L'affaire des contacts avec Moscou continue de gêner Trump

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Donald Trump a déclaré avoir une confiance «totale» en son procureur général, Jeff Sessions, lors d'un déplacement sur le porte-avions USS Gerald R. Ford en Virginie.

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Andrew BEATTY, Ivan Couronne
Agence France-Presse
Newport News

Le procureur général des États-Unis Jeff Sessions a tenté jeudi d'apaiser la tempête concernant les contacts supposés entre proches de Donald Trump et du Kremlin durant la campagne électorale de 2016, annonçant qu'il se récusait de toute enquête sur les ingérences russes.

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Ce fidèle du président républicain, dont il a inspiré la politique anti-immigration, a reconnu avoir rencontré l'ambassadeur russe aux États-Unis, Sergueï Kisliak, à deux reprises l'année dernière, en contradiction apparente avec des déclarations récentes, déclenchant de multiples appels à sa démission.

Donald Trump ne parvient pas à mettre un terme à cette affaire russe, qui l'a déjà conduit à se séparer de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, le 13 février.

Un nombre croissant de parlementaires de l'opposition démocrate mais aussi de la majorité républicaine appelaient à ce que «l'Attorney General» s'exclue de lui-même de l'enquête conduite par le FBI sur la campagne de piratage et de désinformation attribuée à Moscou.

L'existence de cette enquête, rapportée par de multiples journaux américains, n'a pas été confirmée officiellement.

Jeff Sessions a finalement cédé, annonçant sa décision lors d'une conférence de presse à Washington: «J'ai maintenant décidé de me récuser dans toute enquête en cours ou à venir qui concernerait la campagne présidentielle américaine», a-t-il déclaré.

Il a toutefois expliqué que c'était son rôle de sénateur de rencontrer des diplomates, et que les deux hommes avaient parlé de «choses normales», disant ne pas se souvenir si le sujet de l'élection avait été abordé.

Peu auparavant, le commandant en chef avait déclaré avoir une confiance «totale» en son procureur, lors d'un déplacement sur le porte-avions USS Gerald R. Ford, en Virginie. Tout en ajoutant qu'il «n'était pas au courant» de ces contacts avec le diplomate russe.

Cette affaire à tiroirs alimente les soupçons sur le rapprochement envisagé par le nouveau locataire de la Maison-Blanche avec Vladimir Poutine.

Des manifestants ont demandé la démission du procureur... (AFP) - image 2.0

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Des manifestants ont demandé la démission du procureur général, jeudi, à Washington.

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Procureur indépendant 

Sous l'administration Obama, Washington a accusé Moscou d'avoir mené en 2016 une campagne d'influence pour tenter de discréditer Hillary Clinton et aider son adversaire républicain.

Donald Trump a nié à plusieurs reprises toute collusion, bien que l'enquête ait mis en évidence des contacts entre des membres de son équipe et des proches du Kremlin, selon plusieurs médias.

L'ambassadeur Sergueï Kisliak semble avoir assidûment cherché à nouer des liens avec le premier cercle du républicain avant et après l'élection.

En attestent les rencontres avec Jeff Sessions en juillet et septembre, des coups de fil avec Michael Flynn en décembre, ainsi qu'une visite le même mois à la Trump Tower à New York, lors de laquelle il a également rencontré le gendre du président, Jared Kushner, selon le New Yorker - un rendez-vous confirmé par la Maison-Blanche.

À l'inverse, le Russe n'a rencontré aucun membre de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, a confirmé à l'AFP le porte-parole de celle-ci.

La récusation de Jeff Sessions ne suffira pas à l'opposition.

Les chefs démocrates ont appelé à sa démission, ainsi qu'à la nomination d'un procureur indépendant pour conduire des investigations sans influence politique, et faire toute la lumière sur les ingérences russes et d'éventuelles collusions politiques américaines.

La révélation des rencontres de Jeff Sessions et Sergueï Kisliak est venue du Washington Post mercredi soir.

Or M. Sessions avait déclaré devant le Sénat en janvier qu'il n'avait «pas eu de contacts avec les Russes», ce qui constitue pour les démocrates un mensonge, voire un parjure.

Le procureur général a expliqué jeudi qu'il avait été pris de court par la question.

Politiquement, ce nouvel épisode place Donald Trump sur la défensive, au moment où il veut engager un train de réformes.

Des membres de la majorité n'hésitent plus à demander, comme les démocrates, la nomination d'un procureur indépendant ou «spécial».

C'est un magistrat similaire qui avait été nommé sous la présidence de Bill Clinton pour enquêter sur l'affaire immobilière Whitewater. Ces investigations avaient donné naissance à l'affaire Monica Lewinsky et conduit à la mise en accusation du président démocrate par la Chambre des représentants en 1998.




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