Trump presse les républicains d'abroger Obamacare

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Un rejet de la réforme de la santé, qui a été l'une des principales promesses de la campagne présidentielle, serait un énorme échec personnel pour Donald Trump, qui a bâti une bonne partie de son image sur ses talents de négociateur.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Donald Trump a mis la pression une dernière fois sur les élus républicains avant un vote concernant sa réforme de la santé vendredi matin, n'étant toujours pas certain de faire passer la première grande loi de son mandat.

« Après 7 années d'une horrible Obamacare (des primes et un tiers payant qui flambent, de mauvais soins), voici la chance d'avoir un bon plan » santé, a lancé le président sur son média favori Twitter.

Il a mis tout son poids dans la balance, se rendant même personnellement au Congrès pour tenter de convaincre les républicains frondeurs pour qui la loi va, soit trop loin dans le démantèlement de la législation phare de l'ex-président Barack Obama soit pas assez, comme c'est le cas des ultraconservateurs du Freedom Caucus.

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Un rejet de ce qui a été l'une des principales promesses de la campagne présidentielle serait un énorme échec personnel pour Donald Trump, qui a bâti une bonne partie de son image sur ses talents de négociateur.

M. Trump a avancé l'argument de la lutte contre l'avortement pour essayer de convaincre le « Freedom Caucus » de se rallier à un texte dont ses membres estiment qu'il ne lâche pas assez la bride au marché.

« L'ironie c'est que le ''Freedom Caucus'' qui est très opposé à l'avortement et à Planned Parenthood [le planning familial, NDLR], permettra à P.P de continuer s'ils stoppent » cette loi, a encore tweeté le président.

Un vote de procédure se tient depuis 10 h à la Chambre des représentants avant le scrutin final prévu à 15 h 30.

Incertitude

Vendredi matin, un vote de procédure a été positif. Mais on ignorait si le texte recueillerait quelques heures plus tard une majorité des voix et si Donald Trump essuierait une cinglante défaite politique ou triompherait.

Le président, après d'innombrables réunions, a décidé jeudi soir de mettre fin aux négociations et lancé un ultimatum à son camp : approuvez la réforme, ou laissez Obamacare en place.

Le pari du milliardaire est que les républicains n'oseront pas faire échouer la première grande loi du mandat, et se fâcher avec lui.

Mais M. Trump, selon ses détracteurs, sous-estime l'impact réel de la réforme, qui va sabrer les aides publiques aux personnes qui n'ont pas d'assurance santé grâce à leur employeur et doivent financer elles-mêmes leur couverture.

Quelque 14 millions de personnes devraient sortir du système d'assurance maladie dès l'année prochaine, selon les prévisions. Les coûts individuels vont augmenter, et des services essentiels instaurés par Obamacare, tels que les urgences et les soins grossesse, ne seraient plus obligatoirement couverts. C'est l'inquiétude des républicains modérés.

De l'autre côté du parti, les ultras conservateurs du « Freedom Caucus » disent que le plan républicain n'est qu'une version édulcorée d'Obamacare et ne permettra pas de faire baisser les coûts.

Pour Nancy Pelosi, la chef de la minorité démocrate, forcer un vote sans être certain du résultat est une « erreur de débutant ».

« Il faut d'abord créer un consensus au sein de son groupe. Et quand on est prêt, on fixe une date et on vote », a expliqué la démocrate, ancienne présidente de la Chambre.

Trump responsable

La Chambre compte actuellement 430 élus, dont 193 démocrates et 237 républicains et le vote se fait à la majorité.

Donald Trump a investi un capital politique considérable dans la réforme, même s'il en a laissé la rédaction à Paul Ryan, le quadragénaire qui préside la Chambre depuis 2015.

Son ultimatum n'était pas du goût de certains parlementaires. Thomas Massie, qui votera non, s'est ainsi étonné que l'exécutif dicte au pouvoir législatif son ordre du jour. « Est-on en république ? »

Mais globalement, la trentaine d'élus du « Freedom Caucus » a pu négocier directement avec le président et beaucoup ont chanté ses louanges tout au long des pourparlers.

« Ce président a été plus impliqué qu'aucun autre président depuis que je suis devenu parlementaire il y a 15 ans », saluait jeudi Trent Franks, élu de l'Arizona, après une ultime réunion à la Maison-Blanche.

« Ce président a fait tout ce qu'il pouvait pour que tout le monde comprenne les conséquences de vote », a pour sa part assuré le ministre de la Santé, Tom Price, sur CNN vendredi.

Les démocrates, de leur côté, dénoncent une loi catastrophique qui se révélera coûteuse politiquement pour les républicains, une fois que les Américains en subiront les effets.

« Quoiqu'il arrive, c'est de leur responsabilité », a prévenu le parlementaire démocrate Joe Crowley sur CBS. « Toute conséquence négative sera de leur responsabilité ».

Selon un sondage Quinnipiac, 56 % des Américains s'opposent aujourd'hui au plan républicain, contre 17 % qui l'approuvent et 26 % d'indécis.

Si le texte était adopté vendredi, la chambre haute du Congrès, le Sénat, l'examinera la semaine prochaine. La majorité républicaine y est encore plus fragile, avec 52 sénateurs sur 100, et d'ores et déjà le texte actuel est assuré d'un échec. Il y aura donc de nouveaux amendements et de nouveaux marchandages.




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