Torture: les propos de Trump «glacent le sang» d'un expert de l'ONU

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Au lendemain des attentats du 11-Septembre, un système permettant aux autorités américaines de capturer, d'emprisonner et, parfois, de torturer tout individu soupçonné d'appartenir à Al-Qaïda a été mis en place. Sur notre photo, un détenu de la prison Guantanamo est escorté jusqu'à sa cellule, en janvier 2002.

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Agence France-Presse
GENÈVE

Les déclarations de Donald Trump en faveur de la torture « glacent le sang » et posent un problème majeur vis-à-vis du respect du droit international, a indiqué vendredi le Rapporteur de l'ONU sur cette thématique, le Britannique Ben Emmerson.

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Le Rapporteur sur le droit international de l'ONU Ben Emmerson

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« Entendre le président Trump, les premiers jours après son investiture, chanter les vertus de la torture comme étant une arme dans la lutte contre le terrorisme et confirmer sa volonté personnelle d'autoriser l'usage de la torture si on le lui demandait, glace le sang », a déclaré M. Emmerson devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

« Cela montre un niveau ahurissant de manque de préparation pour gouverner », a-t-il ajouté, accusant le président américain de vouloir réintroduire la torture pour des raisons « populistes ».

M. Emmerson présentait son dernier rapport au Conseil, son mandat s'achevant en juin.

La simulation de noyade, méthode largement considérée comme de la torture, a été pratiquée par la CIA dans ses prisons secrètes contre les suspects de terrorisme pendant la présidence de George W. Bush (2001-2009).

Elle a été interdite par le président Barack Obama, mais Donald Trump s'est déclaré avant son élection favorable à son rétablissement, estimant que la « torture marche ».

Sur la chaîne de télévision ABC, il s'est dit en janvier convaincu de son efficacité. « Quand l'État islamique fait des choses que personne n'a faites depuis le moyen-âge, est-ce que je peux m'opposer à la simulation de noyade ? Il faut combattre le feu par le feu », avait-il dit.

Face à la levée de boucliers, Donald Trump a assuré qu'il suivrait l'avis de son ministre de la Défense et du chef de la CIA.

Lors du débat devant le Conseil des droits de l'homme jeudi, les États-Unis, par la voix d'Erin Barclay, du Secrétaire d'État, ont rappelé que « l'interdiction de la torture fait partie intégrante de notre Constitution ».

Mais pour M. Emmerson, les propos de Donald Trump ont « établi un précédent » : « C'est la première fois qu'un chef d'État démocratiquement élu défend la torture ».

« La déclaration [de Donald Trump] peu importe si elle est appliquée ou pas, porte atteinte à l'interdiction internationale de la torture et augmente le risque que des suspects soient torturés », a-t-il estimé, lors d'un point de presse.




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