Le chef du FBI se défend d'avoir influencé la présidentielle américaine

Le directeur du FBI, James Comey.... (PHOTO ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

Le directeur du FBI, James Comey.

PHOTO ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Anne Renaut
Agence France-Presse
Washington

Le patron du FBI a défendu mercredi sa décision de rouvrir une enquête sur Hillary Clinton à quelques jours de la présidentielle américaine, même s'il s'est dit «malade» à l'idée que cela ait pu influencer l'élection.

James Comey a préféré pointer du doigt le site WikiLeaks, devenu le «relais» de la Russie, accusée par les agences américaines de renseignement d'ingérence dans cette campagne et représentant «la plus grave menace» pour les États-Unis, selon lui.

> Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

À moins de deux semaines du scrutin, la police fédérale avait rouvert une enquête sur les courriels privés d'Hillary Clinton après la découverte, fin octobre, de nouveaux messages de l'ancienne secrétaire d'État sur l'ordinateur de l'ex-mari d'une collaboratrice de Mme Clinton, Anthony Weiner.

M. Comey a expliqué mercredi lors d'une audition au Sénat qu'il s'est alors trouvé face à dilemme: soit dissimuler cette découverte jusqu'après l'élection du 8 novembre, soit en informer les parlementaires.

«Parler n'était vraiment pas bien. Il y avait une élection dans 11 jours», a-t-il rappelé. Mais «la dissimulation aurait été catastrophique», selon lui.

«L'idée que nous avons pu avoir un impact sur l'élection me rend assez malade, mais honnêtement cela n'aurait pas changé la décision», a fait valoir le chef du FBI.

«Je prendrais la même décision»

Le 28 octobre, James Comey avait annoncé au Congrès que ses enquêteurs avaient trouvé de nouveaux messages de Mme Clinton justifiant une relance des investigations, closes au mois de juillet précédent.

Ce n'est que deux jours avant le scrutin que M. Comey annoncera n'avoir finalement rien trouvé qui justifierait une inculpation.

Mardi, l'ancienne candidate démocrate Hillary Clinton a accusé le directeur du FBI, le président russe Vladimir Poutine et WikiLeaks de lui avoir volé une victoire quasi acquise.

«Si l'élection avait eu lieu le 27 octobre, je serais votre présidente», a-t-elle dit.

James Comey a défendu sa décision mercredi. «J'ai pendant toute ma carrière suivi la tradition selon laquelle, si vous pouvez éviter toute action lors d'une campagne électorale qui pourrait avoir un impact (sur le scrutin, NDLR), vous l'évitez».

Mais «même avec le recul, (...) je prendrais la même décision», a-t-il conclu.

M. Comey s'en est pris cependant avec virulence au site WikiLeaks, accusé par les services américains d'avoir diffusé pendant la campagne des courriels du parti démocrate piratés par la Russie, qui ont contribué à discréditer la démocrate.

Alors que le FBI enquête actuellement sur une éventuelle «coordination» entre des proches de Donald Trump et des responsables russes pendant la campagne américaine, M. Comey a estimé que la Russie représentait «la plus grande menace d'un pays sur Terre, étant données ses intentions et ses capacités».

Les agences américaines de renseignement comme le FBI ont dénoncé début octobre «l'ingérence» de la Russie dans la présidentielle, par des piratages et une campagne de désinformation. Ce que Moscou a toujours nié.

WikiLeaks, «relais» de la Russie

En publiant des courriels du parti démocrate ou des méthodes de piratage de la CIA, WikiLeaks «devient simplement un relais des services russes de renseignement ou d'autres ennemis des États-Unis, diffusant des informations pour nuire aux États-Unis», a estimé M. Comey.

«Ca dépasse les bornes quand (WikiLeaks), qui voulait éduquer l'opinion, devient un site de renseignement version porno», a dénoncé M. Comey. «Nous sommes tous d'accord qu'il n'y a rien de «journalistique» dans ces agissements», a-t-il estimé.

Après ces fuites, le ministre américain de la Justice Jeff Sessions avait assuré que l'arrestation du fondateur de WikiLeaks Julian Assange était une «priorité» pour l'administration Trump.

Julian Assange, 45 ans, est réfugié à l'ambassade équatorienne à Londres depuis 2012, dans l'espoir d'échapper à un mandat d'arrêt européen pour un viol présumé en Suède qu'il nie.

Assange craint d'être extradé aux États-Unis, où il risque de lourdes peines pour la publication en 2010 de documents confidentiels militaires et diplomatiques.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer