Ben Carson associe esclaves et immigrés

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Ben Carson s'exprime devant ses employés à Washington, lundi.

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Agence France-Presse
Washington

Le Secrétaire au Logement et au Développement urbain des États-Unis, Ben Carson, a déclenché un tollé en affirmant que les esclaves étaient des immigrés qui avaient aussi «un rêve» américain.

«C'est ça l'Amérique: une terre de rêves et d'opportunités», a déclaré M. Carson lors d'un discours devant les fonctionnaires de son département, le jour de l'adoption par l'administration Trump d'un nouveau décret migratoire.

«Il y a eu d'autres immigrés qui sont venus ici au fond des navires négriers, qui ont même travaillé plus longtemps et plus dur et pour moins», a ajouté M. Carson.

«Mais eux avaient aussi le rêve qu'un jour leurs fils, leurs filles, leurs petits-fils, leurs petites-filles, leurs arrière-petits-fils, leurs arrière-petites-filles puissent trouver la richesse et le bonheur sur cette terre», a-t-il conclu.

«Des immigrés???», s'est demandé aussitôt sur Twitter la grande organisation de défense des droits des Noirs, la NAACP.

Ces remarques sont «tragiques, choquantes et inacceptables», a estimé pour sa part le Anne Frank Center USA, qui fait vivre la mémoire de la jeune fille juive, morte en déportation.

«Non, monsieur Carson, les esclaves n'ont pas immigré en Amérique. Ils ont été amenés ici violemment, contre leur volonté, et ont vécu ici privés de liberté», a poursuivie le centre.

Pour le département du Logement, les très nombreuses réactions outrées et les condamnations dans les médias américains relèvent de «la plus cynique interprétation» des propos du secrétaire.

«Personne ne croit sincèrement qu'il met au même niveau immigration et servitude involontaire», a justifié le département.

Le Dr Ben Carson, ancien rival malheureux de Donald Trump aux primaires du parti républicain, n'en est pas à sa première déclaration outrancière.

En 2013, il avait affirmé que la réforme du système de santé Obamacare était «la pire chose qui soit arrivée à ce pays depuis l'esclavage». «Et c'est, d'une certaine façon, de l'esclavage, car cela nous asservit tous à l'État», avait-il ajouté.




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