La «menace» du «terrorisme nucléaire» persiste, prévient Obama

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Barack Obama, qui quittera le pouvoir en janvier, est le chef d'orchestre de ce sommet sur le nucléaire dont il avait lancé la première édition en 2010.

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Andrew BEATTY, Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président américain Barack Obama a mis en garde vendredi la communauté internationale contre la menace d'une attaque nucléaire par des djihadistes « fous » du groupe État islamique (EI) et a réclamé une meilleure coopération mondiale pour renforcer la sûreté atomique.

M. Obama, qui quittera le pouvoir en janvier, est le chef d'orchestre du quatrième sommet sur la « sûreté nucléaire » qu'il a créé en 2010 afin d'encourager les États à coopérer et empêcher des « terroristes » de s'emparer de matériaux nucléaires ou d'attaquer des infrastructures nucléaires.

Le président a réuni jeudi et vendredi à Washington une cinquantaine de dirigeants de la planète dans le contexte dramatique des attentats djihadistes à Bruxelles (32 morts et 340 blessés) revendiqués par l'EI et d'informations sur un hypothétique projet d'« attentat nucléaire ».

« Il n'y a pas de doute que si ces fous avaient l'occasion de mettre la main sur une bombe nucléaire ou sur des matériaux radioactifs, ils les utiliseraient pour tuer autant d'innocents que possible », a averti Barack Obama lors de la session plénière de son sommet.

« Nous avons sensiblement réduit le risque. Mais (...) la menace du terrorisme nucléaire persiste et continue d'évoluer », a-t-il insisté devant ses invités et la presse internationale.

Barack Obama s'est toutefois félicité qu'« heureusement, grâce à nos efforts coordonnés, aucun groupe terroriste n'ait réussi jusqu'à présent à acquérir une arme nucléaire ou une bombe sale faite de matériaux radioactifs ».

Mais, a souligné le président des États-Unis, le groupe islamiste « Al-Qaïda a longtemps cherché (à s'emparer) de matériaux nucléaires » et « des individus impliqués dans les attentats de Paris et de Bruxelles avaient filmé par vidéo un responsable officiel d'une infrastructure nucléaire ».

Renforcer la coopération

Il faisait référence à des informations de la presse belge et internationale la semaine dernière après les attentats de Bruxelles du 22 mars : la cellule islamiste avait prévu de fabriquer une « bombe sale » radioactive, à la suite d'une surveillance par vidéo d'un « expert nucléaire » belge mise sur pied par deux des kamikazes, les frères Bakraoui.

En fin de journée, les dirigeants mondiaux se sont réunis autour de M. Obama pour une réunion distincte sur la lutte contre les djihadistes de l'EI en Syrie et en Irak.

« Alors que l'EI est sous pression en Syrie et en Irak, on peut s'attendre à ce qu'il se déchaîne ailleurs », comme l'ont montré les derniers attentats en Turquie et en Belgique, a déploré le président américain.

Pour déjouer d'autres attaques, M. Obama a réclamé un renforcement de la coopération internationale en matière de renseignement car « nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de ne pas partager des informations cruciales quand c'est nécessaire ».

Son homologue français François Hollande a aussi appelé à « prévenir tout risque quant à l'utilisation qui pourrait être faite de matériels liés au nucléaire ».

« Il ne s'agit pas de surestimer la menace mais le plus grave serait de la sous-estimer », a jugé M. Hollande.

Sommet absurde

Barack Obama a aussi réuni les grandes puissances du groupe 5+1 et l'Union européenne qui ont négocié pendant des années l'accord sur le nucléaire iranien en vigueur depuis janvier. Il s'est félicité qu'une « communauté internationale unie » ait pu « progresser » vers une « sécurité commune ».

« L'Iran a déjà commencé à tirer les bénéfices de cet accord » historique, a affirmé le président américain, en allusion à la levée de sanctions contre Téhéran. Washington continue toutefois de punir économiquement la République islamique chiite pour son « soutien à des organisations terroristes » et son programme de missiles balistiques.

Si la menace nucléaire iranienne s'est éloignée, celle d'une bombe nord-coréenne est de plus en plus pressante.

« Avec l'Iran on a trouvé un chemin pour progresser pas à pas. Avec la Corée du Nord on est dans une phase différente, moins mature », a expliqué le président de la Confédération suisse, Johann Schneider-Ammann.

Jeudi, le président des États-Unis avait discuté avec deux de ses alliés, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, et promis de « se défendre » contre la menace atomique de Pyongyang, en appliquant les nouvelles sanctions de l'ONU prises le 2 mars. M. Obama avait aussi trouvé un terrain d'entente sur le sujet avec le président chinois Xi Jinping, dont le pays est l'allié du régime communiste nord-coréen.

Pékin a voté les sanctions onusiennes mais les États-Unis veulent que la Chine fasse monter la pression.

Les médias nord-coréens ont qualifié le sommet de Washington d'effort « absurde » pour empêcher Pyongyang d'avoir « un accès légitime aux armes nucléaires ». Et, en signe de défi, le régime a tiré vendredi un nouveau missile de courte portée.

Le sommet devait s'achever par une conférence de presse de M. Obama, qui avait exposé au début de son mandat en avril 2009 dans un discours historique à Prague, sa vision d'un « monde sans armes nucléaires ».

Réduire l'arsenal nucléaire américain

Barack Obama aimerait poursuivre la réduction de l'arsenal nucléaire des États-Unis, a-t-il indiqué vendredi.

«Depuis le traité START II que nous avons conclu avec la Russie, nous avons diminué de manière importante le nombre d'armes actives», a relevé M. Obama. «Ma préférence serait de réduire encore notre arsenal nucléaire», a-t-il confié, soulignant qu'il fallait néanmoins «s'assurer que notre dissuasion continue de fonctionner».

«Tandis que nous réduisions le nombre d'armes en notre possession, j'ai voulu être sûr que nous conservions certaines responsabilités», a poursuivi M. Obama. «Qu'il n'y ait pas de risque de cyber-intrusion. Que la confiance soit suffisante dans le système pour ne pas créer une activité déstabilisante».

Après la conclusion de START II, «j'ai approché les Russes (...) pour examiner la prochaine phase de réduction des armes». Mais à cause du retour de Vladimir Poutine - «qui cherche à renforcer l'armée en Russie et la diversification de l'économie» - à la présidence de la Russie, «nous n'avons pas constaté le progrès que j'aurais espéré».

«La bonne nouvelle est que les possibilités de progrès perdurent», a relevé M. Obama. «Mon espoir est que nous ayons construit les mécanismes et les systèmes de vérification qui nous permettront de continuer à les réduire à l'avenir».

Sommet «absurde»

Jeudi, le président Obama avait réuni ses alliés, la présidente sud-coréenne Park Geun-hye et le premier ministre japonais Shinzo Abe, et promis de «se défendre» contre la menace atomique de Pyongyang, en mettant en oeuvre les nouvelles sanctions de l'ONU.

M. Obama a aussi trouvé un terrain d'entente sur ce dossier brûlant avec le président chinois Xi Jinping, dont le pays est l'allié du régime communiste. Pékin a voté les sanctions de l'ONU le 2 mars, mais les États-Unis veulent que la Chine fasse monter la pression.

Les médias d'État nord-coréens ont qualifié le sommet de Washington d'effort «absurde» pour empêcher Pyongyang d'avoir «un accès légitime aux armes nucléaires». Et, en signe de défi, la Corée du Nord a tiré vendredi un nouveau missile de courte portée.

Le sommet s'achèvera par une conférence de presse du président Obama, qui avait exposé en 2009 dans un discours historique à Prague sa vision d'un «monde sans armes nucléaires».

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