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Le ministre de la Justice de Trump se défend d'être raciste

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Le sénateur Jeff Sessions, choisi pour occuper le poste de ministre de Justice (Attorney General) dans l'administration Trump, est assis, sa petite fille sur les genoux, en attendant le début de son audition de confirmation au Sénat, à Washington, le 10 janvier.

photo Andrew Harnik, Associated Press

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Ivan COURONNE, Sébastien BLANC
Agence France-Presse
WASHINGTON

L'homme choisi par Donald Trump pour diriger le ministère américain de la Justice, Jeff Sessions, a rejeté mardi de vieilles accusations de racisme, tout en tâchant de rassurer ceux qui craignent des dérives touchant les minorités et les libertés individuelles.

Le sénateur de l'Alabama s'est dit défavorable à une loi qui interdirait aux musulmans d'entrer aux États-Unis, et a admis que la technique d'interrogatoire en simulant la noyade, interdite sous la présidence de Barack Obama, était « absolument impropre et illégale », ainsi que toute forme de torture.

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Personnellement opposé au mariage homosexuel et à l'avortement, Jeff Sessions a cependant promis qu'il respecterait les décisions de la Cour suprême sur ces sujets.



Le sénateur conservateur de l'Alabama Jeff Sessions.... (photo Kevin Lamarque, REUTERS) - image 3.0

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Le sénateur conservateur de l'Alabama Jeff Sessions.

photo Kevin Lamarque, REUTERS

Sur Hillary Clinton, que Donald Trump avait un temps menacé de traîner devant les tribunaux en cas d'arrivée à la Maison-Blanche avant de changer d'avis après sa victoire, Jeff Sessions n'a ni promis ni écarté d'éventuelles poursuites dans l'affaire de ses courriels ou de sa fondation.

Mais « je pense qu'il serait convenable que je me récuse de tout dossier d'enquête impliquant la secrétaire Clinton », a déclaré le sénateur, cheveux blancs soigneusement coiffés sur le côté.

« Ce pays ne punit pas les rivaux politiques, ce pays fait en sorte que personne ne soit au-dessus des lois », a-t-il ajouté, en précisant qu'il n'avait jamais dit « Enfermez-la », un slogan scandé par les opposants de Mme Clinton durant les rassemblements de M. Trump.

Le ministre de la Justice, a aussi dit Jeff Sessions, « doit être capable de dire non au président s'il va trop loin ».

Le début de l'audition a été perturbé par... (photo Alex Brandon, Associated Press) - image 4.0

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Le début de l'audition a été perturbé par des manifestants du groupe Code Pink, et notamment par un homme déguisé en militant de l'organisation raciste Ku Klux Klan.

photo Alex Brandon, Associated Press

L'ombre du KKK

La séance sur la colline du Capitole se déroule de façon mouvementée, de multiples manifestants interrompant les échanges tout au long de l'audition, depuis les rangs du public dans la salle.

Des militants du groupe Code Pink, et notamment deux hommes déguisés en membres de l'organisation raciste Ku Klux Klan, ont ainsi été expulsés.

« Empêchez ces porcs fascistes de prendre le pouvoir ! » a crié une femme.

Jeff Sessions a été accusé en 1986 de propos racistes et d'avoir critiqué le travail d'associations de défense des droits civiques dans l'Alabama, un ex-État ségrégationniste, qualifiant la plus grande d'entre elles d'« anti-américaine ». Cela lui avait alors coûté sa nomination à un poste de juge fédéral.

L'opposition démocrate a abondamment rappelé, citations à l'appui, ces diverses affaires reprochées à l'ancien procureur.

Il s'agit d'« accusations infondées », a répliqué l'homme de 70 ans, l'âge de Donald Trump, en revenant en détail sur cette période et en dénonçant la « caricature » de 1986 qui lui colle à la peau. « J'ai en horreur le (Ku Klux) Klan, ce qu'il représente et son idéologie ».

Et il a d'emblée tenté de déminer le terrain sur la défense du droit de vote des minorités, notamment à travers le Sud où des restrictions ont été mises en place ces dernières années comme l'obligation de présenter une pièce d'identité.

« Je comprends profondément l'histoire des droits civiques et l'impact terrible que la discrimination incessante et systématique, ainsi que les restrictions sur le droit de vote, ont eu sur nos frères et soeurs afro-américains », a-t-il déclaré.

Des personnalités noires devaient témoigner plus tard pour attester que l'ancien procureur n'est pas raciste.

Conservateur pur et dur

Mais ce conservateur pur et dur, premier sénateur à s'être rallié à Donald Trump pendant les primaires, n'a pas adouci la ligne ferme qu'il entend appliquer sur de nombreux dossiers en tant qu'«Attorney general», poste clé de l'exécutif américain.

En plus des tribunaux, le ministère de la Justice supervise la police fédérale (FBI), le Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF), l'administration pénitentiaire, le United States Marshals Service (USMS), agence fédérale spécialisée dans la recherche des fugitifs.

L'audition du futur ministre, qui ne le deviendra qu'en emportant un vote majoritaire des sénateurs, sera bouclée mercredi. Elle est diffusée en direct mardi par plusieurs chaînes d'information.

Le sénateur Sessions a adopté un ton martial contre la délinquance et l'immigration clandestine, estimant que les régularisations « sapaient le respect de la loi et encourageaient de nouvelles arrivées illégales ».

Il a également répété qu'il n'était pas favorable à la fermeture de la prison de Guantánamo, « endroit sûr pour garder des prisonniers ».




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