Le tireur de Baton Rouge cherchait à tuer des policiers

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Dans un geste encore inexpliqué, Gavin Eugene Long a abattu trois policiers -- dont un noir -- et en a blessé trois autres, avant d'être tué, le jour de ses 29 ans.

Photo Max Becherer, Associated Press

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Leila MACOR, Anne RENAUT
Agence France-Presse
Baton Rouge et Washington

L'ancien soldat américain et militant noir ayant abattu trois policiers dimanche à Baton Rouge en Louisiane (sud) cherchait à tuer des policiers, tout comme le tireur de Dallas qui visait les forces de l'ordre pour venger leurs abus contre les Noirs.

«Il a tendu une embuscade aux policiers», a déclaré sur CNN Michael D. Edmonson, chef de la police de l'État de Louisiane.

«Qu'il les ait attirés sur place ou qu'il ait prémédité son acte, en cherchant spécifiquement des policiers, (...) sa proie c'était ces policiers ou n'importe quel policier dans la zone», a-t-il ajouté.

Gavin Eugene Long, le jour de ses 29 ans, a ouvert le feu lorsque des policiers alertés de la présence d'un homme armé dans la ville sont arrivés sur place.

Dans un geste encore inexpliqué, il a abattu trois policiers - dont un Noir - et en a blessé trois autres, avant d'être tué.

Militant noir et observateur des tensions raciales aux États-Unis, son profil fait penser à celui de Micah Johnson, l'ancien militaire Noir qui a abattu le 7 juillet 5 agents en pleine manifestation dénonçant les violences policières contre la communauté noire.

Selon son compte Twitter @ConvosWithCosmo, Long s'était rendu à Dallas dans la foulée.

Comme le tueur de Dallas, Gavin Eugene Long semblait avoir redoublé d'intérêt pour les causes noires aux États-Unis ces dernières années et suivait attentivement le regain de tension entre la minorité noire et les forces de l'ordre dans le pays.

Ces tensions sont aussi vives à Baton Rouge, où la police a réprimé sans ménagement ces dernières semaines des manifestations après qu'un vendeur ambulant, noir lui aussi, a été abattu par un policier, alors qu'il résistait à son arrestation.

«Cette folie doit s'arrêter»

L'an dernier, Long avait changé légalement de nom pour devenir «Cosmo Ausar Stepenra», revendiquant son appartenance à la Nation Washitaw, un groupe noir américain affirmant être une nation souveraine au même titre que les Amérindiens.

L'organisation SITE de surveillance des mouvements extrémistes relève que le jeune noir, très présent sur les réseaux sociaux, était associé «sur internet à plusieurs mouvements marginaux et adhérait à des théories du complot. Il avait aussi exprimé son opposition aux «manifestations pacifiques»».

Après la tuerie de Dallas, il a tweeté et publié des vidéos «prônant la violence comme moyen de combattre l'autorité». Ses tweets les plus récents s'en prenaient violemment aux Blancs.

«La violence n'est pas LA réponse (c'est une réponse), mais à quel moment te lèves-tu pour que les tiens ne deviennent pas les Amérindiens... EXTERMINÉS?», écrit-il sur Twitter le 13 juillet.

Au lendemain de la tuerie à Dallas, il s'était réjoui, sur le réseau social: «Le tireur n'est PAS BLANC, il est l'un des nôtres!».

Sur YouTube, sous le pseudo «I Am Cosmo», il a publié également des vidéos dans lesquelles il parle des brutalités policières visant les Noirs.

Gavin Eugene Long vivait à Kansas City, soit à quelque 1.100 km au nord de Baton Rouge.

Il a servi cinq ans dans les Marines en tant que spécialiste des réseaux de données à partir d'août 2005, selon son dossier militaire, et a été déployé en Irak de juin 2008 à janvier 2009.

Il s'est marié en 2009 avant de divorcer en 2011.

Il a par la suite entrepris des études de commerce à l'université de l'Alabama lors d'un seul semestre en 2012. La police de l'université «n'a pas eu affaire à lui pendant cette période», selon l'établissement.

«Cette folie doit s'arrêter», a lancé la candidate démocrate à la Maison-Blanche, Hillary Clinton, à propos des meurtres de Baton Rouge.

Mais elle s'est aussi engagée à «se battre pour des réformes» dans la police afin que cette dernière «rende des comptes», s'exprimant devant la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), la plus grande organisation de défense des Noirs américains.

Avant de savoir que le tireur visait spécifiquement des policiers, le président américain Barack Obama avait souligné dimanche que «rien ne peut justifier la violence» contre les policiers.

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