Donald Trump qualifie Meryl Streep d'actrice «surévaluée»

« Vous tous dans cette salle appartenez aux segments... (photo Paul Drinkwater, nbc/AP)

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« Vous tous dans cette salle appartenez aux segments les plus diabolisés de la société américaine en ce moment », a expliqué l'actrice qui a reçu le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière.

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Agence France-Presse
WASHINGTON et LOS ANGELES

Donald Trump s'en est pris lundi à Meryl Streep qui l'avait critiqué la veille à la cérémonie des Golden Globes, accusant l'actrice d'être le « larbin » de son ex-rivale démocrate à la présidentielle Hillary Clinton.

« Meryl Streep, une des actrices les plus surévaluées d'Hollywood, ne me connaît pas et m'a attaqué hier soir aux Golden Globes », a tweeté lundi à l'aube le président désigné des États-Unis. « C'est un larbin d'Hillary qui a perdu gros ».

L'actrice de 67 ans aux trois Oscars a notamment ironisé sur ce qui avait été pour elle la « performance » de l'année de M. Trump quand ce dernier avait imité, lors d'une réunion publique en novembre 2015, un journaliste du New York Times (Serge Kovaleski) qui souffre d'une maladie articulaire limitant les mouvements de ses bras.

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Pour Meryl Streep, ce genre de débordements « s'immisce dans la vie de tout le monde, parce que cela autorise d'autres à faire la même chose ».



« L'irrespect amène l'irrespect. La violence incite à la violence », a-t-elle dit. « Et quand les puissants se servent de leur rang pour brutaliser les autres, nous sommes tous perdants ».

Le futur président des États-Unis a rétorqué lundi sur Twitter qu'il ne s'était « jamais moqué d'un journaliste handicapé ».

« Pour la centième fois, je ne me suis jamais moqué d'un journaliste handicapé (je ne ferais jamais ça), mais j'ai montré comment il s'était "mis à plat ventre" quand il a changé entièrement une histoire d'il y a 16 ans écrite dans le but de me montrer sous un mauvais angle », a tweeté M. Trump.

« Des médias juste encore plus malhonnêtes ! », a-t-il ajouté.

Sa conseillère Kellyanne Conway a renchéri sur Fox News estimant que l'actrice « éveillait les pires instincts des gens », s'étonnant de ne pas l'avoir « entendue crier quand un garçon mentalement perturbé a été torturé en direct sur Facebook pendant une demi-heure par quatre jeunes adultes noirs qui criaient des insultes racistes et anti-Trump (...) ».

Après d'autres intervenants qui avaient aussi critiqué le président sésigné, Meryl Streep a lancé aux spectateurs assis dans la salle qu'ils appartenaient « aux segments les plus diabolisés de la société américaine en ce moment ».

L'actrice, qui a reçu dimanche le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière, a aussi évoqué les origines très diverses des autres actrices nommées aux Golden Globes.

Une référence très claire au discours abrasif de Donald Trump, qui s'en est très régulièrement pris aux médias, n'a jamais caché son mépris pour Hollywood et a notamment tenu des propos insultants vis-à-vis des Mexicains.

« Hollywood croule sous les gens venus d'ailleurs et les étrangers », a-t-elle poursuivi. « Si vous les mettez tous dehors, vous n'aurez plus rien à regarder que du football et des arts martiaux mixtes, qui ne sont pas de l'art ».

Cinéma et « murs »

« Il y a des gens du monde entier dans cette salle, de Chine, d'Amérique, d'Europe. N'attendez pas du cinéma qu'il dresse des murs et des frontières », a renchéri, un peu plus tard, l'actrice française Isabelle Huppert, prix de la meilleure actrice dans un rôle dramatique, dans un message direct au président désigné. Ce dernier a promis d'ériger un mur entre les États-Unis et le Mexique.

La première référence à l'homme d'affaires a été faite dans le registre de l'humour par Jimmy Fallon, le présentateur de la soirée.

Mentionnant le film de Stephen Frears Florence Foster Jenkins, qui évoque une très mauvaise chanteuse d'opéra, l'animateur de la chaîne NBC a expliqué que « même elle » avait refusé de se produire lors de la cérémonie d'investiture de Donald Trump, le 20 janvier.

L'équipe de transition du président désigné a en effet le plus grand mal à obtenir la présence de têtes d'affiche lors de cette grande cérémonie, alors que Barack Obama avait réuni un aréopage de vedettes lors de ses deux cérémonies d'investiture.

Les références se sont ensuite faites plus corrosives à mesure que la soirée avançait.

Récompensé pour son second rôle dans « The Night Manager », l'acteur britannique Hugh Laurie s'est dit honoré de faire partie des gagnants « des derniers Golden Globes de l'histoire ».

« Je ne veux pas être sombre. C'est juste qu'il y a les mots "Hollywood", "étranger" et "presse" dans le titre », a expliqué celui qui a longtemps incarné le « Dr House » de la série du même nom.

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