Le nouvel allié de Trump voulait interdire l'homosexualité

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En cas d'élection au Sénat le 12 décembre contre le candidat démocrate, Roy Moore s'est donné comme mission de restaurer la place «de Dieu et de la Constitution au Congrès».

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Donald Trump s'est accommodé sans ciller de la défaite de son poulain lors d'une élection primaire dans l'Alabama, mardi soir, apportant son soutien au vainqueur Roy Moore, un magistrat controversé qui porte un chapeau de cow-boy et se fait le héraut des Évangiles.

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Le dirigeant avait initialement misé sur un républicain classique et loyal pour la primaire sénatoriale de l'Alabama, Luther Strange, mais c'est l'ancien chef de la Cour suprême de l'Alabama, un État conservateur du Sud, qui a été plébiscité par les électeurs républicains locaux, avec 55% des voix contre 45%.

«Il a l'air d'être un type vraiment bien qui a mené une campagne fantastique» a tweeté Donald Trump au lendemain du scrutin, après avoir effacé plusieurs tweets de soutien envers Luther Strange.

Roy Moore, 70 ans, est célèbre pour avoir été suspendu pas une, mais deux fois de son poste de chef du pouvoir judiciaire de l'Alabama. La première fois pour avoir installé, malgré une interdiction au nom de la séparation des pouvoirs, un monument à la gloire des Dix Commandements au siège de la justice de l'État, en 2003.

La seconde il y a un an, parce qu'il a refusé de reconnaître la légalisation du mariage homosexuel, malgré une décision de la plus haute cour des États-Unis. Il n'a pas pour autant abandonné sa croisade politico-religieuse.

Cet activisme est populaire dans l'Alabama. Le poste de chef de la justice de l'Alabama est électif, et il y a été élu deux fois. En cas d'élection au Sénat le 12 décembre contre le candidat démocrate, Roy Moore s'est donné comme mission de restaurer la place «de Dieu et de la Constitution au Congrès».

«Dieu tout puissant a fait plus pour ma campagne que quiconque», a-t-il déclaré après sa victoire. «Je n'ai jamais prié pour remporter cette élection. J'ai seulement prié pour que soit exaucée la volonté divine».

En 2005, il a déclaré dans une interview télévisée que l'homosexualité devait être rendue illégale. «La Constitution est fondée sur la morale établie par les Écritures saintes», argumentait-il. Comme juge, il a qualifié l'homosexualité d'«abjecte, immorale», un «crime contre la nature» et un «mal inhérent».

Bannon et Palin

Il coche les autres cases symboliques du conservatisme américain: l'homme apparaît régulièrement coiffé d'un chapeau de cow-boy, il est allé voter à cheval et se promène armé d'un revolver, officiellement soutenu par le lobby des armes, la National Rifle Association.

En décembre 2016, il avait mis en doute le fait que Barack Obama soit né aux États-Unis, flirtant avec les conspirationnistes qui contestent la légitimité de l'ancien président démocrate.

C'est l'un des rares points de convergence avec Donald Trump, qui a longtemps contesté la naissance américaine de son prédécesseur.

Avec son message religieux, le juge Moore n'avait en effet rien d'un «trumpiste» naturel. Donald Trump s'est construit sur les questions socio-économiques (protectionnisme, défense de l'emploi industriel, baisse des impôts...), évitant de s'empêtrer outre-mesure dans des questions de société.

Steve Bannon s'adresse à la foule lors d'un... (AP) - image 4.0

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Steve Bannon s'adresse à la foule lors d'un rallye en appui à Roy Moore, lundi à Fairhope, en Alabama.

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Mais le monde trumpiste, à commencer par l'ex-conseiller présidentiel Steve Bannon, évincé de la Maison-Blanche cet été, s'est rallié pour faire triompher le personnage au nom du combat contre l'establishment du parti républicain. L'ancienne candidate à la vice-présidence Sarah Palin a aussi fait campagne pour lui.

Ils voient en Roy Moore un homme qui ne transigera pas sur les principes et sur l'application du programme originel de Donald Trump, notamment sur l'immigration, quitte à défier les chefs républicains du Congrès.

Pour Steve Bannon, patron du site Breitbart, et ses alliés, la victoire du magistrat est également une démonstration de force avant les primaires du printemps prochain, en vue des législatives de novembre 2018.

Steve Bannon s'est vanté d'avoir lancé une «révolution» qui s'étendra «d'État en Etat», promettant une armée de «gens suivant le modèle de Roy Moore, qui n'ont pas besoin de lever de l'argent auprès des élites, des capitalistes et des gros bonnets de Washington, New York et la Silicon Valley».

L'ennemi, en tout cas, n'est pas Donald Trump. «Ne laissez pas la presse dire que, sous prétexte qu'il a soutenu mon adversaire, je ne le soutiens pas lui et son programme, tant que c'est constitutionnel», a lancé Roy Moore mardi à propos du locataire de la Maison-Blanche.




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