Petit espoir d'avancée dans le débat sur les armes aux États-Unis

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À Las Vegas, dans l'État du Nevada où la vente d'armes est particulièrement permissive, peu d'armuriers ont souhaité commenter la fusillade et la façon dont Stephen Paddock s'était constitué son arsenal.

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Sébastien BLANC
Agence France-Presse
WASHINGTON

Des élus républicains à Washington se disaient prêts jeudi à discuter de l'éventualité d'interdire les mécanismes transformant les fusils semi-automatiques en fusils automatiques, une telle conversion ayant permis au tueur de Las Vegas de multiplier le nombre de ses victimes.

«Clairement, c'est quelque chose sur laquelle nous devons nous pencher», a déclaré le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan.

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Après des décennies de résistance, le Grand Old Party pourrait donc faire un petit pas en direction des démocrates sur le sujet sensible de l'encadrement des armes individuelles, même si cela restait largement symbolique et qu'on est encore très, très loin de toute modification législative.

«Personne ne devrait posséder un dispositif qui transforme un fusil semi-automatique en l'équivalent d'une mitrailleuse», a déclaré le démocrate David Cicilline, en introduisant à la chambre un projet de loi qui bannirait un tel système.

Une initiative similaire a été lancée au Sénat, la chambre haute du Congrès. «Monsieur et Madame Amérique, l'heure est venue de se dresser. Vous devez dire «Trop c'est trop»», a lancé d'un ton solennel la sénatrice Dianne Feinstein, tout habillée de noir.

De telles déclarations côté démocrate sont attendues dans un débat qui patine depuis un quart de siècle.

Chaque fusillade endeuillant les États-Unis engendre de façon cyclique les mêmes stades: après la réaction horrifiée vient celle de l'unité dans la peine, puis l'indignation à laquelle succède la division politique, et enfin... l'inaction.

Discussions «concrètes»

Cette fois cependant, des frémissements inhabituels sont observables, venant d'un côté républicain souvent présenté comme otage de la National Rifle Association, le tout puissant lobby des armes très actif sur la colline du Capitole.

«Je suis en discussion concrète avec au moins cinq ou six de mes collègues républicains», a ainsi confié à CNN M. Cicilline.

Au Sénat, au moins deux élus de l'équipe de direction des républicains, John Cornyn (Texas) et John Thune (Dakota du Sud), se sont déclarés ouverts à la discussion.

D'autres ont écarté une telle éventualité, notamment Steve Scalise, pourtant grièvement blessé en juin lorsqu'un forcené a ouvert le feu sur l'équipe de baseball républicaine du Congrès, près de Washington.

Mme Feinstein, une élue au long cours et poids lourd du parti démocrate, était devenue maire de San Francisco en 1978 après l'assassinat par balles du précédent maire, George Moscone, et du conseiller municipal Harvey Milk.

Près de quatre décennies plus tard, elle a lancé son énième appel avec l'espoir de faire bouger les lignes grâce à une mesure ciblant le dispositif nommé «bump stock», qu'elle a désigné de façon pédagogique sur une photo affichée à côté de son pupitre.

Centaines de coups par minute

Le «bump stock» est une crosse amovible qui utilise l'énergie du recul de l'arme pour imprimer un mouvement de va-et-vient extrêmement rapide au fusil, dont les projectiles se rechargent au même rythme.

Douze des fusils retrouvés à Las Vegas dans la suite hôtelière de Stephen Paddock étaient équipés d'un tel système.

Une analyse de certaines rafales qu'il a tirées depuis le 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay a établi une cadence de 90 coups sur 10 secondes. Cela lui a permis de faucher des centaines de spectateurs d'un concert de musique country, faisant 58 morts.

Quatre jours après cette pire fusillade de l'histoire récente des États-Unis, l'enquête se poursuivait sans pouvoir lever le mystère sur les motifs du geste de cet homme de 64 ans, qui s'est suicidé.

Sa compagne d'origine philippine, Marilou Danley, a décrit au FBI un homme gentil, attentif, tranquille».

Les investigations ont pour l'instant montré que Stephen Paddock, inconnu des services de police, avait préparé sa fusillade avec minutie. Celle-ci a duré 10 minutes, mais il a fallu une heure et quinze minutes aux agents de police pour localiser et donner l'assaut à sa suite.

Le tueur avait réservé cet été une chambre d'hôtel à Chicago surplombant l'immense festival de rock Lollapalooza, affirme jeudi le site américain TMZ.




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