Donald Trump fait pression sur le Congrès pour baisser les impôts

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Il est rare que le président des États-Unis se rende au Capitole pour rencontrer les élus

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président Donald Trump se rend mardi au Congrès pour presser sa majorité d'adopter rapidement la grande baisse d'impôts qu'il a promise aux Américains, mais ses accès de colère contre un sénateur républicain agitent son camp.

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Il participera au déjeuner hebdomadaire des sénateurs républicains, à huis clos. Il est rare que le président des États-Unis se rende au Capitole pour rencontrer les élus: la dernière fois remonte à mars, deux mois après son arrivée à la Maison-Blanche.

Il avait alors averti les républicains de la Chambre des représentants qu'ils risquaient de perdre leur majorité si la réforme du système de santé n'était pas adoptée... Cette réforme-là a été torpillée au Sénat cet automne, en raison d'une rébellion au sein du parti majoritaire.

Rater le deuxième grand chantier de l'année, sur la fiscalité, représenterait un désastre politique.

«Nos baisses d'impôts vont restaurer l'avantage compétitif de l'Amérique», a-t-il martelé peu auparavant à la Maison-Blanche, répétant que les États-Unis étaient l'un des pays les plus imposés au monde. «Notre plan peut se résumer en trois mots simples: emplois, emplois, emplois».

Mais au moment de rallier les troupes, l'occupant de la Maison-Blanche s'est à nouveau retrouvé dans une violente altercation à distance avec le sénateur républicain du Tennessee, Bob Corker.

Depuis quelques semaines, le président de la commission des Affaires étrangères ne mâche pas ses mots contre le dirigeant, qu'il compare à un enfant dépassé par les responsabilités.

«Poids-plume» et «incompétent», a tweeté M. Trump mardi. «Mêmes contre-vérités d'un président pas digne de confiance», a répondu Bob Corker sur le réseau social.

«Le président a de grandes difficultés avec la vérité, sur de nombreux sujets», a poursuivi l'élu longuement sur CNN. «Quand son mandat sera terminé, l'avilissement de notre pays, les contre-vérités permanentes, les insultes (...) c'est ce qui restera et c'est regrettable».

«Faut pas y penser» 

La raison ostensible de leur duel, cette fois, est cette refonte de la fiscalité. Bob Corker fait partie des républicains qui veulent s'assurer que les baisses d'impôts ne feront pas exploser la dette publique, une réserve interprétée par le président comme un inacceptable geste de défi.

Le plan républicain n'est pour l'instant connu que dans ses grandes lignes: baisse de l'impôt sur les sociétés de 35 à 20%, diminution de l'impôt sur le revenu, suppression de la plupart des déductions fiscales, abrogation d'un impôt sur les successions payé par les grandes fortunes...

Des milliers de milliards de dollars de baisses d'impôts sur la prochaine décennie, qui seront compensées, selon la Maison-Blanche, par les recettes fiscales supplémentaires générées par la potentielle relance de la croissance. Une théorie que contestent les démocrates et certains républicains.

Bob Corker... (AP) - image 5.0

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Bob Corker

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«En tant que parti, il y a beaucoup de choses que nous n'avons pas réussi à faire», a reconnu le directeur du Budget, Mick Mulvaney, dimanche. «Donc oui, absolument, nous devons commencer à tenir nos promesses».

Paul Ryan, le président de la Chambre, fait de son mieux pour faire abstraction des polémiques et se concentrer sur le calendrier.

Il a répété mardi qu'il entendait faire adopter la réforme fiscale par la chambre basse du Congrès avant les vacances de Thanksgiving, qui sont censées commencer le 17 novembre.

«Tout ce que vous voyez tous les jours sur Twitter, faut pas y penser», a lâché Paul Ryan dans un sourire un peu forcé.

À charge ensuite au Sénat d'adopter la loi avant la fin de l'année. La chambre haute du Congrès est le goulet d'étranglement de toute réforme, car la majorité n'y dispose que de 52 sièges sur 100 face aux démocrates.

La voix de chaque républicain sera donc cruciale. À fortiori celle du sénateur Corker, qui a décidé de quitter le Sénat à la fin de son mandat l'an prochain et se retrouve libéré de toute pression politique, y compris émanant de la Maison-Blanche.




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