Mort de Freddie Gray: tous les policiers acquittés

Une femme marche devant une murale à l'effigie... (Photo Mark MAKELA, archives AFP)

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Une femme marche devant une murale à l'effigie de Freddie Gray, à Baltimore, Maryland.

Photo Mark MAKELA, archives AFP

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Christophe VOGT
Agence France-Presse
WASHINGTON

L'abandon mercredi des poursuites contre tous les policiers impliqués dans l'homicide de Freddie Gray, un Noir mortellement blessé l'an dernier dans un fourgon de police à Baltimore, risque d'accroître un peu plus les tensions raciales déjà très vives aux États-Unis.

Aucun des policiers initialement poursuivis n'aura donc été condamné dans cette affaire qui avait déclenché de violentes émeutes dans Baltimore, ville portuaire de l'est américain, et pris une dimension nationale aux États-Unis.

«Les services du procureur de la ville de Baltimore ont décidé d'abandonner les poursuites dans les dossiers restants liés à l'arrestation et à la mort de Freddie Gray», a indiqué une cour du Maryland, dont dépend Baltimore, dans un bref communiqué.

Après les émeutes de Ferguson à l'été 2014, l'affaire Freddie Gray, qui avait éclaté au printemps 2015, était devenue pour beaucoup le symbole des violences policières envers la communauté noire.

Freddie Gray, un jeune Noir de 25 ans avait été installé dans un fourgon de police le 12 avril 2015 pour être emmené au poste.

Le jeune homme a subi, dans des circonstances qui n'ont jamais été clairement établies, une fracture des vertèbres cervicales lors du transport avant de succomber à ses blessures le 19 avril.

Fossé entre Noirs et police

Le premier procès dans cette affaire avait débouché sur un non-lieu surprise, les jurés n'étant pas parvenus à se mettre d'accord sur un verdict. Les deux procès suivants, y compris celui de Caesar Goodson, le chauffeur de la fourgonnette qui faisait face aux chefs d'inculpation les plus graves, avaient débouché sur des acquittements.

Les autorités avaient dû déclarer l'état d'urgence, instaurer un couvre-feu et appeler les militaires de la garde nationale en renfort, pour tenter de rétablir le calme dans la ville.

Les émeutes ont été un coup dur pour la cité qui se surnomme, non sans ironie, «Charm City», mais où des années de crise économique apportent leur lot de violences quotidiennes, de profonde misère et de corruption, et qui tente depuis de se réinventer en misant sur l'innovation, l'éducation et la culture.

L'affaire Freddie Gray avait souligné une nouvelle fois le fossé qui sépare souvent les forces de l'ordre de la communauté noire aux États-Unis.

Depuis Baltimore, les violences policières envers les Noirs n'ont cessé de défrayer la chronique, non pas parce que le phénomène est nouveau mais parce que les téléphones portables ont changé la donne.

Là où ces affaires pouvaient plus ou moins facilement être étouffées, les images des violences sont désormais partagées quasi instantanément sur les réseaux sociaux, internet et relayées par les médias.

L'interpellation de Freddie Gray, pour un regard de travers, avait d'ailleurs été filmée et les images étaient rapidement devenues virales.

La communauté noire se mobilise et a réussi à se faire mieux entendre, au point de faire des violences policières l'un des thèmes centraux de l'élection présidentielle.

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