La Cour suprême américaine valide la discrimination positive à l'université

Des partisans de la discrimination positive à l'université... (PHOTO Gabriella Demczuk, ARCHIVES The New York Times)

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Des partisans de la discrimination positive à l'université manifestent devant le siège de la Cour suprême, à Washington, en octobre 2013.

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Sébastien BLANC
Agence France-Presse
WASHINGTON

La Cour suprême des États-Unis a réaffirmé jeudi la légitimité de la discrimination positive à l'entrée de l'université, mécanisme emblématique qui offre un coup de pouce aux étudiants issus de minorités ethniques.

La décision de la haute cour, très attendue sur cette question ultra-sensible, a été emportée à la majorité de quatre juges contre trois.

Parmi les qualités fondant une université, « la diversité du corps étudiant fait partie de celles qui sont cruciales pour son identité et sa mission éducative », a estimé le juge Anthony Kennedy, en lisant l'arrêt.

À son côté se sont rangés les trois magistrats progressistes Ruth Bader Ginsburg, Stephen Breyer et Sonia Sotomayor, tandis que les juges conservateurs John Roberts, Clarence Thomas et Samuel Alito se retrouvaient en minorité.

La huitième juge de la Cour suprême, Elena Kagan, s'était elle récusée dans ce dossier pour s'en être déjà occupée dans de précédentes fonctions.

La discrimination positive est dénoncée par ses opposants comme une perversion de l'égalité des chances.

Blanche retoquée à l'université

À l'opposé, ses promoteurs affirment que c'est le seul moyen de garantir la diversité dans le monde éducatif et plus largement dans les différents secteurs de la société.

En l'espèce, la plus haute juridiction américaine s'est penchée sur le recours d'Abigail Fisher, une jeune fille qui assure avoir été refusée de l'université du Texas, car elle était blanche.

Dans cet établissement, le nombre de Noirs inscrits a quasiment doublé de 2004 à 2007 grâce à la discrimination positive, ceux-ci ne dépassant toutefois pas 6 % du total des étudiants.

Concrètement, la faculté a mis en place un système hybride, permettant aux élèves arrivés parmi les meilleurs 10 % de leur classe d'intégrer la première année.

Pour le quart des places restantes, le système de recrutement prend en considération un ensemble d'éléments, dont l'origine ethnique.

« Qu'on soit un garçon ou une fille, blanc ou noir, seuls les mérites devraient être pris en compte et aucun autre facteur », affirmait Aigail Fisher.

La controverse remonte à 2008 et, depuis, la plaignante est sortie diplômée en 2012 d'une autre université.

Mais son action judiciaire a suivi son chemin, y compris une première fois devant la Cour suprême, en octobre 2012.

Les juges ne s'étaient alors pas prononcés sur le fond, ce qu'elle a fait ce jeudi en donnant raison à l'Université du Texas.

Noirs et Hispaniques isolés

Selon le professeur Robin Lenhardt, de l'école de droit de Fordham, la décision de la Cour suprême « indique clairement à toutes les universités qu'elles sont fondées à fournir à leurs étudiants les bénéfices pédagogiques d'une large diversité ».

Souvent issus de milieux défavorisés, les Noirs et les Hispaniques sont généralement sous-représentés dans l'éducation supérieure aux États-Unis et les rares élus se plaignent d'être isolés, voire victimes de comportements racistes.

« Merci à la Cour suprême pour ce soutien à l'égalité des chances et pour offrir la possibilité à chaque enfant américain d'avoir un avenir radieux », a réagi la NAACP, la plus importante organisation de défense des Noirs américains.

Dans une décision emblématique de 1978 réaffirmée en 2003, la Cour suprême des États-Unis avait validé une possibilité très encadrée d'utiliser l'origine ethnique parmi une foule d'autres facteurs pour entrer à l'université, tout en interdisant l'instauration de quotas raciaux automatiques.

La haute cour avait fixé une période d'application s'achevant au plus tard en 2028.

Plusieurs États américains, dont le Michigan et la Californie, interdisent le recours à la discrimination positive dans le recrutement des étudiants.

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