Obama retrouve le dalaï lama, toujours à l'abri des regards

Le dalaï lama jouit d'une réelle popularité des deux... (PHOTO AP)

Agrandir

Le dalaï lama jouit d'une réelle popularité des deux côtés de l'échiquier politique à Washington.

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Selon un rituel désormais bien rodé, le président américain Barack Obama a reçu mercredi le dalaï lama, mais les médias ont été tenus à l'écart de ce tête-à-tête qui a une nouvelle fois suscité l'ire de Pékin.

Lors de cette quatrième rencontre à la Maison-Blanche avec le chef spirituel des Tibétains, M. Obama a souligné son attachement à la préservation des traditions religieuses, culturelles et linguistiques du Tibet ainsi qu'à la «protection des droits de l'homme des Tibétains en Chine», selon l'exécutif américain.

Pékin fait systématiquement pression sur tous les gouvernements désireux de rencontrer le chef religieux. Officiellement en retrait de l'action politique, le prix Nobel de la paix, âgé de 80 ans, appelle à davantage d'autonomie pour le Tibet plutôt qu'à une indépendance formelle.

Lors de la rencontre, M. Obama s'est exprimé en faveur d'un «dialogue sérieux et direct» entre le dalaï lama (et ses représentants) et les autorités chinoises afin «d'apaiser les tensions», selon le compte-rendu de la Maison-Blanche.

Mais il aussi réitéré la position de Washington: «Le Tibet fait partie de la République Populaire de Chine et les États-Unis ne soutiennent pas l'indépendance tibétaine».

Autre singularité de ce face-à-face: il n'a pas lieu dans le prestigieux Bureau ovale, où M. Obama reçoit l'écrasante majorité de ses visiteurs, qu'ils soient chefs d'État ou non, mais dans la «Salle des cartes», située dans la partie résidentielle de la Maison-Blanche.

Interrogé sur ce point, le porte-parole de M. Obama Josh Earnest a simplement mis en avant le fait que le chef religieux n'était «pas un chef d'État», avant d'essayer, avec peine, de décrire la nature exacte de cette rencontre, qu'il a qualifiée non pas de «privée» mais de «personnelle».

Si les journalistes n'ont pas été autorisés à assister au début de la rencontre, la Maison Blanche comme le dalaï lama ont diffusé après coup sur les réseaux sociaux une photo des deux hommes, tout sourire.

Dès l'annonce de cette rencontre la Chine avait, comme à chaque fois, fait part de son mécontentement. 

«Activités séparatistes» 

«Nous avons pris note des informations sur cette rencontre privée», avait déclaré le porte-parole de la diplomatie chinoise, Lu Kang, selon qui Pékin a entrepris une «démarche solennelle» auprès des États-Unis et exprimé sa «ferme opposition» à la rencontre.

«Si une telle réunion se tient, elle enverra un mauvais signal aux forces séparatistes recherchant l'indépendance du Tibet» et «affectera la confiance mutuelle et la coopération» avec Washington, avait-il ajouté, reprenant une formulation traditionnelle.

«Le dalaï lama n'est pas une pure figure religieuse. C'est un exilé politique engagé depuis longtemps dans des activités séparatistes sous couvert de religion», avait-il encore ajouté.

De nombreux Tibétains dénoncent la répression de leur religion et de leur culture, estimant par ailleurs ne pas profiter du développement économique de leur région.

La cause tibétaine, un temps très en vogue dans le monde entier, s'essouffle depuis quelques années, alors que de nombreux pays hésitent à se brouiller avec la Chine, devenue une puissance économique incontournable.

Le dalaï lama jouit d'une réelle popularité des deux côtés de l'échiquier politique à Washington.

En mars 2014, il avait prononcé la traditionnelle prière qui ouvre une session du Sénat. Lors d'une rencontre avec les élus, il avait exhorté Washington à défendre avec confiance la démocratie. «Vous êtes la nation à la tête du monde libre», avait-il lancé.

Début 2015, le président américain et le dalaï lama avaient participé ensemble à un petit déjeuner de prière dans un grand hôtel de Washington.

Si les deux hommes ne s'étaient pas retrouvés en face-à-face, M. Obama avait rendu un hommage très appuyé au chef religieux, «un ami».

Il est «un exemple puissant de ce que la compassion signifie, il est une source d'inspiration qui nous encourage à parler en faveur de la liberté et de la dignité de tous les êtres humains», avait-il déclaré.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer