Le président Barack Obama en visite historique à Hiroshima

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Le président américain Barack Obama et le premier ministre japonais Shinzo Abe, à Washington, le 28 avril 2015.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Barack Obama se rendra fin mai à Hiroshima, devenant le premier président des États-Unis en exercice à visiter cette ville japonaise détruite par une bombe atomique américaine en août 1945.

L'objectif de ce déplacement n'est pas de présenter des excuses pour une décision prise par Harry Truman il y a 71 ans, mais d'offrir «une vision tournée vers l'avenir», a souligné avec force mardi la Maison-Blanche, consciente du caractère sensible de cette visite hautement symbolique.

Les attaques sur Hiroshima (140 000 morts), puis sur Nagasaki (74 000) trois jours plus tard ont précipité la capitulation du Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

M. Obama, qui avait fait de la dénucléarisation l'une de ses priorités, se rendra le 27 mai sur le Parc du mémorial de la paix, lieu bouleversant qui rappelle la fournaise nucléaire qui a dévasté la ville lorsque le bombardier américain Enola Gay a largué une bombe atomique, le 6 août 1945 à  8 h 15.

«Les États-Unis sont le seul pays à avoir utilisé des armes nucléaires. Nous avons une responsabilité particulière pour être à la pointe des efforts visant à les éliminer», a souligné Josh Earnest, porte-parole du président américain.

Dès sa première année au pouvoir, M. Obama avait émis le souhait de visiter Hiroshima et Nagasaki. «C'est quelque chose qui serait important pour moi», avait-il déclaré lors d'un déplacement au Japon fin 2009. Sept ans plus tard, il se rendra sur les lieux après avoir participé au sommet des chefs d'État et de gouvernement des pays du G7, à Ise-Shima, petite ville du centre de l'archipel.

Interrogé sur une éventuelle rencontre avec des Hibakushas (survivants de la bombe), l'exécutif américain a affirmé que le programme exact de la visite n'était pas encore finalisé.

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a salué l'annonce de cette visite, soulignant qu'elle devait être l'occasion «pour le Japon comme les États-Unis de rendre hommage à toutes les victimes». «Pour un président américain, c'est une décision importante», a-t-il insisté.



Le secrétaire d'État américain (centre) John Kerry -... (PHOTO KAZUHIRO NOGI, AFP) - image 3.0

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Le secrétaire d'État américain (centre) John Kerry - tout comme ses homologues japonais et britannique Fumio Kishida et Philip Hammond - reçoit une couronne de fleurs des mains d'une écolière, qu'il déposera ensuite devant le Cénotaphe, à Hiroshima, le 11 avril.

PHOTO KAZUHIRO NOGI, AFP

«Débat légitime pour historiens»

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est réjoui de cette annonce. Pour ce dernier, «l'une des principales leçons de Hiroshima est la nécessité d'abolir les armes nucléaires une fois pour toutes», a souligné son porte-parole, Stephane Dujarric.

Consciente que l'évocation de ce chapitre de l'histoire américaine pouvait être politiquement délicate aux États-Unis, où certains élus ont dénoncé par avance une «tournée d'excuses» inacceptable, la Maison-Blanche a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait en aucun cas d'exprimer des regrets.

«Les États-Unis seront éternellement fiers de nos dirigeants et des hommes et femmes qui ont servi dans les forces armées durant la Seconde Guerre mondiale», a souligné Ben Rhodes, proche conseiller de M. Obama, dans un texte expliquant cette visite.

«Leur cause était juste et nous sommes extrêmement reconnaissants à leur égard», a-t-il insisté. «Cette visite sera l'occasion de saluer la mémoire de tous les innocents qui ont perdu la vie durant cette guerre».

Harry Truman a-t-il fait le bon choix en 1945 ? Avait-il pris la pleine mesure de l'impact de sa décision ? Y avait-il d'autres options militaires plus judicieuses pour mettre fin à la guerre ?

«C'est un débat absolument légitime pour les historiens», a répondu le porte-parole de la Maison-Blanche. «Mais ce n'est pas ce que le président Obama va faire lorsqu'il se rendra à Hiroshima».

Barack Obama aurait-il pris la même décision ? Difficile de se placer dans la même situation, a-t-il répondu, tout en estimant que M. Truman avait pris sa décision «pour les bonnes raisons».

Selon un sondage réalisé l'an dernier par le Pew Center, 56% des Américains estiment que l'utilisation de l'arme nucléaire était justifiée, un chiffre en forte baisse par rapport à celui enregistré au sortir de la guerre.

«Je n'oublierai jamais les images» exposées, qui «retournent l'estomac», avait confié le secrétaire d'État américain John Kerry le 11 avril, après la visite du musée de la ville martyre. «Tout le monde devrait voir et ressentir la puissance de ce mémorial», avait-il écrit sur le livre d'or.

Cette visite interviendra quelques mois avant le 75e anniversaire de l'attaque japonaise contre la base américaine de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, qui avait poussé les États-Unis à entrer en guerre.

Avant ce déplacement au Japon, le président américain se rendra au Vietnam. Il prononcera, depuis Hanoï, un discours sur les relations entre les deux pays et rencontrera par ailleurs des membres de la société civile et du monde des affaires.

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