Tuerie de Charleston: le procès de Dylann Roof s'ouvre lundi

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Dylann Roof encourt la peine de mort pour la pire tuerie raciste de l'histoire récente de l'Amérique

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Agence France-Presse

En jugeant à partir de lundi Dylann Roof, qui a tué de sang-froid neuf paroissiens d'une église noire de Caroline du Sud, les États-Unis ouvrent le procès d'une haine aveugle renvoyant aux abominations de la ségrégation.

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La fusillade s'est produite dans l'église Emanuel African Methodist Episcopal de Charleston le 17 juin 2015.

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Le jeune homme de 22 ans aux yeux clairs, chevelure blonde et visage d'ange, encourt la peine de mort pour la pire tuerie raciste de l'histoire récente de l'Amérique.

La fusillade dont il doit répondre avait d'autant plus choqué l'opinion publique nationale et internationale qu'elle avait ensanglanté le 17 juin 2015 une église, et pas n'importe laquelle : un lieu symbole de la lutte des Afro-américains contre l'esclavage.

L'Emanuel African Methodist Episcopal Church rassemble la plus ancienne communauté noire de Charleston, ville historique de l'époque des plantations.

La détermination glaçante de Dylann Roof avait ajouté à l'effroi : paraissant à peine sorti de l'adolescence, il avait tranquillement prétendu participer à une séance d'étude de la Bible, avant d'ouvrir le feu sur les fidèles réunis.

« Je dois le faire. Vous violez nos femmes et vous vous emparez de notre pays. Vous devez partir », aurait-il prononcé en rechargeant son calibre 45.

Rapidement identifié sur des images de surveillance vidéo, ce solitaire glorifiant le nazisme et l'apartheid avait été arrêté le lendemain matin.

Le monde avait alors découvert avec effarement des photos du tueur présumé, plutôt maigrelet et aux cheveux coupés au bol.

Drapeau confédéré

D'autres clichés le montrent posant avec un drapeau américain en feu, ou brandissant au contraire celui des Confédérés, emblème historique récupéré par ceux qui continuent de professer la suprématie de la race blanche.

Pour Dylann Roof, la principale question qui se pose désormais est de savoir s'il sera condamné à la prison à vie ou à la peine capitale.

Lundi s'ouvre à Charleston son procès devant la justice fédérale, avec des débats qui devraient durer plusieurs semaines. L'État de Caroline du Sud le jugera aussi, lors d'un procès distinct prévu en janvier 2017. Chaque session sera requise la peine de mort.

« Cette décision s'impose étant donné la nature même des crimes reprochés et les dommages qui en ont résulté », avait justifié en mai la ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch.

« Pour la première fois, le gouvernement fédéral et le gouvernement d'un État demandent tous les deux, au même moment, la peine capitale », souligne pour l'AFP Robert Dunham, directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).

Cet expert relève une certaine « ironie » dans le fait que la peine de mort, historiquement appliquée de façon discriminatoire aux Afro-Américains, sera dans le cas de Dylann Roof requise au nom de la loi sur les droits civiques, censée justement lutter contre les discriminations raciales.

Appels à épargner sa vie

Les avocats de Dylann Roof ont eux fait savoir que leur client était prêt à plaider coupable en échange d'une garantie de ne pas être exécuté. Un tel accord négocié reste possible.

Malgré l'horreur des crimes reprochés, de nombreuses voix aux États-Unis appellent à épargner la vie de Dylann Roof.

« Tuer Roof ne nous placerait pas sur le chemin de la rédemption. Son exécution n'effacera pas le racisme qui gouverne qui nous exécutons en Amérique. Obtenir sa mort ne contribuerait même pas à remettre les compteurs à zéro », a écrit vendredi dans Time Jeffery Robinson, directeur juridique adjoint de l'ACLU, grande association de défense des libertés.

Le journal Washington Post a de son côté estimé « insensé » un double procès avec peine capitale en jeu, en assurant que la facture finale serait supérieure au coût du maintien en prison à vie de Dylann Roof.

Un sondage réalisé par l'Université de Caroline du Sud a montré que 65 % des Afro-Américains de cet État préféreraient la réclusion à perpétuité.

Coïncidence du calendrier judiciaire, le jeune homme est jugé en même temps que se déroule à Charleston un autre procès, celui d'un ancien policier accusé d'avoir abattu l'an dernier un automobiliste noir non armé.

Michael Slager répond du meurtre en avril 2015 de Walter Scott, 50 ans, qu'il avait atteint de cinq balles dans le dos alors que la victime s'enfuyait à pied après une banale infraction au code de la route.

Cet acte, filmé par un témoin, avait également révulsé l'opinion publique internationale.

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