Ultimes négociations avant le premier grand vote de l'ère Trump, sur la santé

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Donald Trump et son secrétaire à la Santé Tom Price ont rencontré des élus républicains au Capitole, mercredi.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Le suspense demeurait sur l'issue du vote de jeudi au Congrès pour abroger la loi sur la santé de Barack Obama, promesse de campagne emblématique de Donald Trump et premier grand test politique pour le président américain.

La Chambre des représentants, chambre basse du Congrès, doit voter jeudi sur un texte abrogeant et remplaçant «Obamacare», première grande réforme du mandat du 45e président des États-Unis, qui se targue d'être un négociateur hors pair.

Les opposants conservateurs assurent avoir assez de voix pour couler la proposition de loi, mais les chefs républicains continuaient leurs marchandages pour les convaincre de rester solidaires de la majorité.

«Personne ne connaît la réponse», a été forcé de constater Paul Ryan, président de la Chambre et architecte de la réforme, interrogé sur Fox News sur son pronostic pour jeudi.

«Nous gagnons des voix, et nous sommes très, très proches», a-t-il dit.

L'aile la plus conservatrice de la majorité républicaine estime le projet de réforme trop dispendieux pour l'État fédéral, tandis qu'une poignée de modérés s'inquiètent de la hausse prévue du coût de l'assurance maladie pour certaines populations, et de la perte de couverture de 14 millions d'Américains dès 2018, année des élections législatives.

«Il n'y a pas de plan B», a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer. «Il y a un plan A et un plan A. Nous allons y arriver».

Ce ton de défi cache la fébrilité de l'exécutif.

Un flot constant de parlementaires républicains a défilé depuis plusieurs jours à la Maison-Blanche. Près de 20 ont encore rencontré Donald Trump mercredi matin, dont plusieurs appartiennent au «Freedom Caucus», ce groupe de conservateurs intransigeants, héritiers du Tea Party de 2010.

La minorité démocrate (193 élus) est totalement opposée au détricotage de la législation phare de la présidence Obama, ce qui force les chefs républicains à limiter les défections au sein de leur groupe à une vingtaine seulement, sur 237 représentants.

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Paul Ryan défend son projet de loi en entrevue à la télévision, mercredi.

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Maigre bilan 

Les frondeurs du Freedom Caucus ont qualifié le plan républicain d'«Obamacare Light» car il maintiendrait des crédits d'impôts pour aider les Américains à payer leur assurance maladie, alors qu'ils auraient voulu désengager l'État fédéral encore plus.

Pour essayer de gagner leur soutien, les chefs républicains ont amendé leur texte cette semaine. Ils ont par exemple ajouté une clause obligeant les bénéficiaires du programme public de couverture santé Medicaid, destiné aux plus pauvres, à justifier d'une activité.

Mais plusieurs membres du Freedom Caucus assuraient mercredi qu'ils avaient suffisamment de voix pour torpiller le texte, et demandaient le report du vote.

En coulisses, les équipes de Paul Ryan comptent et recomptent leurs troupes. Le «speaker» a assuré que Donald Trump avait réussi à ramener dans le giron majoritaire pas moins de 10 élus.

Mais tout se jouera à quelques voix près.

Les optimistes croyaient possible que certains réfractaires se sacrifient in fine et votent «oui» au dernier moment, pour épargner au parti une humiliation majeure.

L'épreuve de jeudi est d'autant plus importante que le bilan de Donald Trump, depuis son arrivée à la Maison-Blanche le 20 janvier, est mince.

Les deux versions successives de son décret fermant les frontières aux ressortissants de certains pays musulmans et aux réfugiés ont été suspendues par la justice. Jusqu'à présent, il n'a promulgué que quelques abrogations de réglementations de l'ère Obama, et une loi consensuelle sur la Nasa.

Outre les multiples réunions à la Maison-Blanche, le milliardaire s'est rendu lui-même au Capitole mardi pour adresser un message d'avertissement: en cas d'échec, les électeurs sanctionneront les républicains et pourraient faire basculer le Congrès du côté démocrate aux législatives de mi-mandat, en novembre 2018.

M. Trump a aussi sous-entendu qu'il pourrait s'en prendre personnellement aux élus qui le défieraient, promettant à Mark Meadows, le président du Freedom Caucus: «Oh Mark, je ne te laisserai pas tranquille...»

S'il l'emporte jeudi, une phase encore plus délicate s'ouvrira au Sénat la semaine prochaine, où le texte est sous sa forme actuelle assuré d'une défaite, et sera amendé. Là encore, Donald Trump devra prouver sa capacité à «conclure l'affaire», selon sa formule favorite.




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