Le procès d'un policier ayant tué un Afro-Américain annulé

L'ex-agent de la police de North Charleston, Michael... (photo Grace Beahm, archives Post and Courier/AP)

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L'ex-agent de la police de North Charleston, Michael Slager, gesticule alors qu'il témoigne à son procès, à Charleston, le 29 novembre.

photo Grace Beahm, archives Post and Courier/AP

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Jason RYAN
Agence France-Presse
CHARLESTON

Le procès d'un ancien policier américain accusé d'avoir abattu un automobiliste noir non armé a été annulé lundi, les douze jurés n'étant pas parvenus à s'accorder sur le verdict dans cette affaire qui avait choqué l'opinion publique aux États-Unis et provoqué des manifestations.

Michael Slager, âgé de 34 ans, répondait du meurtre de Walter Scott, 50 ans, fauché dans le dos par les balles de l'agent en avril 2015 alors qu'il s'enfuyait en courant après une banale infraction au Code de la route.

«Je déclare l'annulation de ce procès», a dit Clifton Newman, le magistrat qui présidait l'audience à Charleston, en Caroline du Sud.

«Je tiens à vous remercier pour vos efforts courageux et votre travail difficile», a-t-il ajouté en s'adressant aux douze jurés, onze Blancs et un Noir, qui ont délibéré pendant plusieurs jours.

Vendredi, ils avaient fait savoir leur incapacité à s'accorder sur un verdict.

Les procès d'assises en Caroline du Sud exigent que les jurés parviennent à un consensus, faute de quoi le procès est annulé et l'accusé est rejugé ultérieurement par un autre jury. Le juge Newman avait refusé vendredi cette extrémité, optant pour renvoyer les jurés à leurs délibérations. Mais en vain.

«Nous jugerons à nouveau Michael Slager», a rapidement promis la procureure Scarlett Wilson, dans un communiqué cité par les médias américains, saluant «la grande dignité» de la famille Scott.

Un avocat de la famille, L. Chris Stewart, a toutefois déploré lors d'une conférence de presse «une occasion ratée de panser les nombreuses blessures dans ce pays».

«Policiers difficilement condamnés»

La mère de Walter Scott elle confié aux journalistes n'être «pas triste», consolée par ses convictions religieuses et la perspective d'un autre procès. «Je sais que justice sera rendue», a-t-elle déclaré lors de la même conférence. Le frère de la victime a appelé les éventuels manifestants à ne pas sombrer dans la violence.

Le jury pouvait décider d'acquitter Michael Slager ou de le déclarer coupable, soit de meurtre, un crime puni d'au moins 30 ans de prison, soit d'homicide volontaire commis sous l'emprise de l'émotion, un crime puni de deux à 30 ans de réclusion.

L'accusé a assuré lors des débats avoir agi en réaction à la peur qu'il aurait éprouvée lors de sa confrontation avec la victime.

Une vidéo filmée par un témoin avait montré Michael Slager abattre Walter Scott qui tentait de s'enfuir en courant. M. Slager avait tiré à huit reprises, touchant la victime cinq fois.

L'accusation lui a reproché d'avoir tenté de mettre en scène un scénario faisant croire qu'il avait agi en légitime défense. Le policier avait notamment déposé son pistolet à décharge électrique à côté de Walter Scott, sans savoir que la scène était filmée.

Michael Slager avait été arrêté et inculpé pour meurtre trois jours après son acte, puis renvoyé des forces de l'ordre, une sanction extrêmement rare aux États-Unis.

S'inscrivant dans une série de faits impliquant des policiers américains ayant apparemment fait un usage abusif de la force contre des Noirs, la mort de Walter Scott avait provoqué des manifestations, parfois violentes, dans tous les États-Unis.

«Nous savons tous qu'il est difficile que des policiers soient condamnés dans ce pays», a réagi lundi un autre avocat de la famille Scott, Justin Bamberg, se disant toutefois confiant dans le prochain procès. «Les policiers doivent savoir qu'ils ne peuvent pas faire ces choses et quand Michael Slager sera finalement condamné, ce message retentira haut et fort».

Aucune date n'a encore été fixée pour le prochain procès.

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Une vidéo filmée par un témoin avait montré Michael Slager abattre Walter Scott, qui tentait de s'enfuir en courant. M. Slager avait tiré à huit reprises, touchant la victime cinq fois.

L'accusation lui a reproché d'avoir tenté de mettre en scène un scénario faisant croire qu'il avait agi en légitime défense.

Michael Slager avait été arrêté et inculpé pour meurtre trois jours après son acte, puis renvoyé des forces de l'ordre, une sanction extrêmement rare aux États-Unis.

S'inscrivant dans une série de faits impliquant des policiers américains ayant fait un usage abusif de la force contre des membres de la communauté afro-américaine, la mort de Walter Scott avait provoqué des manifestations, parfois violentes, dans tous les États-Unis.




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