Élection américaine: une ingérence de Moscou «aux multiples facettes»

Le patron du renseignement américain James Clapper témoigne... (photo Jonathan Ernst, REUTERS)

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Le patron du renseignement américain James Clapper témoigne devant le Sénat, à Washington, le 5 janvier.

photo Jonathan Ernst, REUTERS

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Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le bras de fer se poursuit entre le renseignement américain et Donald Trump : les chefs-espions ont répété jeudi que la Russie avait mené une campagne « aux multiples facettes » pour interférer dans l'élection américaine, en dépit du scepticisme affiché par le président désigné.

Dans une audition très attendue devant le Sénat américain jeudi matin, le chef du renseignement américain James Clapper et le chef de l'Agence de sécurité nationale (NSA), l'amiral Michael Rogers, ont maintenu les accusations qui ont mené la Maison-Blanche à sanctionner la Russie notamment par l'expulsion de 35 diplomates.

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Mais ils n'ont pas fourni de nouveaux éléments susceptibles de prouver l'implication russe, par rapport aux documents rendus publics le 29 décembre, lorsque la Maison-Blanche avait annoncé ces sanctions.

James Clapper a souligné qu'il ne pouvait pas révéler plus d'informations, dans l'attente du rapport qu'a demandé le président Obama et qui doit être remis au Congrès dans les jours à venir.

Mais les services de renseignement maintiennent « que seuls les plus hauts responsables russes ont pu autoriser les vols et publications de données liées à l'élection américaine », ont indiqué MM. Clapper et Rogers.

Et la Russie ne s'est pas contentée d'orchestrer le piratage du Parti démocrate et la diffusion de ses courriels, elle a mené une « campagne aux multiples facettes » pour interférer dans l'élection présidentielle, a ajouté M. Clapper devant les sénateurs.

« Le piratage n'était qu'une part » de cette campagne, qui comprenait aussi « de la propagande classique, de la désinformation et des fausses nouvelles », a-t-il indiqué.

Et les tentatives d'ingérence ne s'arrêtent pas aux États-Unis, avec des tentatives pour « influencer l'opinion publique en Europe et en Eurasie ».

Les activités russes visent à « saper la confiance du public dans les institutions et la confiance dans l'information et les services », a-t-il dit.

Le directeur du renseignement américain, qui s'apprête à prendre sa retraite et n'aura donc pas affaire au nouveau président, a critiqué en termes voilés les propos de Donald Trump mettant en doute le diagnostic de ses services sur l'implication de Moscou.

« Il y a une différence entre sain scepticisme et médisance », a-t-il souligné, en réponse à une question d'un sénateur sur l'impact sur la communauté des espions américains des déclarations de Donald Trump.

Trump « admirateur » du renseignement

Jeudi matin, une heure avant le début de l'audition au Sénat, Donald Trump avait tenté d'arrondir un peu les angles avec les services de renseignement, accusant les médias de déformer ses déclarations : « Les médias mentent pour faire croire que je suis contre le renseignement, alors qu'en fait je suis un grand admirateur », avait-il tweeté.

En réponse, M. Rogers a noté qu'il était lui « un grand fan des sanctions contre les Russes ».

M. Trump, fervent partisan d'un rapprochement avec Moscou, doit être breffé vendredi par la CIA, le FBI et la direction du renseignement américain sur les éléments sur lesquels les espions américains se sont basés pour démontrer l'ingérence russe.

Le scepticisme de Donald Trump sur les services de renseignement l'a mis en porte à faux avec les élus républicains au Congrès.

John McCain, qui avait qualifié les ingérences russes « d'actes de guerre », a rendu hommage à James Clapper jeudi.

« Je n'ai aucun doute » que M. Clapper pilote l'examen de l'ingérence russe dans l'élection américaine « avec la même intégrité et le même professionnalisme » qu'il a montrés tout au long de sa longue carrière, a-t-il souligné.

Un porte-parole de Donald Trump a démenti jeudi que le président désigné envisageait une refonte des services de renseignement, visant notamment à réduire les pouvoirs du directeur national du renseignement, le poste occupé aujourd'hui par James Clapper.

La Russie n'est pas le seul État à mener des attaques informatiques contre les intérêts américains, la Chine, l'Iran, ou la Corée du Nord étant également accusés par exemple de mener ce genre d'actions.

M. Clapper a notamment souligné que la Chine continuait « à mener avec succès » des activités d'espionnage informatique contre des intérêts américains, même si les services de renseignement et les experts privés « ont observé une certaine réduction de l'activité » chinoise.

Les États-Unis avaient tapé du poing sur la table contre les activités de piratage chinoises, engageant en particulier en 2014 des poursuites judiciaires pour piratage informatique et espionnage économique contre cinq responsables militaires chinois.

Durant une visite d'État à Washington en septembre 2015, le président chinois Xi Jinping et Barack Obama avaient annoncé un accord de coopération entre Pékin et Washington pour lutter contre les cyberattaques.




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