Ingérences russes aux États-Unis: les réseaux sociaux en accusation

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Facebook avait indiqué début octobre qu'environ «10 millions de personnes aux États-Unis» avaient visionné des contenus commandités («ads») financés par près de 500 comptes activés depuis la Russie et qui avaient pu servir à manipuler l'opinion, principalement en attisant les clivages idéologiques au sein de la société américaine.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Au tour de Facebook, Twitter et Google de rendre des comptes. Le Congrès américain les convoque mardi pour clarifier l'ampleur de la désinformation russe pendant la campagne présidentielle, au lendemain des premières inculpations de proches de Donald Trump.

Au moment où le président veut promouvoir sa réforme fiscale, l'actualité américaine reste obstinément placée sous les couleurs russes cette semaine, puisque le procureur spécial Robert Mueller a annoncé lundi l'inculpation pour divers délits de deux anciens membres importants de l'équipe de campagne de Donald Trump, et le plaider-coupable d'un troisième, pour faux témoignage concernant ses contacts avec des Russes pendant la campagne.

«J'espère que les gens vont commencer à s'intéresser à notre baisse d'impôts massive pour les entreprises (emplois) et la classe moyenne (en plus de la corruption démocrate)!» a écrit le locataire de la Maison-Blanche sur Twitter mardi matin, rejetant toute accusation de collusion avec la Russie.

Les directeurs juridiques de Facebook et de Twitter, ainsi que le directeur de la sécurité de Google, seront interrogés à partir de 14h30 lors d'une audition publique au Sénat dont le titre affiche la couleur: «Contenus extrémistes et désinformation russe en ligne: trouver une solution avec les sociétés de technologies».

Facebook devrait révéler à cette occasion que jusqu'à 126 millions d'utilisateurs américains ont vu apparaitre dans leur fil d'actualité des contenus mis en ligne par des intérêts russes dans le but d'influencer l'élection américaine, selon le Wall Street Journal.

Il s'agit de publicités et d'articles non payants, et le décompte inclut les partages, commentaires et actions «j'aime» sur ces contenus.

Twitter a pour sa part identifié 36 746 comptes ayant créé des contenus automatiques, relatifs aux élections et liés à la Russie, soit 0,012% du nombre total de comptes existant au moment de l'élection, selon une source proche de la société. Les tweets diffusés par ces comptes représentaient 0,33% des «impressions» totales de tweets liés à l'élection à l'époque. Les impressions comptent le nombre d'utilisateurs ayant vu un tweet donné.

Idem sur YouTube, propriété de Google, où des chaînes liées à la Russie ont produit des vidéos ayant accumulé 309 000 vues dans les 18 mois précédant l'élection, un chiffre notable mais loin d'atteindre un record.

À chaque fois, le responsable est nommé par les sociétés: l'Internet Research Agency, une société basée à Saint-Pétersbourg et liée au renseignement russe.

Autodiscipline

À Moscou, ces événements font également réagir.

Il n'y a «pas une seule preuve» d'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016, a répété mardi à la presse le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Ce sont des accusations «absolument ridicules, gratuites et sans fondement», a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

En janvier dernier, peu avant l'entrée en fonctions de Donald Trump, les services de renseignement américains ont publié un rapport dans lequel ils dénouaient les fils de la campagne de piratage et de désinformation attribuée à Moscou.

Ils y décrivaient le rôle de la chaîne RT (anciennement Russia Today), très active sur internet en anglais, comme «le principal moyen de propagande du Kremlin à l'étranger».

L'Internet Research Agency était selon Washington une usine à «trolls professionnels», «probablement financée» par «un proche allié de Poutine lié au renseignement russe».

Trois enquêtes parlementaires sont en cours au Congrès pour analyser l'ampleur des ingérences russes, et en tirer les conclusions avant les prochaines échéances électorales américaines, les législatives de novembre 2018 et la présidentielle de 2020.

Des élus menacent de légiférer pour soumettre les réseaux sociaux à certaines règles de transparence sur les publicités politiques, mais les sites résistent, proposant à la place des mesures volontaires de contrôle.

Facebook a ainsi déjà annoncé l'embauche de 1000 personnes pour surveiller les contenus commandités. Twitter va créer un «centre de transparence de la publicité» qui recensera toutes les publicités en cours sur la plateforme, avec des informations détaillées sur toutes les publicités politiques, notamment le montant dépensé et l'identité de l'organisation finançant la campagne.




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