Le site controversé Breitbart pro-Trump déclare la «guerre» à Kellogg's

Kellogg's a annoncé la semaine dernière qu'elle ne permettrait... (photo john raoux, archives associated press)

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Kellogg's a annoncé la semaine dernière qu'elle ne permettrait plus que ses publicités soient diffusées sur le site de nouvelles controversé Breitbart.

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Le site de nouvelles Breitbart, qui a agi comme une caisse de résonance à la fois pour le candidat républicain Donald Trump et l'extrême droite durant la campagne présidentielle américaine, ne décolère pas contre Kellogg's et presse ses lecteurs de boycotter ses produits.

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Les dirigeants du site Breitbart, qui est accusé par ses détracteurs de manquer de rigueur et de relayer des propos sexistes et racistes, voire antisémites, affirment que Kellogg's adopte un comportement « antiaméricain » et « crache au visage » de ses lecteurs.

photo tirée du site de Breitbart

Comment le conflit a-t-il débuté ?

Kellogg's - qui commercialise des produits connus comme les Corn Flakes, les Pop Tarts et les Raisin Bran - a annoncé la semaine dernière qu'elle ne permettrait plus que ses publicités soient diffusées sur le site de nouvelles controversé. Une porte-parole, Kris Charles, a expliqué à des médias américains que l'entreprise avait récemment revu la liste des sites acceptables à ses yeux et avait décidé de retirer celui de Breitbart, parce qu'il « n'est pas en phase avec ses valeurs ». La firme n'a pas précisé à quelles valeurs elle faisait référence.

Comment les dirigeants de Breitbart ont-ils réagi ?

Ni plus ni moins qu'en déclarant la « guerre » à l'entreprise par l'entremise d'un appel au boycottage de ses produits et la publication d'une série d'articles critiques. Les dirigeants du site, qui est accusé par ses détracteurs de manquer de rigueur et de relayer des propos sexistes et racistes, voire antisémites, affirment que Kellogg's adopte un comportement « antiaméricain » et « crache au visage » de ses lecteurs. « Le fait de boycotter Breitbart parce que nous présentons des idées répandues dans la société américaine est un acte discriminatoire intensément préjudiciable », a écrit il y a quelques jours son éditeur, Alexander Marlow.

La réaction du site est-elle inusitée ?

Lee Wilkins, une spécialiste de l'éthique des médias rattachée à la Wayne State University, au Michigan, note qu'un média sérieux ne lancerait jamais une campagne de cette nature, puisqu'il est primordial de maintenir une séparation stricte entre la rédaction et le secteur publicitaire de l'entreprise. Breitbart, dit-elle, prétend faire du journalisme, mais « n'en fait pas » et accorde visiblement peu d'attention aux considérations éthiques de cette nature. L'approche adoptée envers Kellogg's, ajoute Mme Wilkins, risque par ailleurs de s'avérer dommageable pour les rentrées publicitaires du site, puisqu'elle envoie le message aux annonceurs que Breitbart et ses dirigeants « n'hésiteront pas à les harceler et les brutaliser en ligne » s'ils font quelque chose qu'ils n'aiment pas.

Quelles sont les réactions suscitées par l'appel au boycottage ?

Breitbart se targue d'avoir recueilli plus de 350 000 signatures en appui à sa campagne. Des lecteurs ont laissé des messages sur la page Facebook de Kellogg's pour indiquer qu'ils avaient vidé leurs armoires de tout produit de l'entreprise et n'en achèteraient plus à l'avenir. D'autres internautes ont plutôt salué le « courage » de la firme en la félicitant de résister à une « frange » radicale de la population qui serait à la fois bruyante et peu représentative. Le site a reçu une attention accrue durant la course présidentielle après que le candidat républicain Donald Trump eut recruté l'un de ses fondateurs, Stephen Bannon, comme directeur de campagne. Il l'a nommé conseiller spécial après le scrutin, ce qui a suscité une vive controverse en raison de ses affinités présumées avec l'extrême droite.

Pourquoi Kellogg's a-t-elle pris position sur Breibart à ce stade-ci ?

Au cours des dernières années, nombre d'entreprises américaines n'ont pas hésité à se montrer plus affirmatives publiquement afin de souligner leur attachement à la défense de droits fondamentaux. La polarisation politique découlant de la dernière campagne rend cependant l'exercice plus délicat, relève Leslie Gaines-Ross, spécialiste en relations publiques américaines, dans une entrevue au Washington Post. « Les entreprises sont dans le feu de l'action et vues comme des cibles politiques potentielles », indique-t-elle. Des opposants de Donald Trump ont d'ailleurs lancé une campagne ciblant plusieurs entreprises qui offrent des produits liés à sa famille afin de protester contre sa victoire.

L'impact des fausses nouvelles

La diffusion de fausses nouvelles et son impact sur la polarisation politique observée aux États-Unis font l'objet d'un intense débat depuis la victoire surprise de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine. La question a été soulevée de nouveau dimanche lorsque la police de Washington a annoncé l'arrestation d'un homme de 28 ans qui s'est présenté pour « enquêter », arme à la main, dans une pizzeria figurant au centre d'une théorie conspirationniste loufoque dite du « Pizzagate ». Selon la théorie en question, le restaurant était au coeur d'un réseau de pédophiles auquel était supposément associés la candidate démocrate Hillary Clinton et son directeur de campagne, John Podesta. Un porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a déclaré hier qu'il était « profondément troublant » qu'une fausse nouvelle puisse mener à un acte violent de ce type. L'incident survenu à Washington, qui n'a pas fait de victimes, témoigne de « l'effet corrosif » que ce type d'information fabriquée a pu avoir sur le débat politique dans le pays, a-t-il ajouté.




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