Déménager au «pire endroit» des États-Unis

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Le journaliste du Washington Post Christopher Ingraham a déménagé à Red Lake, au Minnesota, après avoir écrit un article où il décrivait ce comté rural comme « le pire endroit où vivre aux États-Unis ».

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Quel est le pire endroit où habiter aux États-Unis ?

Une résidante de Red Lake Falls a peint... (PHOTO FOURNIE PAR CHRISTOPHER INGRAHAM) - image 1.0

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Une résidante de Red Lake Falls a peint la chienne de la famille Ingraham à partir d’une photo trouvée sur Facebook. « Ça vous donne une idée de l’accueil des gens dans la région ! », lance Christopher Ingraham.

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Christopher Ingraham et sa femme ont des jumeaux... (PHOTO TIRÉE D’INSTAGRAM) - image 1.1

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Christopher Ingraham et sa femme ont des jumeaux de 2 ans. « Ma femme a cessé de travailler, le temps que les garçons soient en âge d’aller à l’école. Nous n’aurions pas pu faire ce choix en restant dans la région de Washington. La vie y est tout simplement trop dispendieuse », explique M. Ingraham.

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Christopher Ingraham, journaliste qui couvre les données pour le Washington Post, pensait l'avoir trouvé dans un rapport fédéral classant les comtés américains selon leur « désirabilité », l'été dernier.

« Le rapport prenait en considération des choses qui rendent la vie agréable, comme le climat, l'humidité, les heures d'ensoleillement, la topographie », dit M. Ingraham en entrevue.

Au sommet de la liste : Ventura County, en Californie. Et dans le fond du classement : Red Lake County, au Minnesota.

M. Ingraham a donc écrit un article... qui n'est pas passé inaperçu.

« À peine 15 minutes après la mise en ligne, j'ai commencé à recevoir des courriels et des tweets de gens du Minnesota qui étaient en colère. Comme journaliste, j'ai l'habitude d'être critiqué, mais je n'avais jamais rien vu de tel. » 

« Les gens m'envoyaient des photos de scènes idylliques prises dans le comté, des couchers de soleil... Ça n'arrêtait pas. »

Quelques jours plus tard, M. Ingraham est allé visiter Red Lake County. Il a été séduit par la beauté du paysage rural, l'odeur saine de l'air des prairies et l'accueil des résidants, mais surtout par le rythme de la vie.

« À Red Lake County, quand les gens se plaignent d'avoir été pris dans le trafic, c'est parce qu'ils ont dû suivre un camion durant leur trajet vers la ville voisine... Moi, à ce moment-là, je passais trois heures par jour pour faire l'aller-retour au travail à Washington. Le contraste était assez frappant. »

De retour chez lui, le journaliste a repris sa routine éreintante. « Moi et ma femme avions des journées de 12 heures avec le transport. J'arrivais chez moi passé 19 h, et jouais quelques minutes avec mes jumeaux de 2 ans avant qu'ils aillent au lit. Le lendemain matin, je repartais de la maison à 6 h 30. Au bout d'un moment, ça use. Votre vie de famille et votre bonheur en souffrent. »

Le couple a commencé à parler de déménager à la campagne.

« Un jour, ma mère a suggéré : "Pourquoi vous n'iriez pas vivre à Red Lake County, l'endroit que tu avais aimé au Minnesota ?" Moi et ma femme avons ri. Puis, nous en avons discuté et l'idée est restée. »

UNE NOUVELLE VIE À LA CAMPAGNE

En mai, le couple et ses enfants ont fait 20 heures de route jusqu'à Red Lake Falls, petite municipalité de 1400 habitants située dans le nord-ouest du Minnesota, à 2 heures de route de la frontière canadienne.

M. Ingraham et sa famille ont acheté une maison avec un immense terrain où ils ont aménagé un potager. Les jumeaux peuvent jouer dehors durant des heures. « Et nous ne payons chaque mois que la moitié de ce que nous coûtait notre petit logement sur la côte Est », dit-il.

Les barrières qui semblent exister entre les gens en ville ne sont pas aussi présentes à la campagne, dit-il. « Nous avions un peu peur d'être isolés socialement, mais l'accueil a été formidable. Les gens viennent littéralement cogner à notre porte pour faire connaissance. Nan, une dame très gentille qui habite près d'ici, nous a appelés l'autre jour en disant qu'elle voulait nous présenter sa soeur. Quand sa soeur, Beth, est arrivée, elle nous a donné une aquarelle qu'elle avait peinte et qui représentait notre chien, Tiber. Elle l'a peinte à partir d'une photo de Tiber qu'elle avait trouvée sur notre page Facebook. Ça vous donne une idée de l'accueil des gens dans la région ! »

La famille a encore beaucoup à faire pour apprivoiser la vie rurale et ses exigences. « Cette semaine, il y a eu des orages très violents, comme je n'en avais jamais vu. Nos voisins sont venus avec leurs tronçonneuses pour nous aider à couper des branches. Nous cuisons des fournées énormes de biscuits pour les remercier. »

M. Ingraham continue à écrire pour le Washington Post. « Je suis chanceux, je n'ai besoin que d'une connexion à internet et d'un téléphone pour travailler. Ma femme a cessé de travailler, le temps que les garçons soient en âge d'aller à l'école. Nous n'aurions pas pu faire ce choix en restant dans la région de Washington. La vie y est tout simplement trop dispendieuse. »

Le vrai test, dit-il, sera de passer leur premier hiver dans le nord du Minnesota, où les températures ressemblent beaucoup à ce qu'on retrouve au Québec.

« J'ai hâte de voir si nous allons toujours autant aimer ça en février, à -20 °C. »

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