Attaques aux États-Unis: la piste terroriste dans tous les esprits

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Tous ces incidents risquent aussi de peser sur la suite de la campagne pour la présidentielle américaine du 8 novembre prochain, qui s'annonce plus serrée que prévu entre la démocrate Hillary Clinton et le candidat républicain Donald Trump.

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Catherine TRIOMPHE
Agence France-Presse
NEW YORK

Les autorités américaines affirmaient dimanche ne disposer d'aucun élément pour relier les trois attaques perpétrées samedi à New York, dans le New Jersey et le Minnesota, mais la peur du «terrorisme», domestique ou djihadiste, était dans tous les esprits.

Deux de ces attaques, quasi simultanées, ont fait au total 38 blessés: 29 dans l'explosion survenue samedi soir dans le quartier huppé de Chelsea, au coeur de Manhattan, et neuf autres lors d'une attaque à l'arme blanche revendiquée par le groupe djihadiste État islamique (EI) dans un centre commercial de St. Cloud, petite ville du Minnesota dans le Midwest américain.

La bombe a explosé à Manhattan vers 20h30, tandis que l'attaque dans le Minnesota s'est déroulée vers 20h00.

La police a indiqué qu'une deuxième bombe artisanale - une cocotte minute munie de fils et d'un téléphone portable, selon les médias, qui n'a pas explosé - avait été découverte samedi soir près du lieu de l'explosion à Manhattan.

Plus tôt samedi, dans le New Jersey, une bombe artisanale avait explosé dans la ville de Seaside Park, sur le parcours d'une course à pied à laquelle participaient des centaines de coureurs. Elle n'a pas fait de victime, sans doute parce que le départ de la course avait été retardé, selon un porte-parole du procureur local.

Trois autres bombes à retardement ont été retrouvées sur place, qui n'avaient pas fonctionné. 

Prudence des autorités 

De tous ces attentats, un seul a été revendiqué pour l'instant, celui du Minnesota, par l'organisation djihadiste État Islamique (EI).

L'attaque perpétrée par un «soldat» du groupe vient «en réponse aux appels de l'État islamique à prendre pour cibles les ressortissants des pays appartenant à la coalition des croisés», a affirmé l'Amaq, organe de propagande de l'EI.

Selon le journal local St. Cloud Times, l'agresseur, abattu par un policier qui n'était pas en service, était un Américain de 22 ans d'origine somalienne, Dahir Adan (bien Adan), étudiant à l'université locale.

À New York, en revanche, le chef de la police James O'Neill a indiqué que l'explosion de Chelsea n'avait été revendiquée «par aucun individu ni organisation». Pas de revendication non plus dans le New Jersey.

Les autorités se montraient très prudentes dimanche dans leur manière de qualifier ces attaques.

«Nous enquêtons sur ces événements comme un potentiel acte de terrorisme. Je dis bien potentiel. Il y a encore beaucoup de choses qu'on ne sait pas pour le moment», a dit l'agent du FBI chargé d'enquêter dans le Minnesota, Rick Thornton.

A New York, seul le gouverneur Andrew Cuomo a estimé que puisqu'il y avait une bombe, il y avait «clairement acte de terrorisme», même s'il a souligné qu'il n'existait à ce stade «aucun lien avec le terrorisme international» et que l'enquête n'en était «qu'à ses débuts».

Sécurité renforcée

Bill de Blasio, maire de New York qui accueille à partir de lundi des chefs d'État et de gouvernement du monde entier pour un sommet de l'ONU sur les migrations placé sous haute surveillance, a refusé d'aller si loin.

«On sait qu'il y a eu une bombe, ça, c'est clair. Mais il va falloir travailler encore beaucoup pour savoir quelle motivation était derrière», a-t-il déclaré.

Les mesures de sécurité, déjà omniprésentes à New York où les attentats meurtriers du 11 septembre 2001 restent ancrés dans les mémoires, ont été renforcées. Quelque 1.000 agents supplémentaires ont été déployés dans la première mégapole américaine, où le président Barack Obama est arrivé dimanche après-midi.

Le gouverneur a cependant souligné que cette mesure était prise par «précaution», car «nous n'avons aucune raison de penser qu'il y a d'autres menaces immédiates».

Comme certains pays européens, les États-Unis ont connu récemment plusieurs attaques sanglantes perpétrées par des musulmans radicalisés, à Orlando en juin (Floride, 49 morts, revendiquée par l'EI) et San Bernardino en décembre dernier (Californie, 14 morts, saluée mais pas revendiquée par l'EI).

Mais il n'existe pour l'instant aucun lien avéré entre les trois attaques de samedi, comme l'a notamment souligné le gouverneur Cuomo.

Ces événements risquent de peser sur la campagne pour la présidentielle américaine du 8 novembre prochain, qui s'annonce plus serrée que prévu entre la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump.

Ce dernier avait déclaré avant la police, dès samedi soir, qu'une bombe avait explosé à Chelsea: «Il va falloir qu'on soit sévères, les amis, très, très sévères».

Mme Clinton, plus prudente au départ car estimant qu'il fallait attendre d'en savoir plus, a condamné dimanche «les attaques apparemment terroristes du Minnesota, de New Jersey et de New York». Elle en a profité pour rappeler qu'elle avait préparé un plan complet pour «vaincre l'EI et les autres groupes terroristes».

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