Levée de boucliers après un tweet de Trump contre les brûleurs de drapeau

La Cour suprême des États-Unis a estimé en... (ARCHIVES AP)

Agrandir

La Cour suprême des États-Unis a estimé en 1989 que brûler un drapeau américain était permis au nom de la liberté d'expression.

ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump s'est heurté mardi à une fin de non-recevoir d'une grande partie de la classe politique américaine, y compris dans son camp, après avoir suggéré la déchéance de nationalité ou la prison pour quiconque brûlerait le drapeau américain.

«Personne ne devrait avoir le droit de brûler le drapeau américain. Si certains le font, il doit y avoir des conséquences, peut-être la déchéance de nationalité ou la prison !», a lancé le prochain président des États-Unis tôt mardi matin sur Twitter, sans que l'on sache ce qui ait suscité cette prise de position.

> Réagissez sur le blogue de Richard Hétu

Interrogé sur cette prise de position lors de son point de presse quotidien, Josh Earnest, porte-parole de Barack Obama, a souligné que la liberté «de nous exprimer de la façon que nous choisissons» était protégée par la Constitution des États-Unis.

Soulignant qu'il existait un «fort consensus politique» à travers les États-Unis sur la nécessité de protéger ce droit, le porte-parole a souligné qu'il s'appliquait aussi au droit de «dire ce que vous voulez sur Twitter», relevant dans un sourire l'ironie de la situation.

Saisie de ce dossier, la Cour suprême des États-Unis a estimé en 1989 que brûler un drapeau américain était permis au nom de la liberté d'expression.

Dans un entretien accordé à CNN en 2012, Antonin Scalia, très conservateur juge de cette Cour, décédé depuis, avait expliqué combien il importait de faire la différence entre opinions personnelles et respect du droit sur un tel dossier.

«Brûler un drapeau est un symbole qui exprime une idée», avait-il insisté.

Quel que soit le projet exact de Donald Trump, la réaction fut sans équivoque chez ses alliés républicains du Congrès, bien que polie, dans un désir clair de couper court à toute polémique.

«Cette activité est protégée par le Premier amendement, c'est une forme de discours désagréable, mais dans ce pays nous avons une longue tradition de protection des discours désagréables», a dit le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell.

«Je n'aime pas l'idée que des gens brûlent le drapeau américain, mais je suis en faveur du Premier amendement», a aussi dit le chef des républicains de la chambre basse du Congrès, Kevin McCarthy.

Réagissant à cette nouvelle controverse, le constitutionnaliste expert du Premier amendement Abner Greene en est revenu à cette citation du juge de la Cour suprême William Brennan dans sa décision majoritaire Texas v. Johnson de 1989:  «Nous ne pouvons imaginer de réponse mieux appropriée au fait de brûler un drapeau que d'agiter le sien, de meilleur moyen de contrer le message d'un incendiaire de drapeau que saluer le drapeau qui brûle».

«Je lance un défi à M. Trump: à chaque fois que vous critiquerez quelqu'un pour brûler un drapeau en protestation politique, s'il vous plaît, critiquez quelqu'un pour avoir affiché une croix gammée», dit Abner Greene dans une interview à l'AFP.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer