Ce que l'on sait du carnage d'Orlando

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Le Pulse, le club gai le plus connu d'Orlando, a été dans la nuit de samedi à dimanche le théâtre de la pire tuerie de l'histoire des États-Unis.

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Agence France-Presse
ORLANDO

Quarante-neuf personnes ont été tuées dimanche dans une boîte de nuit gai de Floride, la fusillade la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis et le pire attentat sur leur sol depuis le 11 Septembre 2001, perpétré par un Américain sympathisant de l'État islamique abattu par la police.

Quel est le profil du tueur?

La police fédérale (FBI) avait identifié l'assaillant dès dimanche: Omar Seddique Mateen, un Américain d'origine afghane, est né en 1986 à New York. La presse a diffusé plusieurs «selfies» de cet homme de 29 ans où il se met en scène, portant parfois des lunettes et à l'allure et à la coupe de cheveux à chaque fois différentes. Il a été tué par la police dans la discothèque, le Pulse, un établissement gai à la mode à Orlando.

Mateen habitait à quelque 200 kilomètres au sud-est d'Orlando, à Port Saint Lucie en Floride et travaillait pour une société privée de sécurité. Il a attaqué le Pulse dimanche vers 02h00 avec un fusil d'assaut et une arme de poing. Après avoir abattu plusieurs personnes, il s'est retranché dans les toilettes avec des otages et a appelé les services d'urgence pour revendiquer son «allégeance» au groupe EI.

D'après son ex-femme, Mateen était un homme violent qui la battait. Son père, Mir Seddique, un Afghan, a décrit son fils comme un homophobe révulsé par la vue de deux hommes qui s'embrassent.

Sans antécédents judiciaires, Omar Mateen disposait de deux permis de port d'arme et a pu acheter en toute légalité, quelques jours avant son crime, une arme de poing et un fusil mitrailleur de type AR-15.

Quels liens entre le tueur et l'EI?

Le FBI enquête pour «acte de terrorisme». Mateen a prêté «allégeance» au groupe EI dans un appel passé aux services d'urgence 911 durant son attentat. L'organisation djihadiste ultra-radicale a confirmé lundi sur sa radio la revendication du massacre d'Orlando, qui a fait aussi 53 blessés. Dès dimanche, l'agence de presse Amaq liée à l'EI avait affirmé qu'un «combattant de l'EI» avait perpétré le carnage.

Mais selon le directeur du FBI James Comey, Mateen qui s'est radicalisé «au moins en partie» sur internet semblait plutôt éclectique dans ses affinités extrémistes.

Il avait aussi fait part de sa sympathie pour le Hezbollah, une organisation terroriste chiite «qui est le plus grand ennemi» de l'EI. Il a aussi exprimé sa sympathie pour Moner Mohammad Abusalha, djihadiste américain membre du front Al-Nosra (branche syrienne d'Al Qaïda et elle aussi ennemie de l'EI).

Le président Obama a souligné lundi qu'il n'y avait pas à ce stade de «preuves claires» que l'attaque ait été «dirigée» par l'étranger.

Quand le FBI a-t-il enquêté sur Mateen?

Mateen a fait l'objet d'une première enquête du FBI pendant dix mois, de mai 2013 à mars 2014. Le FBI l'a entendu et a procédé à des écoutes et des vérifications diverses, Mateen ayant attiré l'attention de ses collègues sur son lieu de travail par des remarques laissant penser à un lien avec le terrorisme. Pendant la durée de cette enquête, le FBI avait placé Mateen dans un fichier de personnes à surveiller. Mais son nom avait été retiré quand cette enquête a été close.

Le FBI a de nouveau procédé à des vérifications sur Mateen, deux mois plus tard, pour vérifier ses liens avec le djihadiste américain Moner Mohammad Abusalha, mort en Syrie.

Lors de la première enquête le concernant, le FBI s'est renseigné auprès de l'Arabie saoudite sur deux pèlerinages (la Omra, petit pèlerinage à la Mecque) de Mateen dans le pays, en 2011 et 2012. «Nos partenaires saoudiens ont coopéré» et n'ont «rien trouvé d'anormal», a indiqué lundi le directeur du FBI.

Qui sont les victimes?

Les autorités ont commencé à rendre publics les noms des victimes dimanche, au fur et à mesure de leur identification et seulement après que les proches aient été prévenus. Parmi les tués - qui avaient entre 19 et 50 ans - on trouve de nombreux noms à consonance hispanique, une minorité très implantée en Floride.

Quel est le club gai visé?

Le club Pulse s'affiche comme l'une des boîtes de nuit emblématiques de la défense des personnes LGBT (lesbiennes, gais, bisexuelles, transgenres) aux États-Unis. L'établissement a été fondé en 2004 après un drame familial: la mort en 1991 du frère de la co-propriétaire, emporté par le sida. Le Pulse fait aujourd'hui partie d'un réseau communautaire dynamique en Floride cherchant à «réveiller les consciences» sur l'homosexualité aux États-Unis et dans le monde.

«Depuis ses origines, le Pulse a servi de lieu d'amour et d'acceptation pour la communauté LGBT», selon l'autre co-propriétaire qui a exprimé sa «profonde tristesse» face au massacre, le pire jamais perpétré dans le monde contre la communauté homosexuelle.



Référence aux attentats de Boston

- Les forces de l'ordre libèrent déjà à ce moment-là « des dizaines et des dizaines » de personnes du club.

- À 2 h 30, le tueur appelle depuis les toilettes le numéro d'urgence 911 à deux reprises avant d'être lui-même rappelé. « Il a appelé et raccroché. Il a appelé encore et parlé brièvement au régulateur puis a raccroché. Puis le régulateur l'a rappelé à nouveau et ils ont parlé brièvement », a précisé le chef du FBI James Comey.

« Durant ses appels, il a dit qu'il faisait cela pour le chef de l'EI, qu'il a nommé et auquel il a prêté allégeance, mais il a aussi exprimé sa solidarité avec les auteurs des attentats du marathon de Boston (en 2013, NDLR) et avec un homme de Floride qui est mort dans un attentat-suicide en Syrie pour le Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda, NDLR), un groupe en guerre avec l'État islamique », selon M. Comey.

- Les policiers négociateurs essaient alors « d'obtenir le plus d'informations possible », souligne M. Mina.

- Omar Mateen est alors «calme». Mais dans une discussion, il évoque des « vestes explosives et des explosifs partout » et tient des propos qui font craindre au chef de la police un nouveau massacre.

- À 5 h, le responsable policier prend alors la décision « difficile » de faire intervenir huit à neuf policiers d'élite du SWAT (Special Weapons and Tactics).

- Les troupes du SWAT procèdent alors à une « explosion contrôlée » pour ouvrir une brèche dans le mur des toilettes opposées à celle du tueur, où se trouvent 15 personnes qui avaient précédemment contacté la police.

- Mais l'explosion ne parvient pas à faire tomber le mur. La police utilise alors un véhicule blindé pour le défoncer sur près d'un mètre de large.

- Le tueur sort par ce trou dans le mur avec ses armes et tire contre les policiers d'élite, qui répliquent et le tuent.

- Une balle du tueur atteint la tête d'un policier. Mais il est sauvé grâce à son casque, qui en garde les stigmates.

Le carnage, revendiqué par le groupe État islamique, fait 49 morts plus le tireur, et 53 blessés.

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