Nouvelle fusillade mortelle pour des policiers aux États-Unis

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Baton Rouge a été marquée par de fortes tensions raciales et de nombreuses manifestations contre les violences policières ce mois-ci.

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Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
Washington

Trois policiers ont été abattus dimanche, apparemment par un ancien combattant du conflit irakien disant appartenir à une «nation» afro-américaine, à Baton Rouge, la capitale de la Louisiane marquée par de fortes tensions raciales, dix jours après l'assassinat de cinq policiers à Dallas.

Les circonstances du drame sont encore confuses.

«Pour l'instant, nous ne connaissons pas les mobiles du tireur», a déclaré de la Maison-Blanche le président Barack Obama dans une intervention spéciale.

L'homme qui a tiré sur les policiers «a été abattu et est mort», a de son côté annoncé le chef de la police de l'État de Louisiane, le colonel Mike Edmonson.

Il s'agit, affirment plusieurs médias américains, de Gavin Long, 29 ans, originaire de Kansas City dans le Missouri. Selon CBS, c'est un Noir, et selon CNN il est né un 17 juillet.

Cet homme, un ancien Marine qui a servi dans les forces américaines en Irak de juin 2008 à janvier 2009, a fait légalement procéder l'année dernière au changement de son nom pour devenir «Cosmo Ausar Setepenra», une façon de marquer son appartenance proclamée à la Nation Washitaw, un groupe d'Afro-Américains disant être une nation souveraine au même titre que les Amérindiens aux États-Unis.

«La violence n'est pas LA réponse (c'est une réponse)», avait-il écrit sur son compte Twitter, par ailleurs rempli de propos dénonçant les Blancs, toujours d'après les médias, qui relèvent qu'un des policiers qu'il a tués était noir.

«Nous ne savons pas si le tireur avait l'intention de s'attaquer à des policiers, ou s'il les a abattus alors qu'ils répondaient à un appel», a insisté M. Obama.

«Rien ne peut justifier la violence» contre les policiers, a souligné le président américain.

«C'est un acte méprisable et une attaque contre notre mode de vie même», a quant à lui réagi le vice-président Joe Biden.

Baton Rouge a été marquée par de nombreuses manifestations contre les violences policières après la mort début juillet d'Alton Sterling, un vendeur ambulant noir abattu par un policier.

Outre les trois policiers tués, trois ont été blessés, dont l'un se trouve dans un état critique, ont précisé dimanche après-midi les responsables policiers.

Selon le récit du colonel Edmonson, les riverains d'une station de lavage de voiture ont téléphoné à la police en début de matinée dimanche pour les prévenir qu'un homme armé d'une arme longue et vêtu de noir se trouvait dans les parages.

Des coups de feu ont éclaté très vite après l'arrivée des premiers policiers sur place, a expliqué le colonel Edmonson.

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Barack Obama ors d'une intervention spéciale depuis la Maison-Blanche.

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Sur la chaîne de télévision locale WAFB9, le maire de Baton Rouge Kip Holden a appelé au calme, redoutant de nouvelles tensions.

«Notre pays est divisé et hors de contrôle», a réagi sur Twitter le candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump. «Nous réclamons la loi et l'ordre», a-t-il ajouté, reprenant l'un de ses slogans de campagne.

Une vidéo mise en ligne par WAFB9 montre des policiers arrivant sur les lieux de la fusillade et on peut distinctement entendre une succession de tirs espacés, puis un feu bref mais nourri.

Assassiner des policiers

La vidéo amateur des derniers instants d'Alton Sterling, amplement relayée sur internet, a provoqué une vague d'indignation qui s'est amplifiée le lendemain quand un autre Noir, Philando Castile, a lui aussi été tué par un policier, cette fois dans le Minnesota (nord).

C'est au cours d'une des nombreuses manifestations pour dénoncer les violences policières qu'un homme seul a abattu cinq policiers à Dallas le 7 juillet avant d'être tué par les forces de l'ordre.

Micah Johnson, ancien combattant noir américain, avait affirmé vouloir tuer des policiers blancs en réponse à la mort de deux Noirs la même semaine sous les balles des forces de l'ordre.

Des agents lourdement armés du FBI se sont... (PHOTO AP) - image 3.0

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Des agents lourdement armés du FBI se sont rendus sur les lieux de la fusillade. 

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La semaine dernière, la police de Baton Rouge avait annoncé avoir arrêté trois personnes qui avaient pour projet d'assassiner des policiers.

L'un des suspects interpellés, Antonio Thomas, âgé de 17 ans, avait dit «pendant son interrogatoire que lui ainsi que trois autres suspects avaient volé les armes et allaient se procurer des balles pour tirer sur la police», selon un communiqué de la police publié mardi.

La législation des armes à feu en Louisiane permet de facilement se procurer des armes y compris des fusils d'assaut semi-automatiques.

Dans son message de dimanche, le président Obama a mis en garde contre les dérapages politiques pendant les conventions qui vont désigner cette semaine et la semaine suivante les candidats républicain et démocrate à la Maison-Blanche.

«Nous n'avons pas besoin de rhétorique enflammée, nous n'avons pas besoin d'accusations lancées à la légère pour marquer des points politiques», mais plutôt besoin d'«approfondir notre unité et notre compréhension».

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