Le réchauffement diplomatique entre Moscou et Washington en attente

Des photos du président russe Vladimir Poutine et... (Photo Dmitri Lovetsky, archives AP)

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Des photos du président russe Vladimir Poutine et de son homologue américain Donald Trump sont accrochées dans un kiosque de souvenirs de Saint-Petersbourg, en Russie.

Photo Dmitri Lovetsky, archives AP

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Paul HANDLEY
Agence France-Presse
WASHINGTON

Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche en promettant de réchauffer les relations avec Moscou après des années de tensions sous son prédécesseur Barack Obama. Mais un mois plus tard, le projet semble à l'arrêt.

Après n'avoir cessé de promettre un « accord » avec son homologue russe Vladimir Poutine, en laissant entendre que les relations avec l'OTAN et l'Union européenne allaient se dégrader, Donald Trump n'a pas encore planifié de rencontre avec le dirigeant russe.

Pendant ce temps-là, le vice-président Mike Pence et d'autres ministres se sont rendus en Europe pour rassurer les alliés de l'Amérique et leur dire que Washington n'allait pas les abandonner.

Si Donald Trump garde toujours à l'idée d'améliorer les relations avec Poutine, l'administration s'est clairement distancée de ce dessein en remplaçant le conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, un ami de la Russie, par le général H.R. McMaster, qui considère Moscou comme la principale menace pesant sur les intérêts américains et la stabilité mondiale.

En outre le Sénat devrait valider la semaine prochaine la nomination du sénateur Dan Coats comme directeur du renseignement (DNI), un autre sceptique vis-à-vis de Poutine qui coordonne le travail de 17 agences américaines.

« Il y a un changement majeur », affirme Bruce Jones, vice-président responsable des questions diplomatiques à la Brookings, un centre de réflexion. « Nous voyons une évolution vers une approche plus sensible à la menace que représente la Russie pour l'Europe et les États-Unis ».

Jake Sullivan, ancien conseiller à la sécurité nationale de l'ex-vice-président Joe Biden, estime que la politique de la Maison-Blanche n'est « pas encore réglée ». Mais l'arrivée du général McMaster « peut faire pencher la balance », admet-il.

Dissiper les craintes en Europe

Donald Trump exprime depuis longtemps son admiration pour Poutine et d'autres autocrates russes.

Mais son espoir de raviver les relations avec la Russie ont été douchées par plusieurs scandales qui ont alimenté des soupçons d'indulgence avec Moscou: les conclusions des agences américaines de renseignement sur l'interférence de Moscou dans la campagne présidentielle en vue de porter tort à Hillary Clinton, des liens présumés entre certains de ses proches de sa campagne avec le renseignement russe, et le renvoi de Michael Flynn pour avoir évoqué les sanctions contre la Russie dans des discussions avec l'ambassadeur russe à Washington.

Ce tournant est d'autant plus notable qu'il coïncide avec des efforts de la Maison-Blanche, ces deux dernières semaines, pour apaiser les alliés, nerveux, de l'Amérique en Europe, inquiets des intentions réelles des États-Unis à leur égard.

Le dirigeant républicain n'a cessé durant la campagne de critiquer l'OTAN, une organisation « obsolète » à ses yeux.

Mais Mike Pence a redit lors d'une conférence sur la sécurité à Munich, devant la chancelière allemande Angela Merkel, l'engagement « inébranlable » de l'administration américaine dans la relation transatlantique.

« Les États-Unis sont et seront toujours votre plus grand allié. [...] Nous serons inébranlables dans notre engagement envers l'Alliance atlantique », a-t-il déclaré.

Le chef du Pentagone James Mattis a lui aussi déclaré que l'OTAN restait « un socle fondamental » pour les États-Unis.

Trump peut téléphoner à Poutine

Pour autant, Donald Trump et son proche conseiller en stratégie Steve Bannon n'ont pas abandonné leur projet de reprendre contact avec Moscou.

Ils ont laissé entendre qu'ils étaient prêts à alléger certaines sanctions contre la Russie en échange d'une coopération sur d'autres sujets, comme par exemple la lutte contre le groupe État islamique (EI).

« Si nous pouvions nous entendre, ce serait une chose positive, et pas négative », a redit M. Trump lors d'une conférence de presse le 16 février. « Ce serait beaucoup plus facile pour moi d'être dur avec la Russie, mais alors nous n'allons pas conclure d'accord ».

S'appuyer sur des conseillers au positionnement anti-Russie pourrait paradoxalement permettre à Donald Trump de se retrouver en position de force vis-à-vis de Poutine.

Mais même avec l'entrée de faucons à la Maison-Blanche, « il n'y a pas encore de consensus au sein de l'administration », estime M. Sullivan. « Trump peut encore prendre parfois son téléphone avec Poutine et passer des accords ».




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