Le «robot tueur» de Dallas, une première pour la police américaine

À l'aube, vendredi, un sniper suspecté d'avoir tiré... (PHOTO CARLO ALLEGRI, REUTERS)

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À l'aube, vendredi, un sniper suspecté d'avoir tiré sur des policiers et retranché depuis des heures dans un bâtiment est finalement tué grâce à un robot télécommandé utilisé pour faire détoner une bombe.

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Rob Lever
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le choix de la police de Dallas d'envoyer un robot télécommandé pour tuer l'homme suspecté d'avoir abattu plusieurs policiers marque une première pour les forces de l'ordre américaines et témoigne d'un usage qui devrait aller en se développant, selon des experts.

À l'aube, vendredi, un sniper suspecté d'avoir tiré sur des policiers et retranché depuis des heures dans un bâtiment est finalement tué grâce à un robot télécommandé utilisé pour faire détoner une bombe. Micah Johnson, jeune Noir de 25 ans, avait dit aux policiers que des explosifs avaient été disposés «partout» dans le centre-ville de cette ville texane.

Toute autre option qu'une explosion télécommandée pour neutraliser Micah Johnson «aurait fait courir un grand danger aux policiers», a expliqué le chef de la police de Dallas, David Brown, sans donner plus de précisions sur l'engin utilisé.

L'inventaire de l'équipement des services d'urgence de la ville montre toutefois qu'ils disposent d'un robot Northrop Grumman Andros conçu pour les équipes de démineurs et l'armée. Selon des médias américains, cet engin a pu être employé dans l'opération de Dallas.

Ce robot est «conçu pour contrer un large éventail de menaces, dont des véhicules piégés», selon le site de Northrop.

«C'est la première fois qu'un robot est utilisé de cette façon par la police», a assuré sur Twitter Peter Singer, de la Fondation New America, un groupe de réflexion spécialisé dans les questions liées aux nouvelles technologies.

Ce spécialiste des méthodes modernes de combat a précisé qu'un appareil baptisé Marcbot «a été employé de la même façon ad hoc par les troupes en Irak».

Il est probable que le robot de Dallas soit né «d'un arrangement improvisé» plutôt que «d'avoir été conçu pour cet usage», a complété Matt Blaze, un professeur d'informatique de l'université de Pennsylvanie, pointant ainsi vers la possibilité d'un robot d'ordinaire employé pour le déminage.

«Robocop»

Dans l'armée américaine, les robots terrestres transforment le visage de la guerre depuis plusieurs années déjà. Ils sont notamment capables de récupérer et désactiver une charge explosive, à l'aide d'un bras téléguidé par des soldats restés à l'abri du danger. Ils semblent voués à être désormais de plus en plus employés par les forces de l'ordre.

En Chine, l'université de la défense nationale a conçu un appareil baptisé «AnBot», destiné à avoir «un rôle important à jouer pour renforcer les mesures anti-terroristes et anti-émeutes», écrit-elle sur son site.

«La caractéristique la plus controversée d'AnBot est bien sûr son ''outil intégré anti-émeute électrisé'' (ressemblant certainement à un Taser ou à un aiguillon pour bétail). Il ne peut être déclenché que par les humains contrôlant Anbot à distance», écrivait Peter Singer avec un autre spécialiste, Jeffrey Lin, en avril dans le magazine américain Popular Science.

«Le fait qu'Anbot soit si grand veut dire qu'il a la place pour intégrer  d'autres équipements de police, comme des gaz lacrymogènes et d'autres armes moins létales», poursuivaient les auteurs.

Des chercheurs de l'université de Floride travaillent eux au développement de «Telebot», comparé dans certains articles au célèbre «Robocop» imaginé au cinéma.

Destiné notamment à assister des policiers handicapés pour qu'ils puissent reprendre le service, Telebot a été conçu «pour avoir l'air intimidant et assez autoritaire pour que les citoyens obéissent à ses ordres» tout un gardant «une apparence amicale» qui rassurent «les citoyens de tous âges», selon un rapport d'étudiants de l'université de Floride.

L'arrivée de robots aux armes potentiellement létales dans la police ne fait toutefois pas l'unanimité.

L'ONG Human Rights Watch et l'organisation International Human Rights Clinic, qui dépend de l'université de Harvard, s'inquiétaient ainsi en 2014 du recours aux robots par les forces de l'ordre.

Ces engins «ne seraient pas dotés de qualités humaines, telles que le jugement et l'empathie, qui permettent à la police d'éviter de tuer illégalement dans des situations inattendues», écrivaient-elles dans un rapport.

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