Des manifestants dispersés devant le chantier d'un oléoduc controversé

La police a procédé à une trentaine d'arrestations... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

La police a procédé à une trentaine d'arrestations dans une opération «très agressive».

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Chicago

La police du Dakota du Nord a arrêté au moins une quinzaine de manifestants jeudi près du chantier controversé d'un oléoduc, dénoncé notamment par des Amérindiens des grandes prairies du nord des États-Unis, et la tension est montée avec plusieurs coups de feu tirés lors des échauffourées.

Au moins 16 personnes ont été arrêtées et ce nombre pourrait augmenter, de «nombreuses interpellations» devant encore être officiellement enregistrées, a précisé le sheriff du comté local de Morton, Kyle Kirchmeier, lors d'une conférence de presse.

Plus tôt dans la journée, l'un des manifestants sur place, Dallas Goldtooth, avait affirmé à l'AFP avoir été témoin d'une trentaine d'arrestations dans le cadre d'une opération «très agressive».

Les autorités ont précisé qu'elles enquêtaient sur une douzaine de coups de feu tirés lors de ces échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre. Une dizaine de ces tirs pourrait cependant provenir de chasseurs locaux, selon le service des urgences de l'État.

Une personne a été touchée par une balle à une main, après avoir été «évacuée de force de la route par les manifestants», et une femme a raté de peu un adjoint du sheriff en tirant trois coups de feu lors de son arrestation, a précisé le service des urgences.

«Escalade»

Les forces de l'ordre ont déployé des «véhicules et des équipements militaires» pour déloger les manifestants qui bloquaient deux routes, a raconté à l'AFP Sue Evans, une porte-parole de la tribu sioux de Standing Rock.

La tribu, qui considère que l'oléoduc menace ses sources d'eau potable et plusieurs sites où sont enterrés ses ancêtres, a également demandé au président Barack Obama d'intervenir pour faire arrêter ce chantier et lancer une enquête sur «les exactions des forces de l'ordre sur le site», selon Mme Evans.

Il y a deux semaines, le gouvernement américain avait demandé le gel de ce chantier, dans un souci d'apaisement, et ce malgré la décision antérieure d'un juge autorisant la poursuite des travaux. Le chantier a pourtant redémarré le 11 octobre.

«L'action de la police aujourd'hui visait à retirer les protecteurs de cette terre», a insisté M. Goldtooth, précisant que les manifestants avaient assemblé des barricades constituées de pneus enflammés et de bâtons de bois.

Les manifestants se livrent à une «escalade dans leur comportement illégal», a plaidé de son côté le sheriff Kirchmeier. «Nous avons fait tout notre possible, parlé avec tous ceux avec qui il était possible de parler», a-t-il ajouté, en estimant que le refus des opposants de partir de leur plein gré avait contraint les forces de l'ordre à intervenir.

Ce projet d'oléoduc de la compagnie Energy Transfer Partners a suscité ces derniers mois un mouvement de contestation croissant aux États-Unis de la part de tribus indiennes, d'écologistes et de défenseurs des droits des Amérindiens.

L'oléoduc, baptisé Dakota Access Pipeline, doit traverser quatre États américains et acheminer le pétrole extrait dans le Dakota du Nord, à la frontière canadienne, jusque dans l'Illinois, plus au sud.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer