Le Texas panse ses plaies une semaine après Harvey

Des milliers de secouristes et de civils venus... (PHOTO US AIR NATIONL GUARD / Daniel FARRELL, AFP)

Agrandir

Des milliers de secouristes et de civils venus à l'aide continuent de procéder à des évacuations au Texas, parfois dans des villes jusqu'alors isolées en raison des inondations sans précédent provoquées par la tempête.

PHOTO US AIR NATIONL GUARD / Daniel FARRELL, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Elodie CUZIN, Brendan SMIALOWSKI, Mandel NGAN
Agence France-Presse
HOUSTON

Une semaine après avoir été frappés par l'ouragan Harvey, des millions d'habitants du sud des États-Unis s'efforçaient de reprendre le cours de leur vie dans des quartiers transformés en îles, plombés par les difficultés d'approvisionnement, les coupures de courant et la paralysie des transports.

Une semaine après avoir été frappés par l'ouragan... (REUTERS) - image 1.1

Agrandir

REUTERS

Pour des dizaines de milliers d'habitants, hébergés dans des centres d'accueil d'urgence, tout retour à domicile restait encore inenvisageable, vue la lenteur de la décrue.

Les autres étaient confrontés aux défis de retrouver leur maison abandonnée plusieurs jours, où une eau boueuse a monté jusqu'au niveau des fenêtres, voire au-dessus. Les voitures, si cruciales en Amérique, étaient souvent bonnes à mettre à la casse, après avoir été noyées jusqu'au toit.

Les autorités continuaient de surveiller de près une usine chimique du groupe français Arkema, où des produits dangereux, qui n'étaient plus réfrigérés, se sont consumés jeudi en dégageant des fumées nocives. De nouveaux départs d'incendie restaient possibles.

«Il n'y a pas eu de feu ni de fumée durant la nuit», a cependant indiqué à l'AFP Rachel Moreno, porte-parole des pompiers locaux.

Toutefois «nous avons continué à entendre des détonations causées par la décomposition des peroxydes», a-t-elle ajouté, en référence à ces matériaux hautement inflammables entrant dans la composition de plastiques.

À Rockport, au sud-ouest de la métropole de Houston, des écoles demeuraient fermées, l'électricité coupée, des maisons penchées étaient promises à la destruction. D'autres n'étaient plus qu'un amas de débris, qu'on retrouvait aussi jonchant les carrefours.

Dans cette ville portuaire où l'ouragan avait touché terre vendredi, des poteaux électriques étaient abattus au sol, une église baptiste avait perdu son toit. Les dommages à l'intérieur des maisons encore debout étaient spectaculaires.

Du sauvetage au redressement

Le vice-président américain Mike Pence s'est rendu jeudi sur place et a promis aux victimes de la furie d'Harvey qu'elles ne seraient pas oubliées.

À l'opposé, à Houston ou dans la ville voisine de Corpus Christi, les signes de retour à la vie normale se multipliaient: rétablissement du courant, reprise des réseaux de transport en commun, vastes opérations de nettoyage en cours, l'amélioration était visible.

L'équipe vedette locale de baseball, les Houston Astros, a annoncé qu'elle serait bien opérationnelle dans la ville pour ses matches professionnels prévus samedi et dimanche contre les New York Mets.

«Cela va être émouvant», a prédit l'entraîneur des Astros, A.J. Hinch. «On ne peut imaginer l'importance d'être chez soi avant d'être interdit de rentrer chez soi».

«Le Texas est en voie de rétablissement rapide grâce à tous hommes et femmes remarquables qui ont travaillé si durement. Mais tant reste à faire», a tweeté de son côté vendredi Donald Trump.

Le président se rendra une seconde fois sur place samedi, cette fois pour rencontrer des victimes de Harvey. La Maison-Blanche a demandé jeudi au Congrès de débloquer des fonds d'urgence.

À Lake Charles, une ville de Louisiane, le maire a comptabilisé entre 100 et 200 maisons affectées par les inondations. La plupart des sinistrés hébergés sur place étaient texans, et leur nombre a chuté à environ 300.

«Dans la ville de Lake Charles, nous passons d'une phase de sauvetage post-catastrophe à une phase de redressement. On essaie de faire revenir ces personnes chez elles», expliquait à l'AFP Nic Hunter, le maire de la municipalité.

Rétrogradée en tempête tropicale, Harvey a jusqu'à présent fait au moins 42 morts, mais le bilan pourrait s'élever, les secouristes craignant de découvrir de nouvelles victimes.

Le retour à la normale prendra des années, a averti vendredi Greg Abbott, le gouverneur républicain du Texas.

«Il va s'agir d'un énorme, énorme processus de nettoyage», a-t-il prévenu. «Les gens doivent comprendre que ce n'est pas un projet à court terme. Cela va être un programme sur des années pour que le Texas puisse émerger de cette catastrophe», a ajouté l'élu.

Irma, nouvel ouragan

Les dégâts matériels pourraient atteindre entre 30 et 100 milliards de dollars et, selon la Maison-Blanche, 100 000 foyers ont été touchés par la catastrophe.

Un hôpital dans le sud-est du Texas, dans la ville de Beaumont, a été le théâtre jeudi d'un ballet d'hélicoptères auxquels se sont joints les Black Hawks de l'armée pour prendre en charge les plus fragiles des quelque 200 patients de l'établissement, les autres étant évacués par voie terrestre.

Ces opérations se poursuivaient vendredi, avec le transport aérien d'une dizaine de bébés prématurés.

L'eau potable a été coupée dans la ville en raison de la défaillance du système de pompage et de nombreuses routes sont encore coupées ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans toutes les zones encore inondées du Texas et de la Louisiane, pompiers et policiers procédaient à un harassant porte-à-porte à la recherche de personnes oubliées.

Et un nouveau motif d'inquiétude se profilait dans l'horizon lointain, avec la présence dans l'Atlantique d'un nouvel ouragan, Irma, se dirigeant vers les Caraïbes.

Avec des vents de 175 km/h, Irma devrait «conserver sa force durant plusieurs jours», a estimé l'agence américaine spécialisée dans le suivi des ouragans.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer