Dallas: un tireur voulait tuer des policiers blancs

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Un policier monte la garde à l'intérieur d'un périmètre de sécurité érigé après la fusillade de Dallas.

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Agence France-Presse
DALLAS

Un tireur ayant participé à l'attaque conclue par la mort de cinq policiers à Dallas voulait tuer des Blancs, a annoncé vendredi le chef de la police locale, en précisant que ce suspect n'était affilié à aucun groupuscule.

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Le suspect Micah Xavier Johnson 

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Des enquêteurs se sont rendus au domicile de Micah Xavier Johnson, à Mesquite, en banlieue de Dallas.

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« Le suspect a dit qu'il en voulait aux Blancs, qu'il voulait tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs », a déclaré David Brown. Ce tireur, retranché dans un bâtiment de la ville, a été tué par les forces d'élite grâce à un robot policier télécommandé porteur d'une bombe, a indiqué le chef de la police de Dallas.

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Micah Johnson, identifié par les médias américains comme le principal tireur présumé dans l'attaque à Dallas, était réserviste de l'armée de terre américaine, avec un déploiement notamment en Afghanistan, a affirmé le Pentagone vendredi.

Johnson avait été déployé en Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014, selon les informations communiquées par un porte-parole de l'US Army, Cynthia Smith. Il était soldat, spécialiste de maçonnerie et menuiserie.

Selon des médias, le principal suspect est un Afro-Américain de 25 ans, qui vivait à Mesquite, en banlieue de Dallas.

Il n'avait pas de casier judiciaire et n'était affilié à aucun groupuscule radical.

Le chef de la police de Dallas a indiqué que le tireur présumé avait soutenu agir seul.

Selon les états de service communiqués par l'US Army, le réserviste Micah Johnson a été mobilisé pour trois périodes de 6 mois à 1 an entre 2009 et 2015, dans la 420e brigade du génie, basée à Seagoville, au Texas.

« Fracture » entre policiers et citoyens

Le chef David Brown avait entamé sa conférence de presse en appelant à l'unité, déplorant l'existence d'une « fracture » entre policiers et citoyens, au coeur d'une semaine sanglante marquée par la mort des deux Afro-Américains abattus par des policiers.

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Le chef de la police de Dallas David Brown

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« Il n'y a pas de mots pour décrire l'atrocité qui a touché notre ville. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut qu'elle cesse, cette fracture entre notre police et nos citoyens », a-t-il déclaré.

Le tireur a affirmé lors des négociations avec la police avant sa mort qu'il n'était affilié à aucun groupuscule. En dépit de cet aveu, des personnes ont été placées en garde à vue.

Ces dernières ne « se sont pas montrées très coopératives », avait expliqué plus tôt le maire de la ville Mike Rawlings.

Selon un dernier bilan communiqué par Mike Rawlings, cinq policiers ont été tués et neuf personnes blessées, dont sept policiers.

Ces violences sont survenues jeudi en fin de soirée (vers 22 h, heure de l'Est) lorsqu'au moins un tireur a fait feu à la fin d'une manifestation.

Ce rassemblement à Dallas s'inscrivait dans le cadre de plusieurs manifestations organisées à travers les États-Unis pour protester contre la mort de deux hommes noirs abattus par la police cette semaine, l'un en Louisiane, l'autre dans le Minnesota.

Le président américain Barack Obama a ordonné vendredi que les drapeaux soient mis en berne aux États-Unis jusqu'au 12 juillet après la tuerie de Dallas.

« Par respect pour les victimes de l'attaque [...] j'ordonne que le drapeau américain soit mis en berne à la Maison-Blanche et sur tous les bâtiments publics, postes militaires et vaisseaux de la Marine » à travers les États-Unis, a annoncé le président dans une déclaration écrite.

Chaos et terreur au coeur de Dallas

Un déluge de coups de feu et des centaines de personnes terrifiées cherchant désespérément un abri : ces quelques minutes de chaos au coeur de Dallas ont semblé durer une éternité.

La nuit vient alors de tomber dans la capitale du Texas. Jeunes et plus vieux, Noirs comme Blancs, des centaines de personnes marchent dans les rues pour dénoncer la récente mort de deux Afro-Américains abattus par la police, dans le Minnesota et en Louisiane.

Le défilé est pacifique, sans heurts et certains manifestants sont même venus avec de très jeunes enfants tranquillement assis dans leur poussette.

Mais tout bascule en quelques secondes. Des détonations de fusil-mitrailleur éclatent et la panique s'empare immédiatement de la foule qui se rue derrière des immeubles ou des voitures pour échapper au déluge de feu, qui semble viser avant tout les forces de l'ordre.

« Je n'ai vu que des policiers se faire abattre. Je vois des policiers se faire tirer dessus, comme ça devant tout le monde », a témoigné une manifestante, Cortney Washington, au micro d'une antenne locale de NBC News.

« On courrait et ça continuait à tirer. On ne savait pas d'où ça venait », a-t-elle poursuivi.

Clarissa Pyles, une manifestante de 23 ans, faisait une pause dans un McDonald's quand les premiers coups de feu ont éclaté. « Ça a fait pop-pop-pop-pop », au moins 30 fois, a-t-elle raconté au Houston Chronicle.

« Je ne savais pas ce qui se passait. J'ai juste commencé à courir pour avoir la vie sauve », a-t-elle dit.

« Armé jusqu'aux dents »

Plusieurs tireurs semblent à l'oeuvre et l'écho assourdissant des détonations est d'autant plus terrifiant qu'il se répercute sur les façades des gratte-ciel de ce centre-ville de Dallas où le président John F. Kennedy a été assassiné en 1963.

« Il est armé jusqu'aux dents ! » : la voix d'un témoin captée par une vidéo amateur donne une idée du chaos qui s'est emparé de la ville. Derrière lui, une voiture de police fonce à toute vitesse, sirène hurlante.

Une autre vidéo glaçante est mise en ligne : on y voit un assaillant caché derrière le pilier d'un immeuble surgir soudainement dans le dos d'un policier pour l'abattre froidement.

Un des tireurs se réfugie alors dans une université du centre-ville, le El Centro College. Des négociations débutent avec la police, pendant lesquelles le suspect dit vouloir « tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs », selon la police. Il soutient avoir agi seul.

Depuis le rez-de-chaussée de l'université, Patrick Cooper a vu l'assaillant armé d'un long fusil s'enfuir dans les étages et ouvrir le feu.

« J'étais pétrifié. Je ne savais pas quoi faire », a dit à CNN ce témoin qui s'est alors aussitôt réfugié dans les toilettes.

« Les coups de feu venaient de partout autour de moi. Je pensais que c'était des pétards ou quelque chose comme ça », a-t-il détaillé.

Après des heures de négociations infructueuses, le suspect d'El Centro College sera tué par un engin explosif guidé vers lui par les forces de l'ordre.

Au total, cinq policiers ont été abattus et neuf autres personnes blessées, dont sept agents, dans cette attaque. Le nombre total d'assaillants n'a pas été précisé par les autorités.

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