Trump nomme son influent gendre haut conseiller

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Jared Kushner et sa femme Ivanka Trump, fille du futur président, à New York.

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Catherine TRIOMPHE
Agence France-Presse
New York

Alors que vont débuter ce mardi les auditions de confirmation des futurs «ministres» de son gouvernement, le président élu Donald Trump a nommé son gendre, Jared Kushner, haut conseiller à la Maison-Blanche, officialisant le rôle-clé joué par le riche mari de sa fille Ivanka.

Un communiqué a confirmé lundi soir cette nomination annoncée quelques heures plus tôt par les médias américains. Ces derniers spéculaient depuis des semaines sur le rôle que le jeune homme d'affaires, 36 ans ce mardi, aurait à la Maison-Blanche, tant son influence n'a cessé de croître ces derniers mois.

M. Kushner, qui a renoncé à tout salaire pour la durée de ce poste, «a été un atout formidable et un conseiller de confiance pendant toute la campagne et la période de transition et je suis fier de l'avoir dans un rôle clé de mon administration», a déclaré Donald Trump, qui participera mercredi à sa première conférence de presse depuis son élection.

Jared Kushner, qui n'avait aucune expérience politique avant de devenir le cerveau de la campagne de son beau-père, est le benjamin de la liste des personnes nommées par Donald Trump pour l'aider à diriger les États-Unis.

Lui qui a toujours travaillé dans l'ombre devra oeuvrer «en étroite collaboration» avec le très controversé Steve Bannon, conseiller en stratégie et figure de «l'alt-right» proche des nationalistes, et de Reince Priebus, secrétaire général de la Maison-Blanche.

«Ils passeront tous» 

Selon certains commentateurs, ce télégénique entrepreneur pourrait même être au-dessus de Bannon et Priebus : tout président a «une ou deux personnes auxquelles il fait intuitivement et structurellement confiance. Jared pourrait bien être cette personne», confiait ainsi récemment au magazine Forbes l'ex-secrétaire d'État Henry Kissinger, qui connaît bien Trump.

Si M. Kushner n'aura pas à passer sous les rudes questionnements du Congrès pour voir sa nomination validée, les membres de la future administration Trump devront eux obtenir le feu vert des congressistes, et notamment des sénateurs, qui commenceront leurs auditions ce mardi.

Parmi les premiers à être entendus figure Jeff Sessions, un républicain ultra-conservateur que Donald Trump veut nommer ministre de la Justice, ou encore l'ancien général John Kelly qui devrait diriger le département à la Sécurité intérieure. Rex Tillerson, le futur secrétaire d'État sera lui auditionné à partir de mercredi.

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Jeff Sessions

REUTERS

Lundi, Donald Trump s'est en tous cas montré confiant dans le fait que tous les membres choisis pour son cabinet seront confirmés à leur poste par le Sénat : «Je pense qu'ils passeront tous», a promis le président élu. 

Fidélité à toute épreuve 

La nomination de M. Kushner, riche président de l'entreprise immobilière Kushner Companies, risque d'alimenter les critiques sur la brochette des très fortunés conseillers qui entourent le prochain président, élu en partie sur la promesse de se faire le porte-parole des perdants de la mondialisation.

Elle pourrait aussi renforcer les soupçons de conflits d'intérêt et de népotisme.

Les avocats de M. Kushner estiment cependant que les lois fédérales anti-népotisme, qui interdisent aux responsables des agences fédérales d'engager des membres de leur famille, ne valent pas dans son cas car la Maison Blanche n'est pas une agence, selon le New York Times.

Quant aux conflits d'intérêt du jeune homme, une avocate recrutée par M. Kushner avait indiqué lundi dans un communiqué qu'il «quitterait ses fonctions» chez Kushner Companies, procéderait à des «désinvestissements substantiels» et resterait à l'écart des questions ayant «un effet direct et prévisible» sur ses intérêts financiers.

«M. Kushner est déterminé à se plier aux lois fédérales américaines en matière d'éthique et nous sommes en contact avec le Bureau fédéral sur l'éthique gouvernementale concernant les mesures à prendre», a ajouté l'avocate, Jamie Gorelick.

Avant d'épouser Ivanka en 2009, avec laquelle il a trois jeunes enfants, Jared Kushner avait, comme Donald Trump, hérité de son père d'un mini-empire immobilier, dans le New Jersey. Trump a démarré lui dans le Queens et à Brooklyn.

Pendant la campagne, M. Kushner a séduit son beau-père par une fidélité à toute épreuve. À l'été 2015, alors qu'un tweet aux relents antisémites circulait parmi les supporters de Trump, alarmant la communauté juive, Kushner, issu lui-même d'une famille juive orthodoxe proche des démocrates, assurait ainsi que Trump n'«est ni antisémite, ni raciste».

Kushner - qui, contrairement à Donald Trump, ne tweete jamais et laisse à sa femme Ivanka le soin de promouvoir leur très télégénique famille sur Instagram - s'est ensuite hissé au rang de chef d'orchestre en assurant avec succès la promotion du candidat républicain sur les réseaux sociaux.

Depuis l'élection, Kushner est devenu incontournable sur de nombreux dossiers : l'équipe de transition de Trump a ainsi demandé à l'administration Obama de passer par lui pour toute question de politique étrangère qui mériterait l'attention du nouveau président, selon les médias américains.

Donald Trump indiquait récemment que Kushner, à l'origine de son discours de campagne sur Israël, pourrait l'aider à «être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens».

Jared Kushner, dont beaucoup soulignent les talents d'entregent, pourrait aussi influer sur les relations volcaniques de Trump avec les médias : après avoir repris un hebdomadaire très lu de l'élite new-yorkaise, le New York Observer, il est devenu un intime du magnat australien Rupert Murdoch, patron notamment de l'influente chaîne conservatrice Fox News.




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