Les démocrates toujours pas remis de la défaite d'Hillary Clinton

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Hillary Clinton est apparue émue lors de son discours post-défaite, dans une la bondée d'un hôtel de Manhattan.

Photo Andrew Harnik, archives Associated Press

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Michael Mathes
Agence France-Presse
Washington

Plus de six mois après le choc de la victoire de Donald Trump à la présidentielle, les démocrates américains peinent à rebondir et à ébaucher un nouveau message en vue des prochaines élections législatives, en novembre 2018.

La bataille pour la reconquête passe tant par une refonte idéologique que par la distribution, l'une des chefs historiques du parti, Nancy Pelosi, étant ardemment critiquée, mais nullement disposée à laisser sa place.

Depuis janvier, les démocrates ont perdu les quatre élections législatives partielles au Congrès qui se sont tenues dans le pays. Certes, elles se sont déroulées dans des bastions républicains, mais l'état-major espérait que l'impopularité du président américain fasse basculer au moins une circonscription.

«Ils pansent encore leurs plaies», constate Kerwin Swint, professeur de sciences politiques à l'Université Kennesaw en Géorgie.

Ces campagnes ratées soulignent le problème central du parti : il n'a pas de message clair. Faut-il incarner une opposition totale à Donald Trump? Ou faire ce qu'Hillary Clinton n'a pas réussi, à savoir promouvoir un message économique qui réponde aux préoccupations de la classe moyenne et des travailleurs?

L'élection partielle en Géorgie, mardi, a montré les limites de la stratégie consistant à dénoncer les abus de pouvoir supposés ou le comportement du milliardaire républicain dans l'enquête sur la Russie à longueur de temps au Congrès et dans les médias.

«Les démocrates ne devraient pas constamment parler de lui, il faut qu'ils parlent d'emploi», estime le professeur Swint. «Ils ont besoin d'un message économique beaucoup mieux défini».

Pas si vite, prévient Zac Petkanas, un des anciens responsables de la communication d'Hillary Clinton. Selon lui, si la cote de popularité de Donald Trump, actuellement de 42 % selon Gallup, plongeait dans les prochains mois, «ce serait une faute professionnelle de ne pas faire campagne contre lui», déclare-t-il à l'AFP.

Bataille interne

L'objectif est le rendez-vous électoral de novembre 2018, quand toute la Chambre des représentants et le tiers du Sénat, actuellement aux mains des républicains, seront renouvelés. En général, le parti du président perd des sièges durant ces élections de mi-mandat. En 2010, deux ans après son élection, Barack Obama a perdu la majorité de la Chambre.

Les démocrates ont besoin de reprendre 24 sièges pour redevenir majoritaires. Or, selon l'un des responsables de la future campagne législative, Ben Ray Lujan, au moins 71 circonscriptions sont jugées plus favorables que les quatre où des élections ont eu lieu cette année.

L'issue de la réforme républicaine du système de santé, qui inclurait l'abolition partielle de la loi emblématique Obamacare de 2010, sera déterminante : les démocrates sont persuadés que les électeurs feront payer aux républicains d'avoir abrogé une loi qui, bon an mal an, est aujourd'hui acceptée par une majorité d'Américains.

«Tout dépendra de la cote de popularité de Trump l'an prochain, sachant que la loi sur la santé aura un grand impact sur le climat politique», abonde le professeur Swint.

Mais beaucoup de démocrates trépignent et n'entendent pas attendre passivement que le vent tourne.

Les critiques se concentrent sur Nancy Pelosi, la représentante de Californie de 77 ans qui dirige le groupe démocrate de la Chambre depuis 15 ans. Déjà contestée à l'automne par un tiers de son groupe, elle fait aujourd'hui face à de nouveaux appels à sa démission.

«Les gens à Washington ne se rendent pas compte de la toxicité de la marque démocrate dans une grande partie du pays», affirme Tim Ryan, un élu de l'Ohio qui la défie ouvertement.

La leader démocrate est-elle elle-même toxique? «Pour être honnête, oui, elle l'est dans certaines parties du pays», a répondu sur CNN le parlementaire, qui veut remettre les «cols bleus», ouvriers et employés non qualifiés, au coeur de la stratégie démocrate.

Signe que les débats internes s'annoncent virulents, Nancy Pelosi a répondu sèchement à ses challengers.

«Ma décision de rester ne dépend pas d'eux», a-t-elle lâché cette semaine.




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