Attaques aux É.-U.: le suspect radicalisé au Moyen-Orient?

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(Elizabeth, New Jersey) Le restaurant, situé dans un secteur commercial de l'avenue Elmora, à Elizabeth, devait sans doute faire partie du rêve américain des Rahami, immigrés afghans installés dans cette ville du New Jersey depuis plus de 20 ans. Mais son premier nom - Khan Fried Chicken - a nui à sa «popularité», raison officielle invoquée par le patriarche de la famille pour le remplacer en 2006 par un nom plus patriotique qui s'étale aujourd'hui en lettres blanches sur un auvent bleu: First American Fried Chicken.

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Les policiers ont arrêté Ahmad Khan Rahami dans l'appartement situé au-dessus du restaurant First American Fried Chicken, appartenant à la famille du suspect.

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Or, dans la nuit de dimanche à hier, une équipe d'intervention tactique a effectué avec fracas une perquisition dans le restaurant et l'appartement à l'étage du dessus, où vivent plusieurs membres de la famille Rahami. C'était le début d'un cauchemar américain qui devait se préciser quelques heures plus tard par l'arrestation et l'inculpation d'Ahmad Khan Rahami, soupçonné d'être l'auteur des attentats à la bombe survenus samedi au New Jersey et à New York.

«Je me brossais les dents lorsque la police a investi le restaurant et l'appartement», a raconté Anthony Martinez, un voisin d'en face.

«Ils ont fait tout un boucan. Mais je n'avais aucune idée de la raison de l'intervention jusqu'à ce que je voie la photo du suspect. J'ai dit à un ami: "Hé, je le connais, ce gars-là, il m'a déjà servi du poulet frit!"»

Anthony Martinez,
un voisin

L'étonnement d'Anthony Martinez était partagé hier après-midi par des commerçants et des résidants de ce quartier ouvrier qui se sont attroupés sous la pluie le long du cordon de sécurité établi par la police autour du restaurant des Rahami. Se trouvait parmi eux Flee Jones, qui s'est décrit comme un ami d'enfance d'Ahmad Rahami, avec qui il a joué au basketball.

Jones a raconté que Rahami avait changé il y a quelques années à la suite d'un séjour en Afghanistan.

«Il portait la barbe et des vêtements traditionnels. Il était plus sérieux, plus religieux. Mais il continuait à bien me traiter. Quand je n'avais pas d'argent, il me donnait à manger quand même. Je ne peux pas croire qu'il a fait ce dont on l'accuse.»

Un fonctionnaire fédéral qui a requis l'anonymat a indiqué au New York Times que Rahami s'était en fait rendu au Pakistan à deux reprises. Une première fois durant 3 mois en 2011, puis une deuxième fois dans la ville de Quetta, où il est resté avec de la famille, durant près d'un an.

Des antécédents judiciaires

Inculpé pour tentative de meurtre, Rahami n'en est cependant pas à ses premiers ennuis avec la justice. En 2014, l'ancien étudiant en justice pénale dans un collège communautaire a été arrêté pour agression présumée à l'arme blanche lors d'une dispute domestique. Il a passé trois mois en prison pour cette affaire, mais un grand jury a choisi de ne pas l'inculper. En 2012, il a écopé d'une journée de prison pour avoir violé une ordonnance de non-communication.

Son père, Mohammed Rahami, a pour sa part eu maille à partir avec la ville d'Elizabeth. Il a notamment intenté une poursuite contre la municipalité en 2011 pour harcèlement et discrimination religieuse. Il se plaignait d'un règlement adopté par le conseil municipal le forçant à fermer les portes de son restaurant à 22h. Un voisin s'était plaint du bruit que faisait sa clientèle à toute heure du jour et de la nuit.

Dans sa poursuite, Rahami a accusé son voisin d'être entré dans son restaurant pour dire aux membres de sa famille : « les musulmans n'ont pas d'affaire ici » et « les musulmans causent des problèmes ». Ce voisin a nié ces accusations, tout comme le maire d'Elizabeth, qui s'est adressé aux médias hier après-midi.

«Le suspect n'avait pas attiré l'attention de la police locale, mais le restaurant familial avait suscité des plaintes pour bruit et violation du règlement municipal», a déclaré Chris Bollwage. «Cela n'avait rien à voir avec l'ethnicité ou la religion.»

Inculpé pour tentative de meurtre, Ahmad Rahami n'en... (photo associated press) - image 4.0

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Inculpé pour tentative de meurtre, Ahmad Rahami n'en est cependant pas à ses premiers ennuis avec la justice. En 2014, l'ancien étudiant en justice pénale dans un collège communautaire a été arrêté pour agression présumée à l'arme blanche lors d'une dispute domestique.

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Au moment d'écrire ces lignes, les enquêteurs n'avaient pas encore fait la lumière sur les motifs qui auraient poussé Rahami à faire exploser une bombe sur le parcours d'une course à pied à Seaside, au New Jersey, et sur la 23e Rue, dans le quartier Chelsea, samedi.

Mais les voisins de la famille originaire de l'Afghanistan s'accordaient tous hier pour dire qu'elle ne s'était jamais mêlée à la communauté de commerçants locaux.

«Nous formons une communauté diverse et amicale, nous accordons beaucoup d'importance à l'entraide, mais ils n'ont jamais tenté de se mêler à nos activités», a dit Jorge Vasquez, propriétaire d'une entreprise de graphisme. «Ils se tenaient complètement à part. Cela dit, j'ai été secoué en apprenant qu'un des fils était soupçonné d'attaques terroristes. Je ne me serais jamais attendu à entendre une telle nouvelle. C'était un garçon tranquille.»

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