Steve Scalise, un ultraconservateur partisan des armes à feu

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Michael Mathes
Agence France-Presse
Washington

Steve Scalise, représentant républicain blessé par balle mercredi matin au cours d'un entraînement de baseball près de Washington, est un conservateur irréductible anti-avortement, anti-immigration et farouche défenseur du port d'armes à feu.

Il est parvenu à surmonter de nombreux obstacles pour se hisser au poste de numéro trois de la Chambre des représentants, aux mains des républicains tout comme le Sénat.

Cet élu représentant de la Louisiane, âgé de 51 ans, a dû subir une intervention chirurgicale dans un hôpital de la capitale fédérale après avoir été blessé à une hanche par le tireur, un homme de 66 ans qui a succombé à ses blessures après un échange de tirs avec la police.

«Le représentant Scalise a été grièvement blessé et reste dans un état critique», a tweeté en début d'après-midi l'hôpital MedStar de Washington, sans autres précisions.

Son bureau l'avait décrit quelques heures plus tôt dans un «état stable». Il était conscient avant d'entrer en salle d'opération.

M. Scalise est considéré comme l'un des conservateurs les plus hauts placés au Congrès, au sein du parti républicain du président Donald Trump, un parlementaire sociable qui a dirigé un sous-groupe conservateur avant d'être désigné en août 2014 whip de la Chambre par ses pairs.

Le whip, incarné par le personnage Frank Underwood (Kevin Spacey) au début de la série House of Cards, est chargé de la discipline de parti.

Des appels à sa démission s'étaient élevés en 2014 après qu'il a admis s'être exprimé des années auparavant, en tant qu'élu local, devant une assemblée de personnes ayant des liens avec David Duke, ancien chef de l'organisation raciste Ku Klux Klan. Cette révélation avait compliqué les efforts du parti pour se distancer du spectre suprématiste.

Celui qui est entré au Congrès des États-Unis en 2008, après avoir siégé au Parlement de la Louisiane pendant douze ans, avait présenté des excuses et déclaré qu'il «s'agissait d'une erreur que je regrette».

Mais un sujet sur lequel il ne s'est jamais excusé est le contrôle des armes à feu. C'est un fervent supporteur de la puissante National Rifle Association (NRA) - premier lobby des armes américain - qui lui octroie l'excellente note «A», et il a voté à maintes reprises pour l'expansion des droits liés aux armes à feu.

Droit «sacré»

M. Scalise «continuera à lutter pour protéger le droit donné par le Second amendement à tout citoyen de détenir et de porter des armes», précise son site. Selon lui, ce droit constitutionnel est «incroyablement sacré».

Il a d'ailleurs déposé le mois dernier un projet de loi destiné à alléger les restrictions sur les ventes d'armes, afin d'en faciliter l'achat par les citoyens respectueux de la loi.

Il s'est, de manière répétée, opposé aux initiatives visant à renforcer la législation sur les armes à feu, prononçant par exemple un discours controversé à la tribune de la Chambre en avril 2013 dans lequel il critiquait les partisans d'une telle mesure. Il s'exprimait à peine quatre mois après l'assassinat par balles de 26 personnes, dont vingt jeunes enfants, dans une école de Newtown dans le Connecticut.

«Nous sommes tous choqués et attristés par les meurtres à Sandy Hook. Mais je pense que ce qui est également décevant, c'est que quand vous avez ces tragédies, malheureusement il y a des gens - des politiciens de Washington - qui essaient de tirer avantage de ces tragédies pour ensuite passer par derrière et tenter d'imposer leur programme», avait-il dit à l'époque.

Né à La Nouvelle-Orléans, il est diplômé de l'université d'État de Louisiane. Il a entamé sa carrière comme ingénieur informatique puis responsable marketing avant d'être élu en 1995 à la Chambre des représentants de son État natal, puis à son Sénat.

C'est en 2008 qu'il a pris la route de Washington, pour siéger au Congrès américain.

Il s'est rapidement démarqué sur les problématiques conservatrices et, pendant son troisième mandat, il a été élu président d'un groupe conservateur informel, la RSC, qui regroupe plus de 160 élus de son parti.

Ce groupe a joué un rôle crucial dans le débat sur le budget des États-Unis et les efforts pour réduire les dépenses publiques, mais il a souvent résisté à la direction du parti.

En novembre 2012, après avoir pris la présidence du RSC, il avait affirmé vouloir tirer la gouvernance républicaine «aussi à droite» que possible.

Il est marié et père de deux jeunes enfants. 




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