Après un déraillement, New York promet de rénover son métro

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Des citoyens réclamant un métro plus sécuritaire manifestent devant le bureau du gouverneur de New York.

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Catherine TRIOMPHE
Agence France-Presse
New York

Pannes en série, trains bondés et un déraillement qui aurait pu être gravissime: le gouverneur de New York a présenté jeudi un plan d'urgence pour moderniser le métro de la capitale économique américaine face au mécontentement croissant de ses millions d'usagers.

Rallonge budgétaire d'urgence d'un milliard de dollars, réorganisation de l'agence des transports en commun new-yorkais, la MTA, appel à propositions par-delà les frontières: le gouverneur démocrate Andrew Cuomo, qui se veut le champion de la rénovation des infrastructures de transport, a promis de mettre le paquet pour porter le vieux métro new-yorkais, l'un des plus chargés au monde, au niveau des grands réseaux asiatiques ou européens.

«Nous savons que des décennies de sous-investissement, de report de maintenance et de modernisation ont causé le problème. Il est aggravé aujourd'hui par une poussée du trafic passagers», qui atteint «quelque 6 millions de passagers par jour contre 4 millions dans les années 90», a résumé Cuomo, lors d'une conférence sur les transports en commun à Manhattan.

«Les retards rendent fous les New-Yorkais. Ils sont furieux du manque de communication, de fiabilité et maintenant des accidents», a reconnu le gouverneur, en place depuis 2011 et régulièrement critiqué sur les réseaux sociaux pour les défaillances du système, placé sous sa responsabilité.

Le déraillement d'une rame mardi matin à l'approche d'une station de Harlem l'aura peut-être poussé à agir: si l'accident n'a fait qu'une trentaine de blessés légers, il a causé la panique de nombreux voyageurs, bloqués parfois plus d'une heure dans un tunnel enfumé. Et les critiques dénonçant l'inefficacité du gouverneur sur ce dossier ont décuplé depuis.

De fait, tout le monde reconnaît que le métro new-yorkais, qui tourne 24/24 avec ses 422 stations, est loin de correspondre à l'image de modernité dont se targue la première métropole américaine.

Quais sombres et sales, équipements vêtustes, trains régulièrement bondés, retards ultra-fréquents, les déplacements dans le métro new-yorkais sont rarement une partie de plaisir.

Inauguré en 1904, «le système tourne encore aujourd'hui sur un concept développé à la fin des années 1800», a souligné le nouveau patron de la MTA, Joseph Lhota, lors de cette conférence.

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Des employés du métro sur le lieu du déraillement de mardi.

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Une signalisation datant d'avant 1937

L'inauguration en grande pompe, le 1er janvier dernier, de trois nouvelles stations dans le quartier de l'Upper East side n'a pas changé les choses.

Même s'il s'agissait de la plus grande extension du métro depuis 50 ans, le nouveau tronçon ne représente qu'une fraction d'une nouvelle ligne dont les New Yorkais entendent parler depuis...1929.

«Depuis trop longtemps, nous nous sommes concentrés sur la maintenance des infrastructures d'hier», a souligné Lhota. «Nous devons regarder toutes les technologies utilisées à travers le monde», «prendre les meilleures idées et les meilleures personnes dans le monde et les faire venir ici».

New York pourrait notamment aller chercher des idées en Asie: «vous avez des pays qui construisent des systèmes de métro entiers en quelques années», a fait valoir, sans pour autant citer aucun pays, le gouverneur, alors que des experts des réseaux asiatiques et européens se trouvaient dans la salle.

Pour redresser la situation et redorer son blason, le gouverneur compte clairement sur Lhota, nommé la semaine dernière.

Le gestionnaire, candidat malheureux à la mairie de New York en 2013, avait déjà dirigé la MTA de 2011 à 2013. Il a laissé un bon souvenir, après avoir notamment réussi à rouvrir le métro quelques jours après qu'il eut été partiellement inondé par l'ouragan dévastateur Sandy de 2012.

Cuomo a donné 30 jours à Lhota pour présenter un plan de réorganisation de la MTA, une société de 72 000 agents minée par «la bureaucratie», selon le gouverneur. Et 60 jours pour revoir le plan de 32 milliards de dollars d'investissements qui court jusqu'en 2019.

Les priorités, selon Cuomo: accélérer le renouvellement des rames, dont plus de 10% ont plus de 40 ans; un nouveau système de signalisation, dont l'actuel date pour l'essentiel d'avant 1937; et le réseau électrique, dont les défaillances sont à l'origine de nombreuses pannes et retards.

Il en va de la vitalité de la capitale financière américaine et ses 8,5 millions d'habitants, a souligné M. Lhota. «Le système est trop important pour le moteur économique que sont New York et sa région pour qu'on continue à faire du sur-place».




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