Trump s'arrange avec les démocrates pour éviter un défaut de paiement

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Donald Trump a accueilli mercredi dans le Bureau ovale le leader de la majorité républicaine au sénat, Mitch McConnell (assis à la gauche du président), ainsi que les démocrates Chuck Schumer et Nancy Pelosi.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Le président Donald Trump a contourné mercredi ses alliés républicains du Congrès pour s'entendre avec l'opposition démocrate afin d'éviter un défaut de paiement et une paralysie budgétaire à la fin du mois, tout en débloquant des fonds d'urgence pour les victimes de la tempête Harvey.

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Les chefs de la majorité républicaine ont laissé entendre que l'accord n'était pas de leur goût, mais s'y sont rangés, au nom de l'esprit d'unité nationale qui règne dans la classe politique américaine face aux inondations exceptionnelles ayant frappé le Texas.

«Nous nous sommes mis d'accord, pour moi cet accord sera très bon», s'est félicité Donald Trump, qui signe ici son premier compromis politique important depuis son arrivée au pouvoir.

L'affaire est technique et mélange trois dossiers théoriquement distincts, mais qui se sont agglomérés par le hasard du calendrier.

Il y a d'abord l'aide d'urgence pour les victimes d'Harvey; mercredi, la Chambre des représentants a approuvé une première enveloppe de 7,85 milliards dollars d'aide, à une quasi-unanimité. Ce volet ne fait pas polémique.

Puis il y a le plafond de la dette, une limite fixée par le Congrès et qui arrive à échéance à la fin septembre. Si les élus ne relèvent pas cette limite, les États-Unis pourraient ne pas rembourser à temps pour la première fois de l'histoire.

Enfin, le Congrès doit financer l'État fédéral pour l'année budgétaire 2018, qui commence le 1er octobre; sans cela, les administrations fermeront, les fonctionnaires non essentiels resteront chez eux, perturbant le fonctionnement du pays.

L'exécutif et les chefs de la majorité, souhaitant éviter toute crise, voulaient combiner les trois pour forcer la main des élus réfractaires, à la fois dans le camp conservateur, et chez l'opposition démocrate, qui dispose d'un pouvoir de nuisance au Sénat.

Les démocrates avaient posé leurs conditions et proposé de repousser les échéances de la dette et du budget au 15 décembre. Les républicains, eux, voulaient rehausser le plafond jusqu'après les législatives de novembre 2018, afin de ne pas avoir à rouvrir ce dossier épineux en période électorale.

Mais Donald Trump a tranché en faveur des démocrates, lors d'une réunion mercredi à la Maison-Blanche avec les deux chefs démocrates et les deux chefs républicains. Il a demandé au Congrès de voter sur les trois articles en même temps, avec le 15 décembre comme nouvelle date-butoir.

«Il faut rendre hommage au fait qu'il a choisi le meilleur argument», celui des démocrates, a salué, rayonnant, Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates.

Décembre, nouvelle échéance 

Cette «triple» loi sera examinée cette semaine au Sénat, amendée selon les volontés du président, puis devra revenir à la Chambre.

«Il avait envie que nous nous rassemblions et que nous évitions de donner l'image de divisions en cette période de crise nationale», a raconté le chef républicain du Sénat, Mitch McConnell, qui n'a pas caché sa frustration.

Pourquoi les républicains sont-ils mécontents?

Car le 15 décembre, date du début des vacances parlementaires de Noël, devient de fait une nouvelle échéance cruciale, lors de laquelle les démocrates pourront recréer un bras de fer pour obtenir, par exemple, des concessions sur l'immigration.

L'opposition souhaite que le Congrès régularise les centaines de milliers de jeunes sans-papiers, arrivés enfants aux États-Unis et connus sous le terme de «Dreamers». Elle entend profiter des trois prochains mois pour promouvoir cette cause auprès de l'opinion.

Remplissant une promesse de campagne, le président Trump a supprimé mardi le programme Daca, créé par Barack Obama et qui avait accordé à ces jeunes des permis temporaires, appelant le Congrès à légiférer pour remplacer ce programme qui n'avait pas la force d'une loi.

Redoublant d'amabilités pour les démocrates Nancy Pelosi et Chuck Schumer, Donald Trump a confié aux journalistes: «Chuck et Nancy voudraient qu'on avance, et moi aussi».

Ce faisant, il n'a pas mentionné les noms de Mitch McConnell ou Paul Ryan, le président de la Chambre, peut-être encore fâché de l'échec de l'abrogation d'Obamacare cet été au Congrès.

Outre l'immigration clandestine, le financement du mur à la frontière mexicaine, que les démocrates veulent bloquer, sera une pomme de discorde à l'approche de décembre. Mais avec l'accord de mercredi, Donald Trump s'est acheté trois mois de relative tranquillité.




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