La dette d'Obama

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De 2009 à 2016, le Parti démocrate a perdu 1042 sièges de parlementaire ou postes de gouverneur, à Washington et dans les législatures d'État.

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(New York) Après son départ de la Maison-Blanche, George W. Bush a mis un point d'honneur à ne pas intervenir dans les débats politiques de son pays. Il s'est notamment gardé de critiquer son successeur, se contentant de défendre sa présidence dans des mémoires ou des conférences et de peindre des tableaux naïfs.

Barack Obama ne semble pas vouloir suivre cet exemple après le 20 janvier. Il faut dire qu'il n'est pas aussi impopulaire que son prédécesseur au moment de quitter le 1600 Pennsylvania Avenue. Bush récoltait alors 24% d'opinions favorables. À 58%, Obama se situe, à la fin de sa présidence, dans une zone de popularité supérieure, en compagnie des Bill Clinton (61%) et Ronald Reagan (63%), selon les données du Pew Research Center.

Mais le 44e président doit s'acquitter d'une lourde dette politique. Une dette envers son propre parti. Les démocrates peuvent se targuer d'avoir remporté le vote populaire dans six des sept dernières élections présidentielles. Mais ils ont été décimés au cours de l'ère Obama dans les deux chambres du Congrès et dans les législatures des États américains.

On peut parler d'hécatombe : de 2009 à 2016, le Parti démocrate a perdu 1042 sièges de parlementaire ou postes de gouverneur, à Washington et dans les législatures d'État. Après les élections du 8 novembre, les républicains ont désormais la mainmise complète non seulement sur les branches exécutive et législative à Washington, mais également dans la moitié des États américains.

Il s'agit d'un des aspects les plus frappants - et douloureux pour les démocrates - de l'héritage d'Obama, qui doit en porter une part de responsabilité importante.

Dès les élections de mi-mandat de 2010

L'hécatombe démocrate a commencé de façon spectaculaire lors des élections de mi-mandat de 2010. Porté par la colère du Tea Party à l'égard de l'Obamacare et des plans de sauvetage des secteurs financier et automobile, le Parti républicain a notamment reconquis la majorité à la Chambre des représentants en réalisant un gain net de 63 sièges, du jamais-vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd'hui, Obama se reproche de ne pas avoir consacré assez de temps à la promotion de ses politiques. Il pourrait évidemment se demander si ses politiques répondaient vraiment à l'insatisfaction économique de bon nombre d'Américains, qui ont préféré le message de Donald Trump à celui d'Hillary Clinton dans certains États-clés, dont l'Ohio, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin.

D'autres facteurs

Mais l'hécatombe démocrate tient à d'autres facteurs pour lesquels Obama ne peut être blâmé. L'un d'eux résulte de la plus faible participation de l'électorat démocrate - les jeunes et les minorités en particulier - aux élections de mi-mandat. Un autre découle du découpage des circonscriptions électorales qui favorise les républicains. Lors des élections de mi-mandat de 2014, par exemple, ils ont remporté 57% des sièges du Congrès avec 52% des voix.

Et c'est en contribuant à corriger cette situation que Barack Obama veut acquitter une partie de sa dette envers les démocrates. Avant même la victoire de Donald Trump, il avait annoncé son soutien à un nouveau groupe, le National Democratic Redistricting Committee, dont la mission consistera à renverser les gains républicains dans les législatures d'État et à la Chambre des représentants. Le 44e président s'est engagé à participer à des activités de collecte de fonds pour ce groupe et à faire campagne pour des candidats à des postes de gouverneur et de parlementaire à la Chambre des représentants et dans les législatures d'État.

Une priorité

Les élections de 2017 et de 2018 représentent une priorité pour Obama et le nouveau groupe démocrate, qui sera présidé par l'ancien ministre de la Justice Eric Holder. Ces élections éliront les gouverneurs et parlementaires qui approuveront dans chaque État les nouvelles circonscriptions électorales qui seront créées après le recensement américain de 2020. Or, si les démocrates ne parviennent pas à réaliser des gains dans les législatures d'État, ils risquent de continuer à être désavantagés pendant une autre décennie par un redécoupage partisan des circonscriptions électorales.

Barack Obama pourrait s'écarter d'une autre façon de l'exemple établi par George W. Bush après son départ de la Maison-Blanche. Il pourrait se permettre de critiquer son successeur. Peut-être pas au cours de la première année de Donald Trump à la Maison-Blanche, mais assurément dans les moments où «certaines questions fondamentales de [la] démocratie [américaine]» seront mises en cause, a-t-il précisé lors d'une baladodiffusion récente animée par son ancien conseiller David Axelrod.

«Vous savez, a-t-il ajouté, je suis encore un citoyen, et cela comporte des devoirs et des obligations.»

Mais l'acquittement de sa dette envers le Parti démocrate restera sans doute la plus importante de ses obligations au cours des prochaines années.

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