Trump et Merkel s'entendent «très bien», assure la Maison-Blanche

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Angela Merkel et Donald Trump au G7, vendredi à Taormine, en Sicile.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Le président américain Donald Trump et la chancelière allemande Angela Merkel s'entendent «très bien», a assuré mardi le porte-parole de la Maison-Blanche, à l'issue des sommets de l'OTAN et du G7 -sources de vives tensions entre les deux dirigeants.

«Je pense que le président décrirait sa relation avec Mme Merkel comme assez incroyable», a déclaré Sean Spicer. «Il s'entendent très bien, il a du respect pour elle».

«Il voit non seulement l'Allemagne mais aussi le reste de l'Europe comme un allié de l'Amérique», a-t-il encore dit.

À l'issue des sommets de l'OTAN (Bruxelles) et du G7 (Taormina), où le président américain a fait cavalier seul, en particulier sur la question du climat, la chancelière allemande a changé de ton sur la politique du nouveau locataire de la Maison-Blanche, qu'elle n'a pas cependant pas cité directement.

«L'époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. C'est mon expérience de ces derniers jours», a-t-elle lancé dimanche lors d'une réunion à Munich, dans le sud de l'Allemagne. «Nous, Européens, devons prendre notre destin en main», a-t-elle ajouté.

Le président américain a vivement réagi mardi matin sur Twitter, insistant sur l'«ÉNORME déficit commercial» des États-Unis avec l'Allemagne et dénonçant le non-respect de ses engagements financiers envers l'OTAN. «Très mauvais pour les É.-U.. Ça va changer», a-t-il lancé.

Une heure plus tôt, Angela Merkel, connue pour choisir ses mots avec attention, avait jugé «extrêmement important» que l'Europe devienne un «acteur qui s'engage à l'international» notamment en raison de l'évolution de la politique américaine. Dimanche, elle avait lancé sa première salve affirmant que l'époque où «nous pouvions compter les uns sur les autres» était «quasiment révolue».

Lundi, son ministre des Affaires étrangères, le social-démocrate Sigmar Gabriel, Gabriel était allé plus loin, accusant le président américain d'avoir «affaibli» l'Occident, que ce soit en raison de ses tergiversations sur le climat ou des dizaines de milliards de dollars de contrats d'armement à l'Arabie Saoudite, pays très critiqué pour son bilan en matière de droits de l'Homme.

Il faut remonter à 2003 pour trouver des tensions aussi fortes entre Washington et Berlin, lorsque le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schroeder avait marqué son opposition à la guerre en Irak lancé par l'administration de George W. Bush.

Le sujet fait en tout cas l'unanimité en Allemagne. Le concurrent de la chancelière aux élections de septembre, l'ex-président du Parlement européen Martin Schulz, a défendu sa rivale, accusant M. Trump de tabler «sur l'isolationnisme et le droit du plus fort» pour imposer ses vues.

Mme Merkel, comme d'autres dirigeants européens, ont par le passé insisté sur la nécessité pour l'UE de s'affirmer sur la scène internationale pour mieux défendre ses intérêts. Mais jusqu'ici, la mise en place d'une action diplomatique européenne a achoppé sur les réticences des Etats-Membres à abandonner des pans de souveraineté dans ce domaine régalien.

Rendez-vous à Hambourg en juillet

Ces tensions ne sont pas nouvelles. Avant et après son élection, le magnat de l'immobilier ne s'était pas privé d'attaquer l'Allemagne, menaçant en particulier d'instaurer des taxes douanières en représailles face aux excédents commerciaux allemands.

Mais la nouvelle posture de la chancelière allemande depuis le sommet du G7 de Taormina a marqué un tournant.

Dans un contraste saisissant avec d'autres dirigeants européens - notamment le président français Emmanuel Macron, qui a décrit Donald Trump comme «quelqu'un d'ouvert», qui a «la volonté de progresser avec nous» - Angela Merkel a déploré des discussions pas «du tout satisfaisantes» ayant abouti à un «six contre un».

Reste à déterminer quelles seront les conséquences concrètes de cette escalade verbale sur les relations entre les deux géants économiques.

Peu avant le tweet matinal de Donald Trump, la ministre allemande de l'Économie, Brigitte Zypries, s'était efforcée de minimiser l'importance des propos présidentiels sur le sujet de l'excédent commercial allemand.

«Je fais une différence entre le président américain Trump et ceux qui ont aussi leur mot à dire aux États-Unis, comme les ministres, les gouverneurs et le Congrès», avait-elle lancé sur la radio publique NDR.

«Les entreprises allemandes veulent continuer à investir aux États-Unis et à y créer des emplois», avait-elle ajouté, soulignant que les États-Unis n'avaient aucune raison de craindre que les entreprises allemandes détruisent des emplois dans le pays.

Donald Trump et Angela Merkel ont d'ores et déjà une nouvelle rencontre en vue: elle aura lieu lors du sommet du G20, début juillet, à Hambourg.

Le moindre de leurs faits et gestes y sera alors scruté, comme un indicateur précieux de l'état de relations transatlantiques.




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