Trump paye 25 millions pour échapper à un procès sur son «Université»

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Donald Trump en 2005 lors d'une conférence présentant la Trump University.

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Thomas URBAIN, Jérémy TORDJMAN
Agence France-Presse
NEW YORK

Donald Trump va verser 25 millions de dollars pour échapper à un procès pour fraude lié à sa défunte «Université Trump», marquant une volte-face du président élu qui avait promis de refuser tout compromis dans ce dossier.

«L'accord sur un compromis à 25 millions de dollars scelle un revirement spectaculaire de Donald Trump et une victoire pour les plus de 6000 victimes de son université frauduleuse», a salué vendredi le procureur de New York Eric Schneiderman, qui avait engagé des poursuites en 2010 parallèlement à des plaintes en action collectives déposées en Californie.

Outre les indemnités versées à ses anciens «étudiants», M. Trump devra s'acquitter d'une amende d'un million de dollars pour violation de la législation sur l'éducation.

Le futur président américain met ainsi fin à une affaire qui risquait d'empoisonner sa transition vers la Maison-Blanche. Un procès avait ainsi été fixé au 28 novembre en Californie pour cette affaire remontant à l'époque où il n'était qu'un magnat de l'immobilier et une star de télé-réalité.

«Même si nous n'avons aucun doute sur le fait que l'Université Trump aurait eu gain de cause au procès, le règlement de ces litiges permet au président élu de se dévouer entièrement aux importants problèmes de notre grande nation», a assuré la Trump Organization dans un communiqué.

C'est en 2004 que l'Université Trump avait vu le jour, promettant de révéler les secrets pour faire fortune dans l'immobilier, moyennant finances.

Six ans plus tard, cette structure à but lucratif qui ne délivrait pas de diplômes fermait ses portes sur fond de polémiques: plusieurs étudiants s'estiment floués, assurent n'avoir eu droit qu'à des séminaires onéreux et de piètre qualité et saisissent la justice.

«Dès le premier séminaire, je me suis rendu compte que c'était bidon, parce qu'ils essayaient de me vendre un autre programme pour 9000 dollars», confiait récemment à l'AFP l'un des plaignants, Robert Guillo. «Ce n'était pas une mauvaise formation, c'était une escroquerie!».

Selon des dépositions transmises à la justice, d'anciens employés avaient reconnu que la Trump Université était un «mensonge total» et que les formations étaient dispensées par des gens «non qualifiés qui se faisaient passer pour «des bras droits» de Donald Trump».

«Une escroquerie»

Ce dernier a toujours rejeté catégoriquement ces accusations en mettant en avant de nombreux témoignages d'anciens étudiants satisfaits de leur formation.

L'affaire prend toutefois une tout autre ampleur pendant la course à la Maison-Blanche. Pendant les primaires républicaines, les adversaires de Donald Trump s'en saisissent pour mettre en cause la probité du magnat de l'immobilier.

«Il essaye de faire au peuple américain ce qu'il a fait aux gens qui se sont inscrits à ces cours», avait ainsi affirmé un de ses rivaux, le sénateur Marco Rubio, sans succès.

Plus tard dans la campagne, sa rivale démocrate Hillary Clinton avait usé de la même stratégie en assurant que cette affaire démontrait que son adversaire républicain était «une escroquerie».

L'Université Trump avait également failli coûter cher au candidat Trump lorsqu'il avait mis en cause l'impartialité du juge fédéral californien responsable de l'affaire, Gonzalo Curiel, en raison de ses «origines mexicaines».

«Je construis un mur (entre le Mexique et les États-Unis). C'est un conflit d'intérêts» pour le juge, avait assuré M. Trump en juin, provoquant un tollé, qui ne lui a toutefois pas empêché de conquérir la Maison-Blanche.

Le compromis annoncé vendredi met en revanche à mal l'engagement maintes fois répété par le milliardaire de ne jamais conclure d'accord à l'amiable dans cette affaire.

«J'aurais pu conclure un accord à l'amiable plusieurs fois (...) mais je ne fais pas ça», avait-il ainsi clamé en mars, assurant attendre le procès avec impatience.

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