Obama met fin au régime spécial d'immigration pour les Cubains

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Barack Obama lors de son passage à La Havane, en mars dernier.

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Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Le président Barack Obama a annoncé jeudi, avec effet immédiat, la fin d'un dispositif en place depuis des décennies accordant un permis de séjour aux immigrants clandestins cubains arrivés sur le territoire américain.

Deux ans après le début du spectaculaire rapprochement entre Washington et La Havane, l'abrogation de ce régime spécial répond à une demande de longue date du régime communiste qui y voyait une incitation à l'exil de ses ressortissants.

Cette décision, prise à huit jours du départ de Barack Obama de la Maison-Blanche, est un moyen pour le président démocrate de cimenter un peu plus un rapprochement sur lequel son successeur républicain Donald Trump s'est montré réservé.

«Aujourd'hui, les Etats-Unis franchissent des étapes importantes pour normaliser les relations avec Cuba (...) en mettant fin à la politique connue sous le nom de «pieds secs, pieds mouillés» qui avait été mise en place il y a plus de 20 ans et avait été conçue pour une époque différente», a indiqué M. Obama dans un communiqué.

Cette démarche signifie que «nous traitons désormais les immigrants cubains de la même façon que les immigrants d'autres pays», a-t-il ajouté.

Désormais, les Cubains qui tentent d'entrer illégalement aux États-Unis et ne répondent pas aux critères d'assistance humanitaire «seront expulsés», a explicité la Maison-Blanche.

Cette mesure a été qualifiée d'étape «importante» par le gouvernement cubain.

«Au terme de près d'un an de négociations (...) cet engagement doit contribuer à la normalisation des relations migratoires, marquées depuis la victoire de la révolution (castriste en 1959) par l'application de politiques agressives par les administrations américaines successives, qui ont encouragé la violence, la migration clandestine et le trafic de personnes, provoquant de nombreuses morts d'innocents», a relevé La Havane dans un communiqué.

Dans le même temps, les autorités cubaines se sont engagées à accepter le retour de Cubains expulsés du territoire américain de la même manière qu'elles le faisaient jusqu'ici pour les personnes interceptées en mer.

La Maison-Blanche a justifié cette annonce surprise par la nécessité de discrétion dans les négociations.

«Les discussions étaient très délicates. Nous ne voulions pas provoquer un exode de masse depuis Cuba en anticipation d'un changement de politique», a expliqué Jeh Johnson, ministre de la Sécurité intérieure, lors d'une conférence téléphonique.

L'inconnue Trump sur le dégel 

Depuis une loi entrée en vigueur en 1966 en pleine Guerre froide, les émigrants cubains se voyaient offrir des facilités d'installation aux États-Unis avec la possibilité d'obtenir une résidence permanente au bout d'un an.

Après l'exode massif de la «crise des balseros» (de «balsas», les embarcations de fortune servant à prendre la mer) en 1994, les deux pays avaient conclu un accord migratoire prévoyant la délivrance par les États-Unis de 20 000 visas par an et le rapatriement à Cuba des immigrants illégaux interceptés en mer.

La combinaison de cet accord et de la loi migratoire a débouché sur la politique connue sous le nom de «pieds secs, pieds mouillés», selon laquelle les autorités acceptaient les immigrants qui touchaient terre et renvoyaient à Cuba ceux récupérés en mer.

Jusqu'à ce jour, une fois parvenus à un poste frontière américain, le processus ne prenait généralement que quelques heures avant que les migrants Cubains ne soient autorisés à entrer sur le territoire des États-Unis.

Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a laissé plané le doute sur la position qu'il entendait adopter sur le dossier cubain.

Fin novembre, l'homme d'affaires avait menacé d'un tweet de mettre fin au dégel si La Havane n'offrait pas davantage de contreparties sur les droits de l'homme ou sur l'économie de marché.

Le président élu a par ailleurs qualifié Fidel Castro, décédé le 25 novembre à 90 ans, de «dictateur brutal qui a opprimé son peuple pendant près de six décennies». Des propos qui tranchaient avec ceux de Barack Obama qui avait qualifié Fidel Castro de «figure singulière» dont «l'Histoire jugera de l'impact énorme».




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