C'est plus de la moitié des téléphones mobiles auxquels nous avons tenté d'accéder pendant cette période», a-t-il dit lors d'une conférence, «et c'est juste pour le FBI».

«C'est un énorme, énorme problème», a souligné M. Wray, affirmant que cela perturbait des enquêtes sur des affaires de «drogue, de trafic d'être humain, d'antiterrorisme, de contre-espionnage, de gangs, de crime organisé et de pédophilie».




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