Le «porno vengeur», fléau qui touche des millions d'Américains

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Le phénomène du «revenge porn» est devenu courant depuis 2014, quand des photos de l'actrice Jennifer Lawrence (photo) ou de la mannequin Kate Upton, nues, ont été publiées en ligne par un pirate informatique.

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Agence France-Presse
Washington

Ce peut être un amoureux éconduit qui se venge, ou un pirate informatique qui diffuse largement des photos volées de célébrités nues: le «porno vengeur» est un fléau qui touche des millions d'Américains et contre lequel les victimes sont souvent démunies.

Une étude publiée mardi montre que la diffusion en ligne, ou la menace de rendre publiques des photos dénudées ou à caractère sexuel sans le consentement des personnes concernées, touche un Américain sur 25.

Ce phénomène est devenu courant depuis 2014 quand des photos de l'actrice Jennifer Lawrence ou de la mannequin Kate Upton, nues, ont été publiées en ligne par un pirate informatique.

Pour l'auteure de l'étude, Amanda Lenhart, de l'institut de recherche Data & Society, ce fut le premier cas emblématique.

Parmi les 3002 Américains de plus de 15 ans interrogés, 2% ont vécu cette expérience pénible, des photos ou vidéos explicites d'eux-mêmes étant diffusés sans leur consentement, et beaucoup d'autres ont été menacés de voir de tels contenus rendus publics.

Au total, 4% des sondés ont été victimes de tels menaces ou agissements, ce qui proportionnellement correspondrait à 10,4 millions d'Américains.

«La pornographie non-consensuelle peut avoir des effets dévastateurs sur les victimes, il est donc capital de comprendre combien c'est fréquent et qui est touché», souligne Amanda Lenhart.

Dans plusieurs cas, cela a mené à des suicides.

Que les images soient volées par des pirates, diffusées par d'anciens partenaires, ou que les victimes soient photographiées ou filmées à leur insu, les plus touchés restent les jeunes âgés de 15 à 29 ans. Et les jeunes femmes sont les premières victimes: une sur dix âgée de moins de 30 ans a été la cible de porno vengeur.

«Il est important de voir que les hommes sont aussi victimes», note encore Mme Lenhart.

Les avocats de victimes aimeraient des lois punissant sévèrement ce fléau, mais les défenseurs des libertés civiles objectent que de telles mesures seraient contraires à la sacro-sainte liberté d'expression en Amérique.

Aux États-Unis, 30 Etats ont légiféré en la matière ces trois dernières années. Un Californien qui gérait des sites de porno vengeur a été condamné à 18 ans de prison en avril 2015, mais ce cas fait figure d'exception.

Une proposition de loi nationale a été déposée au Congrès mais n'a pas été votée.

Mme Lenhart relève que cette étude est la première à se pencher sur ce phénomène, qui a explosé notamment grâce aux réseaux sociaux et aux smartphones.

Les réseaux sociaux Twitter ou Reddit ont pris l'an dernier des mesures contre la pornographie non-consensuelle, de même que le géant Microsoft.




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