Fusillade au Texas: le FBI pas informé par l'US Air Force de la condamnation du tueur

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Le FBI poursuit son enquête sur les lieux de la tuerie.

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Nova SAFO, Shahzad ABDUL
Agence France-Presse
SUTHERLAND SPRINGS, Washington

Devin Patrick Kelley, jugé pour violences conjugales, n'aurait pas dû pouvoir acquérir d'armes, mais l'US Air Force, son ex-employeur, n'avait pas informé le FBI de la condamnation du tireur qui a ôté la vie à 26 personnes dans une église du Texas dimanche.

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Devin Patrick Kelley

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«Le délit de violence conjugale de Kelley n'a pas été inscrit au registre du Centre national d'information criminelle (NCIC)», a indiqué lundi soir l'armée de l'air américaine, en précisant avoir ouvert une enquête.

L'ex-caporal, jugé dans une cour martiale en 2012 pour violences contre son épouse et l'enfant de cette dernière, avait été condamné à 12 mois de détention avant d'être dégradé au rang de simple soldat et d'être évincé de l'armée.

Le Pentagone est normalement tenu de communiquer au FBI toute condamnation par une cour martiale, pour son inclusion dans les registres du NCIC.

Selon la loi fédérale, l'ancien caporal reconverti en agent de sécurité n'avait donc pas le droit d'acheter ou de posséder une arme à feu, a rappelé l'armée de l'air américaine.

Dimanche, armé d'un fusil semi-automatique AR-15, il a choisi la First Baptist Church de Sutherland Springs, petite bourgade texane à l'est de San Antonio, pour perpétrer l'une des pires fusillades de l'histoire contemporaine des États-Unis.

Le geste de celui qui résidait dans la périphérie de San Antonio reste encore inexpliqué.

«Il y avait un différend dans cette famille», a toutefois avancé lundi Freeman Martin, un responsable des forces de l'ordre du Texas, expliquant que la belle-mère de Devin Patrick Kelley fréquentait cette église.

Selon CNN, citant plusieurs amis de la famille, la grand-mère de la femme du tireur a été abattue dans l'église aux murs blancs typique de cette région.

«Dix blessés graves»

L'équipée sanglante de Devin Patrick Kelley a débuté vers 11h20, pendant l'office religieux du dimanche, lorsqu'il est entré dans le lieu de culte tout de noir vêtu, armé et protégé par un gilet pare-balles. Selon les forces de l'ordre texanes, 15 chargeurs d'une capacité de 30 balles chacun ont été retrouvés, vides, sur les lieux du crime.

Le tueur, connu pour ses positions farouchement anti-religieuses, a notamment abattu un bébé de 18 mois, un garçonnet de deux ans ou encore une personne âgée de 77 ans.

Il a également blessé 20 personnes. Dix d'entre elles se trouvaient encore à l'hôpital dans un état grave ou critique, lundi soir.

Deux personnes se trouvant à proximité de la scène du crime ont ensuite pris en chasse l'auteur de la fusillade. Stephen Willerford a d'abord saisi son propre fusil AR-15 et a tiré sur le meurtrier qui ressortait de l'église, le blessant.

Ce dernier a pris la fuite à bord de son VUS blanc, laissant son arme derrière lui.

S'en est suivie une course-poursuite d'une dizaine de minutes, Stephen Willeford, ayant demandé au chauffeur d'une camionnette qui faisait le plein à proximité de prendre en chasse le véhicule du tueur.

Blessé au bras et au torse, Devin Patrick Kelley a appelé son père pour lui dire qu'il «n'allait pas s'en sortir».

Après avoir eu un accident avec sa voiture, il a alors retourné son arme contre lui.

«Pas une question d'armes»

Parmi les 26 morts figurent notamment huit personnes d'une même famille, dont une femme enceinte de cinq mois (dont l'enfant à naître est comptabilisé dans les 26 victimes) et trois de ses enfants.

La fille du pasteur de l'église, âgée de 14 ans, a également été tuée.

La tuerie, la pire dans l'histoire du Texas, n'a en tout cas que timidement relancé l'éternel débat américain sur la régulation de la circulation des armes à feu, que le président Donald Trump a voulu tuer dans l'oeuf.

«La santé mentale est le problème ici (...). Ce n'est pas une question liée aux armes», a-t-il déclaré à l'occasion d'une conférence de presse à Tokyo, dénonçant un «acte diabolique».

Depuis la Corée du Sud, il a même soutenu que si le «très courageux» Stephen Willeford n'avait pas été armé, «au lieu d'avoir 26 morts, il y en aurait eu des centaines». Et selon lui, des contrôles plus stricts n'auraient fait «aucune différence».

Chaque année, plus de 33 000 décès liés aux armes à feu sont recensés aux États-Unis --dont 22 000 suicides--, selon une récente étude. Le débat sur la réglementation des armes, particulièrement conciliante, est relancé à chaque fusillade.

Mais peu de mesures concrètes ont été prises pour tenter d'endiguer ce phénomène, principalement en raison du poids de la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes.




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